SOMMAIRE - Divers

La rubrique Divers regroupe divers travaux et dossiers relatifs à des sujets variés ou spécifiques. Ainsi, par exemple, un important dossier consacré à l'Histoire de la Suisse, un index de personnalités historiques, des chronologies, des dossiers d'histoire économique, d'introduction aux études historiques ou de didactique de la discipline.

 

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 Ovide (Publius Ovidius Naso) (-43 à 17 ap.J.-C)

 
 

Ovide naquit dans une famille de rang équestre à Sulmone une petite ville située dans les Abruzzes. Il étudia à Rome ( avec des maîtres illustres comme Porcius Latro et Arellius Fuscus) et fit le classique voyage en Grèce. De retour à Rome il s’y établit et s’y maria trois fois. Il vécut durant la période qui s’étend du I siècle avant J.-C au I siècle après J.-C, c’est ce que l’on appela le siècle d’Auguste. On peut partager son existence, que l’on connaît d’ailleurs fort bien grâce au recueil autobiographique des Tristes, en trois périodes :

-          La vie en province.

-          La vie à Rome.

-          L’exil.

Ovide est le plus jeune des poètes augustéen, au moment de la bataille d’Actium il n’a que 12 ans. Il ne connut donc pas les troubles de la guerre civile qui marquèrent profondément Virgile ou Horace.

Très tôt il fut attiré par la poésie, il disait d’ailleurs que tout ce qu’il essayait d’écrire prenait la forme de vers…Il renoncera d’ailleurs très vite au cursus honorum qui ne lui convenait pas du tout. Il sera toutefois un avocat réputé (il exerça ce métier pour satisfaire les attentes de son père). Il se consacra pourtant à une carrière de poète érotique et mondain. Il fréquenta le cercle de Messala et connut de près ou de loin tous les grands poètes de ce temps. Admirateur de Lucrèce et de Virgile, il suivit cependant d’abord la trace de Cornelius Gallus.  Il finit sa vie tristement au bord de la Mer Noire à Tomes (ou Tomi) où l’avait relégué l’empereur Auguste pour une raison obscure. Ses œuvres sont complexes et axées sur une subtile psychologie. Il y a d’abord les Amores, les Héroïdes, le De medicamine faciei femineae (Les Fards), l’Ars amatoria et les Remedia amoris. Voyons tout cela plus en détails :

Les Héroïdes

Il en commença la rédaction très tôt (vers 18-19 ans). Ce sont des lettres en vers de femmes dont les maris ou les amants étaient absents. En tout c’est une quinzaine de Lettres qui auront une longue postérité. Les thèmes sont empruntés à divers cycles mythologiques et rappellent les grandes œuvres de la littérature antique. Ainsi Médée, Phèdre, Laodamie, Briséis, Déjanire, Didon, Ariane, Hermione, Hypermestre, écrivent à leur « douce moitié ». Autant d’héroïnes empruntées aux cycles troyen, hellénique, latin et tragique grec. Ovide s’adressait à un public fort cultivé qui se réjouissait de suivre l’auteur au travers du dédale mythologique… Signalons ici la tragédie de Médée écrite par Ovide et que nous avons malheureusement perdu (voir aussi la Médée de Sénèque). On a souvent souligné le caractère très « contemporain » des sentiments exprimés dans les Héroïdes en comparaison de l’ « antiquité » des personnages et des situations. C’est peut-être d’ailleurs ce qui explique le succès de cette œuvre. Ovide nous fournit aussi un certain nombre de réponses des bien-aimés. L’influence de la tragédie y est encore plus sensible mais elles sont moins émouvantes (certains ont d’ailleurs mis en doute leur authenticité).

Les Amores

Ovide décrit des thèmes comme l’attente devant une porte fermée, la maladie de la femme aimée, l’amitié, la jalousie, la joie du premier triomphe…bref, tout le recueil est inspiré par l’amour. Les Amores furent d’abord édités en 5 livres puis en 3 livres seulement (c’est la deuxième édition que nous possédons). Ovide avait remanié l’œuvre pour y supprimer un certain nombre de pièces qu’il ne jugeait pas satisfaisantes. Corinne est le nom qui domine l’œuvre, on ne sait si elle exista vraiment, mais elle semble plutôt être le résulta d’une sorte de « mélanges » des femmes que connaissait, désirait ou aimait Ovide. Donc les Amores ne sont pas le reflet d’un amour vécu, c’est un recueil à la gloire de l’amour et de la femme aimée. L’amour est une sorte de combat, de militia. On peut en inférer qu’il vaut mieux faire l’amour que la guerre, voilà une nouvelle que n’allait pas ravir les puissants (Ovide allait bientôt s’en rendre compte). Ovide nous dit que c’est Cupidon qui est venu l’inciter à travailler sur une telle œuvre.

