La
Première Guerre mondiale exacerbe les tensions politiques. Aussi
bien les dirigeants de la gauche, conseillers nationaux
socialistes, syndicalistes et journalistes se réunissent-ils à
l'initiative de Robert Grimm, le 4 février
1918, à Olten. Un
comité de sept membres est désigné. Il ne s'agit pas, comme ses
adversaires le disent, d'un contre-Conseil fédéral, mais ce
Comité d'Olten apparaît rapidement comme un véritable
contre-pouvoir; il propose d'ailleurs en mars suivant une série
de mesures sociales propres à attirer la classe ouvrière.
Le
système des pleins pouvoirs: antidémocratique ?
Il
faut dire que les années de guerre ont développé un système de
pleins pouvoirs attribué au Conseil fédéral pour diriger la
Suisse pendant la période difficile qu'elle traverse. Seulement,
ces pleins pouvoirs ne s'assortissent pas d'un contrôle
parlementaire. Il en ira d'ailleurs en partie de même lors de la
Seconde Guerre mondiale, mais l'expérience de la Première aura
suffi. De toute façon, la tendance est à l'antiparlementarisme.
Entre 1918 et 1939, sur 293 lois et arrêtés législatifs, 148
seront soustraits au référendum populaire grâce à la clause
d'urgence. On constate donc qu'entre 1914 et 1945, la Suisse est
une démocratie quelque peu autoritaire.
Conseil
fédéral contre Comité d'Olten
En avril
1918, face à la hausse de certains prix, le Comité d'Olten décide
de se dresser contre le Conseil fédéral et annonce une grève générale
si les augmentations prévues ne sont pas annulées. Le Conseil fédéral
cède en partie. Il s'agit d'une première victoire pour le Comité
d'Olten. Quelques mois plus tard, tout en luttant contre le projet
de service civil du Conseil fédéral, le Comité d'Olten s'inquiète
d'un arrêté fédéral qui autorise les polices cantonales à
surveiller tout rassemblement public, ce qui lui paraît contraire
à la liberté de manifester. A nouveau, le Conseil fédéral se
montre accommodant; personne n'imagine alors ce que sera l'automne
1918.