ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Sommaire >>> Histoire de l'Antiquité  >>> Pouvoir impérial et autonomie municipale

 
 

Les conventus étaient des circonscriptions à caractère judiciaireconventus iuridicus »). Ces circonscriptions devaient permettre au gouverneur de faire une tournée dans sa province en ne s’arrêtant que dans les villes les plus importantes dans lesquelles se présentaient tous ceux qui devaient être jugés par lui. Le conventus était donc l’endroit où l’on se retrouvait pour exercer la justice. On possède deux sources pour nous renseigner sur les conventus:

Les sources littéraires

Pline l’Ancien (écrit à l’époque des Flaviens, 69-96) décrit la province d’Asie dans son Histoire Naturelle au livre 5. Il fait souvent mention des conventus et il en décrit certains assez précisément. Il faut noter que chaque conventus avait un chef-lieu. Lorsque Pline traite des cités les plus connues, il ne parle pas de conventus, alors que quand il décrit des régions plus reculées et moins connues, il en fait mention. Ceci s’explique par le fait qu’il a utilisé une liste administrative de l’époque d’Auguste quand il ne connaissait pas la région, alors que lorsqu’il la connaissait, il puisait dans ses propres sources et ses connaissances. Le conventus était donc certainement en déclin à l’époque de Pline l’Ancien. On remarque que ses sources étaient bonnes car il ajoute parfois des indications quant au statut des cités confirmées ensuite par l’archéologie ou la numismatique.

Les sources épigraphiques

On a retrouvé des inscriptions qui fixent le nom de ces conventus. La province d’Asie compte en tout 13 circonscriptions. Conventus était évidemment l’appellation romaine, mais en grec on le nommait Dioikésis (diocèse). Une inscription nous montre que l’on a effectivement à faire à des diocèses et nous en donne une liste avec leur chef-lieu. Le nombre de villes dans un conventus pouvait varier, par exemple le conventus d’Halicarnasse ne contenait que 5 villes, alors que dans d’autres régions peu urbanisées un conventus pouvait contenir 20 ou 30 villes.

La répartition des conventus dans la province d’Asie

Comment les conventus étaient répartis au sein de la province d’Asie ? Grâce à deux inscriptions trouvées à Muet et à Ephèse, nous avons pu établir la liste de toutes les communautés politiques qui composait les conventus de l’Asie mineure. Une autre inscription trouvée à Flaviopolis (ville fondée par Flavien) nous fait connaître 5 conventus plus ou moins complets. Grâce à cette liste et à d’autres témoignages, on sait qu’il y avait 13 conventus dans la province d’Asie:

1.   Milet

2.   Ephèse

3.   Alabanda (en Carie)

4.   Halicarnasse (situé à l’ouest de la Carie)

5.   Smyrne (nord d’Ephèse)

6.   Pergame (ancienne capitale du royaume de Pergame)

7.   Sardes

8.   Adramyttion

9.   Apamée

10. Kibyra

11. Synnada

12. Philomélion

13. Cyzique

Lors de la conquête, les Romains n’ont pas tenu compte des anciennes frontières helléniques pour faire le découpage par conventus. Strabon note au livre 14 de sa géographie universelle que les limites des anciennes provinces n’ont pas été respectées. Les Romains se sont uniquement attachés à des raisons pratiques pour répartir les conventus au sein de la province (ils ont tenu compte des routes, des passages importants, des possibilités de circulation etc.). Ces 13 conventus se partageait l’Asie de manière assez inégale, le nombre de cités pouvait varier d’un conventus à l’autre.

Exemples:

1.   D’après une inscription, le conventus d’Halicarnasse contenait, la ville de Mindos, celle de Barilia et l’île de Cos (se situe en face d’Halicarnasse). Ce conventus avait peu de villes, mais ces villes étaient importantes. Par contre en Phrygie, région peu urbanisée, il pouvait y avoir jusqu’à 30 cités dans un même conventus. Grâce à cette même inscription on a découvert d’une part l’existence d’un certain nombre de villes qui étaient inconnues jusqu’ici et d’autre part la complexité de l’administration et le fait qu’aucune commune, même les plus petites n’étaient oubliées.

 

Avec ces différentes sources, on est sûr de la liste de 13 villes pour le premier siècle de notre ère.

Le rôle des conventus

L ‘aspect judiciaire

Les conventus permettaient au gouverneur de province de rendre la justice seulement dans les villes les plus importantes d’une région. Pour ces jugements, des délégués venus de partout se réunissaient dans la capitale du conventus. Ce système est bien connu pour la province d’Asie, mais il en existe des traces ailleurs, on peut donc imaginer qu’il était en place dans l’intégralité de l’empire (par exemple, on n’a pas de traces sûres en Achaïe, mais on en a par contre en Occident, en Espagne). En fait, les inscriptions sont mal réparties et on est toujours dépendant des trouvailles archéologiques, donc du hasard. Le nombre important d’inscriptions trouvées en Asie peut s’expliquer par le fait que la province a eu des villes très importantes qui connurent de fastueuses périodes. Il a fallu des conditions particulières pour que ces documents arrivent jusqu’à nous. On peut imaginer que dans les petites provinces comme celle de l’Epire qui avait elle-même la taille d’un conventus, de telles circonscriptions n’existaient pas.

L ‘aspect religieux

"L’inscription de Milet" nous montre que l’activité du conventus n’était pas exclusivement judiciaire. Le conventus avait aussi un rôle religieux: c’est en son sein que s’organisait le culte impérial.

L ‘aspect monétaire

Les cités qui bénéficiaient d’une certaine autonomie avaient une monnaie de bronze qui leur était propre, elles ne se servaient donc pas de la monnaie impériale. Dès lors, la question est de savoir s’il y avait un atelier de frappe dans chaque cité ou si un regroupement quelconque était effectué ? On a toutes les raisons de penser que le monnayage s’effectuait dans le cadre du conventus (Louis Robert a fait une étude sur les monnaies). Le revers des monnaies des cités étaient toujours propre à la cité, (chaque ville avait son effigie). Le droit des monnaies était toujours à l’effigie impériale, signe de rattachement à l’empire. On a pu constater assez souvent que des communautés de coins (pièces qui ont toutes été frappées avec le même coin et qui sortaient par conséquent du même atelier) correspondaient aux conventus, d’où l’idée qu’il y avait un atelier de frappe par conventus.

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