L’Ars amatoria  (prendre ars dans le sens de manuel, traité)

Entreprise d’Ovide pour enseigner le jeu qu’est l’amour. Il fait le dénombrement des techniques de séductions. Il faut se montrer aimable et généreux, louer les défauts de la femme aimée, ne pas paniquer quand apparaît un rival, cacher ses infidélités… On reprocha bientôt à Ovide de n’avoir pensé qu’aux hommes et de n’avoir pas conseillé les femmes. Pour répondre à ce reproche, Ovide publia le De medicamine faciei femineae.

De medicamine faciei femineae

Ovide enseigne aux femmes comment prendre soin d’elle-même, donne les recettes de produits de beautés. Il compare aussi la coquetterie de son temps avec celle de jadis. Bientôt on reprocha à Ovide de n’écrire que sur des sujets licencieux, on disait alors qu’aucun de ses livres ne pouvait être mis entre les mains d’une femme honnête. Ce fut la raison, à en croire le poète lui-même, qui le poussa à écrire les Remèdes à l’amour.

Remedia amoris

Ovide prend le contre-pied de ses ouvrages précédents et explique aux jeunes hommes comme aux jeunes femmes comment éviter les méfaits de l’amour, comment éradiquer la passion…à part la magie tous les moyens sont bons dit-il. Mais la veine érotique s’essouffle, Ovide allait trouver un nouveau genre.

Les Métamorphoses

Elles sont inspirées de l’œuvre de Boios (III siècle av.J.-C.) qui s’inspirait lui-même de Sophocle, d’Euripide et d’Homère (Simpson…pardon je me reprends tout de suite…) mais les sources d’Ovide proviennent d’abord d’un Grec, Parthénios de Nicée, ensuite de son ami Aemilius Macer (l’un et l’autre empruntant abondamment à Nicandre de Colophon). Mais ce ne fut que des sources, pas des modèles. Les Métamorphoses sont une sorte de musée imaginaire de la mythologie, plus de 250 légendes y figurent. En tout ce sont plus de 15 livres (de plus de 1200 vers chacun). Ovide a rassemblé les légendes et les faits s’étendent du chaos originel au règne d’Auguste. Ces légendes concernent la plupart du temps des métamorphoses d’hommes en animaux, végétaux, minéraux, astres… Ainsi l’on trouve des personnages comme Deucalion, Pyrrha, Narcisse, Persée, Jason et Médée, Circé, Dédale et Icare, Enée, Romulus, Numa, César Ovide nous décrit toujours les transformations de manière lente et précise, il ne fait pas que constater la métamorphose, il nous la fait vivre. Les Métamorphoses obéissent à un ordre chronologique et géographique. Le livre I mérite d’être mentionné car il est étrangement proche de la Genèse biblique (Création-crime-Déluge-Deucalion et Pyrrha seul couple humain survivant-humanité nouvelle). Lorsque Ovide dut quitter précipitamment Rome en l’an 8, les Métamorphoses étaient terminées, mais ce n’était pas le cas des Fastes

Les Fastes

Ce devait être un commentaire poétique du calendrier religieux romain, elles ne furent pas achevées. En effet, une dizaine d’années après la publication de l’Art d’aimer, Auguste semble découvrir que ce poème est profondément immoral et décide d’exiler le poète. Ce prétexte semble cacher un motif sur lequel les débats sont vifs, il semble que ce soit politique ou religieux (Ovide dira qu’il a vu quelque chose qu’il ne devait pas voir, mais il ne dit jamais ce que c’était, peut-être dans l’espoir de pouvoir rentrer un jour ?). En exil, la poésie d’Ovide s’intériorise. Il écrit les Tristia et les Epistulae ex Ponto qui s’adressent à Auguste, à la femme du poète, à ses amis et dans lesquelles il laisse libre cours à ses plaintes d’exilé. On a aussi un Contre ibis dans lequel Ovide déverse sa haine sur un ancien ami qui avait essayé de s’emparer de sa fortune après son exil. Au Moyen Age, Ovide fut particulièrement mis en avant, on imite son style et on emprunte largement à sa mythologie. Ainsi Dante, Marie de France, Chaucer, Boccace, Chrétien de Troyes et les auteurs du Roman de la rose lui empruntèrent bien des thèmes.

     

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