ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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La paix du Nord (1660)
 
 

L’oeuvre de Mazarin n’aurait pas été complète s’il n’avait porté son regard que sur le Rhin, les Pays-Bas et les Pyrénées. L’intervention du Danemark et de la Suède dans la guerre de Trente ans, le lien qui s’était établi entre la crise allemande et la lutte pour la domination de la Baltique ne permettaient pas de considérer que les Traités de Westphalie et celui des Pyrénées eussent suffi à rétablir la paix européenne.

La guerre s’était rallumée au Nord et à l’Est de l’Europe. Un premier conflit avait opposé, de 1652-1654, l’Angleterre républicaine de Cromwell à la république des Provinces-Unies après la promulgation, en 1651, de l’Acte de navigation par le Lord Protecteur. Durant le conflit anglo-hollandais, la Suède, pour des raisons économiques, s’était trouvée entraînée du côté de Cromwell tandis que les Provinces-Unies se rapprochaient du Danemark afin d’empêcher que la Suède ne se rendît maîtresse de tout le commerce de la Baltique. Comme l’impérialisme suédois s’était tourné ensuite contre la Pologne, il en était résulté une guerre contre la Pologne et contre le Danemark, et une coalition s’était formée contre la Suède où étaient entrés le Danemark, le Brandenbourg, la Pologne et même la Russie, tandis que la flotte anglaise venait aider les Suédois. Après de nombreuses péripéties, il apparut que l’empereur cherchait dans le Nord une revanche à ses échecs, à la constitution de la Ligue du Rhin que Mazarin avait formée contre lui. 

La France ne pouvait pas se laisser faire. Mazarin offrit donc sa médiation, et avec lui s’entremirent les Provinces-Unies qui ne voulaient pas servir jusqu’au bout les ambitions danoises ni risquer un nouveau conflit avec l’Angleterre. Le roi de Suède, Charles X, fit la paix avec le Danemark à qui il restitua une partie de ses conquêtes, mais en garda la majeure partie. Mazarin ménagea la Paix d’Oliva entre le Brandebourg, la Pologne et la Suède (1660).

La Suède, là encore, conserva l’essentiel tandis que le Grand Electeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, obtenait de la Pologne et de la Suède la reconnaissance du titre de duc souverain de Prusse. Mazarin signifia à l’Empereur et au Grand Electeur que si leurs troupes envahissaient la Poméranie suédoise, les troupes françaises entreraient aussitôt en Allemagne. Ainsi, l’oeuvre des Traités de Westphalie restait intangible et la France apparaissait pour le moment comme la     gardienne de la paix européenne. Lorsque Mazarin mourut l’année suivante (mars 1661), il avait, de son roi, fait le Grand Roi.

 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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