– Conjuration.
Les accusés ont élaboré et poursuivi en commun un plan tendant à la
conquête du pouvoir absolu. De même, ils ont agi de concert dans
l’exécution de leurs crimes ultérieurs.
– Crime
contre la paix. Les accusés ont, dans soixante-quatre
cas, violé trente-quatre traités internationaux, commencé des guerres
d’agression et déchaîné un conflit mondial.
– Crime
de guerre. Les accusés ont ordonné ou toléré des
assassinats collectifs sur une immense échelle, des tortures, la mise
en esclavage de millions de travailleurs, le pillage économique.
– Crime
contre l’humanité. Les accusés ont persécuté leurs
adversaires politiques, ainsi que des minorités raciales et
religieuses. Ils ont exterminé en entier des collectivités ethniques.
Les pages de l’acte
d’accusation sont remplies de détails tellement incroyables,
tellement abominables, qu’elles dépassent en horreur les produits de
l’imagination la plus morbide.
Les accusés étaient:
Hermann
Göring, maréchal du Reich et commandant en chef de
l’aviation; Rudolf Hess, adjoint
du Führer jusqu’en 1941;
Joachim von
Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères;
Alfred
Rosenberg, ministre des Territoires occupés de l’Est;
Wilhelm
Keitel, feld-maréchal et chef du haut commandement des
forces armées (O.K.W.); Ernst Kaltenbrunner,
chef de la police de sécurité; Hans Frank, gouverneur général de
Pologne; Wilhelm Frick, ancien
ministre de l’Intérieur, un des premiers fidèles de
Hitler;
Julius Streicher, chef du mouvement
antisémite; Hjalmar Schacht,
ministre de l’Économie (1933-1936), président de la Reichsbank
jusqu’en 1939; Walter Funk, président
de la Reichsbank (1939); Karl Dönitz,
commandant en chef de la marine et chancelier du Reich en 1945;
Erich
Raeder, commandant en chef de la marine (1928-1943);
Baldur
von Schirach, chef de la Jeunesse hitlérienne et gauleiter
de Vienne; Fritz Sauckel,
commissaire de la main-d’œuvre; Alfred Jodl,
chef de l’état-major d’opérations de l’O.K.W.; Franz
von Papen, ex-chancelier du Reich et envoyé extraordinaire
à Vienne; Arthur Seyss-Inquart,
ministre de l’Autriche et commissaire pour les Pays-Bas occupés;
Albert
Speer, ministre de l’Armement et de la Production de
guerre; Constantin von Neurath,
ministre des Affaires étrangères (1932-1938), protecteur de Bohême et
Moravie; Hanz Fritzsche, directeur
du service de la radio au ministère de la Propagande;
Martin
Bormann, adjoint au Führer après Hess (par contumace).
Furent
condamnés:
– à
mort par
pendaison: Göring, Ribbentrop, Kaltenbrunner, Rosenberg,
Frank, Frick, Streicher, Sauckel, Jodl, Seyss-Inquart, Keitel, Bormann
(absent);
– à
la prison
à vie: Hess, Funk (libéré en 1957, mort en 1960),
Raeder (libéré en 1955, mort en 1960);
– à
vingt ans
de prison: von Schirach, Speer (libérés en 1966);
– à
quinze ans
de prison: von Neurath (gracié en 1954, mort en 1956);
– à
dix ans:
Dönitz (libéré en 1956, mort en 1980).
Furent acquittés:
Schacht (mort en 1970), von Papen (mort en 1969), Fritzsche (mort en
1955).
Quatre organisations furent également
condamnées: la
N.S.D.A.P.
(Parti national-socialiste allemand des travailleurs: Nationalsozialistische
deutsche Arbeiterpartei ),
la
Gestapo,
les
SS,
le SD (Service de sécurité de la
SS). Le but du procès de Nuremberg comporte fondamentalement trois
volets: dénazifier l’Allemagne, en étalant
ses crimes aux yeux de tous; réhabiliter la justice bafouée par
le IIIe Reich;
établir que le mal existe et que la suppression de toute morale, de
tout respect de l’homme entraîne le retour à la barbarie.