SOMMAIRE - Histoire Contemporaine (depuis 1914...)

La périodisation de coutume en France fait commencer l'Histoire contemporaine avec la Révolution française du fait de ses conséquences internationales. Mais nous ne nous situerons pas dans cette tradition. Il est d'usage de dire que la période contemporaine est la dernière grande période de l'Histoire, nous la ferons débuter avec la Première Guerre mondiale et s'étendre jusqu'à nos jours.

 

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Le pacte germano-soviétique
 
 

Les raisons d’être du pacte de non-agression conclu le 23 août 1939 entre l’Allemagne et l’U.R.S.S. prêtent à discussion. Les archives allemandes saisies après la guerre permettent de reconstituer les faits et de comprendre les visées de Hitler. Celles de Staline sont d’autant plus difficiles à définir qu’il mène parallèlement une négociation avec la France et l’Angleterre en vue d’une alliance dirigée contre l’Allemagne.

Le 10 mars 1939, Staline prononce, au congrès du Parti communiste de l’U.R.S.S., un discours relativement modéré à l’égard de l’Allemagne. Mais il proteste le 19 mars, au moment de l’occupation de Prague, et le 5 avril commencent, à l’initiative de Paris, des conversations ayant pour but un accord politique militaire, les Anglais restant plus réservés. Le 17 avril, l’ambassadeur soviétique à Berlin, Merekalov, déclare à ses interlocuteurs allemands qu’il n’y a pas de raison pour que les rapports germano-soviétiques ne deviennent pas meilleurs. Le 3 mai, Litvinov, qui était partisan d’un accord avec les Occidentaux contre Hitler, est remplacé par Molotov et l’on change 90% du personnel du commissariat aux Affaires étrangères.

Le 20 mai, Molotov déclare à Schulenburg, ambassadeur du Reich à Moscou, que les négociations économiques en cours ne pourront réussir que sur des «bases politiques». Les Allemands, très méfiants au début, décident le 29 mai de conclure un pacte de non-agression avec l’U.R.S.S. Le rapprochement germano-soviétique fait un nouveau pas en avant le 26 juillet. La décision du 24 juillet d’engager des pourparlers militaires entre la France, la Grande-Bretagne et l’U.R.S.S. amène probablement les Allemands à hâter les négociations. Le 12 août, les Soviétiques proposent la venue à Moscou d’une haute personnalité allemande. C’est Ribbentrop qui s’y rendra; Hitler presse les Soviétiques de le recevoir le plus vite possible (l’attaque de la Pologne avait été fixée au 1er septembre).

Dès le 23 août, le pacte de non-agression est signé. Il est accompagné d’un protocole secret très important qui établit les zones d’influence respectives: la Finlande, l’Estonie et la Lettonie dans la sphère russe; la Lituanie dans la sphère allemande; la Pologne serait partagée suivant la ligne Narew-Vistule-San; la question du maintien d’un État polonais indépendant serait décidée ultérieurement par la voie d’une «entente amicale».

Ce pacte, qui stupéfia l’opinion et posa de graves problèmes aux partis communistes européens, en particulier au parti français, est toujours l’objet de discussions. Staline, inquiet depuis les accords de Munich conclus en dehors de lui, cherchait-il surtout à prévenir une éventuelle collusion entre le Reich et les Occidentaux? Mena-t-il les deux négociations parallèlement de façon à en tirer les plus grands avantages possibles, en particulier la délimitation d’une sphère d’influence que les Occidentaux ne pouvaient évidemment pas lui reconnaître sous cette forme, malgré des concessions dans ce sens durant les derniers jours de la négociation? Les deux orientations ne s’excluent pas et ont pu se succéder, l’éviction de Litvinov marquant probablement le point tournant.

 
 
 

Source:

Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 
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