L'OR NAZI

Découvrir plus en détails quelle fut l'exploitation des opérations sur l'or dont profitèrent les nazis. Comment les troupes allemandes s'emparèrent des réserves d'or de certaines nations, quel fut le transit qu'emprunta l'or ainsi dérobés, quel fut son "destin". Précisons d'emblée que l'ouvrage de Werner Rings L'or des nazis. La Suisse, un relais discret. utilisé pour la première partie de ce dossier est l'oeuvre d'un journaliste parfois plus préoccupé de succès de librairie que d'exactitude historique. Il n'en reste pas moins que l'ouvrage éclaire sur de nombreux points, nous reviendrons sur les passages que Rings a traité un peu rapidement ou en ne faisant pas appel à l'ensemble des documents à disposition (ou parfois en les interprétant faussement).

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Divers >>> Histoire Suisse >>> L'or nazi

 Les coffres suisses

 
 

Il faut se souvenir des changements intervenus depuis la fin de la guerre. Celui qui entre aujourd’hui dans le bâtiment principal de la Banque nationale suisse et pénètre dans ces locaux loin d’être accessibles à tout un chacun ne s’étonne pas des mesures de sécurité devenues usuelles depuis longtemps: surveillance vidéo, protection électronique des accès et de certains passages. Pour ouvrir une porte, il ne suffit pas d’avoir la clé de sécurité correspondante: un appareil électronique contrôle la carte d’identité, munie d’une photographie de l’employé compétent, ainsi qu’un code secret formé de chiffres et de lettres qu’il doit «composer» avant que la clé ne puisse ouvrir la serrure. Des portes à tourniquet massives, commandées électroniquement, ne laissent au visiteur que la place nécessaire pour avancer à grand-peine. Des caméras vidéo le surveillent. Sortir d’ici doit être encore plus difficile pour un visiteur indésirable que d’y entrer.

Voilà qui n’existait pas à l’époque. Le transistor n’était pas connu, les miracles de la microélectronique restaient un rêve utopique. On affrontait d’éventuels dangers par les moyens traditionnels d’une solide surveillance physique. Au début de l’offensive allemande, le 10 mai 1940, quand le commandement militaire suisse du envisager que la Suisse pourrait être impliquée dans les combats, l’armée prit en charge la surveillance des bâtiments de la Banque nationale, et cela jusqu’à la fin de la guerre.

La Banque nationale avait réparti ses propres réserves d’or, dans la mesure où elles étaient encore en Suisse, dans des chambres fortes situées à Berne, Lucerne et Zurich ainsi que dans un lieu situé au coeur du réduit alpin. Les dépôts d’or des quatorze banques centrales étrangères par contre restèrent concentrés à Berne. La chambre forte spéciale, aux 94 armoires semblables à des cages, leur était réservée.

Les quatorze dépôts étaient différents quant au mouvement de l’or qui s’y trouvait. Certains étaient morts, d’autres paralysés, d’autres indolents, mais il y en avait aussi d’actifs, voire de fébriles. Deux des dépôts portent la mention «bloqué» sur les documents qui les concernent. Ce sont ceux des banques centrales des Pays-Bas et de Croatie. Ils étaient «morts», ne se modifiaient pas.

Deux dépôts «paralysés», le grec et le yougoslave, ne contenaient que des quantités d’or relativement insignifiantes. Ils connurent peu de mouvement.

Des quatre dépôts «indolents» établis par les banques centrales de Slovaquie, d’Espagne et de Hongrie, il fut fait peu d’usage, en comparaison d’autre dépôts plus actifs. Le dépôt du régime de Vichy connut davantage de mouvement.

Au premier plan, il y avait incontestablement cinq dépôts «actifs». Quatre d’entre eux appartenaient aux banques centrales du Portugal, de la Roumanie, de la Suède et à la Banque des Règlements Internationaux, le cinquième, d’une activité «fébrile», était propriété de la Reichsbank allemande.

Cette classification donne déjà quelques indications, mais pour se faire une idée précise de ce qui se passait dans la chambre forte réservée aux dépôts étrangers, il est nécessaire d’apporter un complément indispensable. Ce n’est pas la seule quantité d’or stockée dans chaque dépôt qui est déterminante pour son importance, mais surtout le volume du mouvement de l’or, en d’autres termes: combien d’or entre, est transféré dans d’autres dépôts ou sort à nouveau de la chambre forte.

C’est par exemple le dépôt portugais qui contenait de loin le plus d’or entre 1941 et le milieu de 1943. Ensuite, et jusqu’à la fin de la guerre, la Suède prit et conserva la première place dans ce domaine. Le dépôt allemand, à cet égard, figure généralement en troisième ou en quatrième position.

Néanmoins, et sans aucun doute, le dépôt allemand fut durant toute la guerre de loin le plus important. L’or qui arrivait ici ne restait jamais longtemps en place. La plus grande partie était rapidement retirée pour être transférée dans un autre dépôt ou cédée directement à une autre banque centrale. Le trafic d’or qui passait par le dépôt de la Reichsbank allemande était énorme.

Plus énorme encore était évidemment la somme de toutes les transactions entreprises dans cette pièce. Elle offre dans l’ensemble la même image: jamais la quantité totale d'or stockée simultanément dans les 94 armoires ne dépassa le sommet atteint fin juin 1943: de l’or pour 730,5 millions de francs suisses.

Mais les mouvements de l’or avaient de toutes autres proportions encore. Ils semblent s’être montés pour l’ensemble de la guerre à plus de 3,5 milliards de francs suisses — plus de 20 milliards au prix moyen de l’or en 1984.

     

Page précédente

Page suivante

 
 
 

 Source

W.Rings, L'or des nazis. La Suisse, un relais discretPayot Lausanne (1985)

 

Liens internet

     
 
Votre site ici !!!   Ecrivez-nous pour ajouter votre site à nos pages...
 
 
Copyright © Yannick RUB