LE FASCISME

Refusant le libéralisme issu de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle, le fascisme se caractérisa par la mise en place d'un Etat totalitaire à parti unique, la négation de la lutte des classes par le corporatisme, un nationalisme exalté et l'obéissance absolue à un chef charismatique, exemple typique de l'état que mis en place Mussolini en Italie de 1922 à 1945. L'usage du mot s'est étendu à l'ensemble des régimes dictatoriaux de droite.

 

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Le procès de Nuremberg

 
 

Procès intenté, après la Seconde Guerre mondiale, par les Alliés (Grande-Bretagne, États-Unis, France et U.R.S.S.) à vingt-quatre membres du Parti national-socialiste ou dirigeants du IIIe Reich et à huit organisations accusés de crimes de guerre. Le plus important de ces procès, celui du Tribunal militaire international, s’est déroulé à Nuremberg du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, mais le principe en avait été retenu dès 1942. Le président du tribunal est sir Justice Lawrence, représentant de la justice royale britannique; il est assisté pour les États-Unis de Francis Biddle, pour l’U.R.S.S. du major général Nikitchenko et pour la France de Donnedieu de Vabre et Robert Fales; le ministère public, chargé de l’accusation, comprend également des représentants des quatre nations alliées. Le procureur américain, Robert Jackson, a donné au procès son sens profond: «La véritable partie plaignant à cette barre, c’est la civilisation.» L’acte d’accusation, véritable monument de 25 000 mots, est divisé en quatre grands chapitres:

 Conjuration. Les accusés ont élaboré et poursuivi en commun un plan tendant à la conquête du pouvoir absolu. De même, ils ont agi de concert dans l’exécution de leurs crimes ultérieurs.

 Crime contre la paix. Les accusés ont, dans soixante-quatre cas, violé trente-quatre traités internationaux, commencé des guerres d’agression et déchaîné un conflit mondial.

 Crime de guerre. Les accusés ont ordonné ou toléré des assassinats collectifs sur une immense échelle, des tortures, la mise en esclavage de millions de travailleurs, le pillage économique.

 Crime contre l’humanité. Les accusés ont persécuté leurs adversaires politiques, ainsi que des minorités raciales et religieuses. Ils ont exterminé en entier des collectivités ethniques.

Les pages de l’acte d’accusation sont remplies de détails tellement incroyables, tellement abominables, qu’elles dépassent en horreur les produits de l’imagination la plus morbide. Les accusés étaient: Hermann Göring, maréchal du Reich et commandant en chef de l’aviation; Rudolf Hess, adjoint du Führer jusqu’en 1941; Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères; Alfred Rosenberg, ministre des Territoires occupés de l’Est; Wilhelm Keitel, feld-maréchal et chef du haut commandement des forces armées (O.K.W.); Ernst Kaltenbrunner, chef de la police de sécurité; Hans Frank, gouverneur général de Pologne; Wilhelm Frick, ancien ministre de l’Intérieur, un des premiers fidèles de Hitler; Julius Streicher, chef du mouvement antisémite; Hjalmar Schacht, ministre de l’Économie (1933-1936), président de la Reichsbank jusqu’en 1939; Walter Funk, président de la Reichsbank (1939); Karl Dönitz, commandant en chef de la marine et chancelier du Reich en 1945; Erich Raeder, commandant en chef de la marine (1928-1943); Baldur von Schirach, chef de la Jeunesse hitlérienne et gauleiter de Vienne; Fritz Sauckel, commissaire de la main-d’œuvre; Alfred Jodl, chef de l’état-major d’opérations de l’O.K.W.; Franz von Papen, ex-chancelier du Reich et envoyé extraordinaire à Vienne; Arthur Seyss-Inquart, ministre de l’Autriche et commissaire pour les Pays-Bas occupés; Albert Speer, ministre de l’Armement et de la Production de guerre; Constantin von Neurath, ministre des Affaires étrangères (1932-1938), protecteur de Bohême et Moravie; Hanz Fritzsche, directeur du service de la radio au ministère de la Propagande; Martin Bormann, adjoint au Führer après Hess (par contumace). Furent condamnés:

 à mort par pendaison: Göring, Ribbentrop, Kaltenbrunner, Rosenberg, Frank, Frick, Streicher, Sauckel, Jodl, Seyss-Inquart, Keitel, Bormann (absent);

 à la prison à vie: Hess, Funk (libéré en 1957, mort en 1960), Raeder (libéré en 1955, mort en 1960);

 à vingt ans de prison: von Schirach, Speer (libérés en 1966);

 à quinze ans de prison: von Neurath (gracié en 1954, mort en 1956);

 à dix ans: Dönitz (libéré en 1956, mort en 1980).

Furent acquittés: Schacht (mort en 1970), von Papen (mort en 1969), Fritzsche (mort en 1955).

Quatre organisations furent également condamnées: la N.S.D.A.P. (Parti national-socialiste allemand des travailleurs: Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei ), la Gestapo, les SS, le SD (Service de sécurité de la SS). Le but du procès de Nuremberg comporte fondamentalement trois volets: dénazifier l’Allemagne, en étalant ses crimes aux yeux de tous; réhabiliter la justice bafouée par le IIIe Reich; établir que le mal existe et que la suppression de toute morale, de tout respect de l’homme entraîne le retour à la barbarie.

 
 
 
 

Source :

Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 
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