SOMMAIRE - Divers

La rubrique Divers regroupe divers travaux et dossiers relatifs à des sujets variés ou spécifiques. Ainsi, par exemple, un important dossier consacré à l'Histoire de la Suisse, un index de personnalités historiques, des chronologies, des dossiers d'histoire économique, d'introduction aux études historiques ou de didactique de la discipline.

 

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 Mussolini Benito (Amilcare Andrea) (1883-1945)

 
 

Fils d’un forgeron (Arnaldo) et d’une institutrice (Rosa Maltoni), Mussolini fut militant socialiste dès qu’il eut obtenu son diplôme d’instituteur (il avait alors 18 ans, nous sommes en 1901). Il n’hésita pas à s’exiler en Suisse entre 1902 et 1904 pour échapper au service militaire. Dans notre pays, Mussolini milita pour défendre les droits des ouvriers italiens émigrés et fréquenta les milieux socialistes, souvent composés de réfugiés politiques. On peut dire que c’est à cette époque qu’il acquiert de bonnes connaissances de Marx, Proudhon, Nietzsche et Sorel (le théoricien de la violence). Il sera expulsé de Suisse et devra effectuer son service militaire entre 1905 et 1906. Une fois revenu de l’armée il exerça son métier d’instituteur en enseignant le français (à Tolmezzo et à Oneglia) puis devint journaliste, à Trente (qui était alors une ville autrichienne) ; mais il ne tarda pas à être expulsé des terres autrichiennes.

Mussolini s’établit à Forli en Romagne entre 1909 et 1912, en 1925 il épousa une certaine Rachel Guidi dont il aura cinq enfants. A cette époque il prit la direction d’un journal socialiste. Ses activités anticléricales, anticolonialistes, et son action dans les grèves (notamment au travers de son opposition à la guerre contre la Libye (1911-1912) lui vaudront d’être emprisonné). En 1912, il est appelé à Milan pour diriger le journal socialiste Avanti ! A cette époque Mussolini est encore un socialiste intransigeant, il refuse toute compromissions avec le gouvernement bourgeois et adopta des positions neutralistes. Pourtant le caractère profond de Mussolini n’allait pas tarder à resurgir ; il milita bientôt pour une intervention armée aux côtés des Alliés. Il quitta Avanti ! et, Etant accusé d’une trop étroite collaboration avec la France, il fut expulsé du PS. En 1914 il créa Il Popolo d’Italia, une parution qui prônait l’intervention de l’Italie contre l’Autriche-Hongrie. Mussolini fut mobilisé en 1915, grièvement blessé il fut réformé et put reprendre la direction de son journal.

En 1919, il entame un véritable tournant en créant les Faisceaux italiens de combat, une organisation profondément nationaliste (ce n’était alors de loin pas la seule dans le pays) ; on imagine aisément quels furent les effectifs de ces « combattants » : des anciens combattants plus ou moins abandonnés à leur sort après la guerre, des adeptes de la « victoire mutilée » et autres extrémistes avides d’action ou de pouvoir. A cette époque Mussolini est encore très peu connu est c’est surtout Gabriele D’Annunzio qui était sollicité par les foules (le leader nationaliste venait d’occuper en septembre 1919 la ville de Fiume).

Les élections de 1919 furent un échec cinglant pour les fascistes de Mussolini ; le chef du groupuscule se décida alors à basculer dans l’action illégale et subversive. Il se posa en grand défenseur de la menace communiste, il obtint l’appui de membres de l’administration, de la police et surtout l’appui financier des grands propriétaires fonciers et des milieux industriels. Mussolini mit en place les Chemises noires pour lutter contre les syndicats et les diverses organisations de gauche. En novembre-décembre 1920 ce déroulèrent les journées sanglantes de Bologne et de Ferrare. Ce n’est qu’en 1921, le 11 novembre, que les Faisceaux se transforment en véritable parti politique - le Parti fasciste- ; à ce moment-là Mussolini pouvait compter sur environ 310'000 adhérant mais dès le printemps 1922 ce sont plus de 720'000 adhérents que compte Mussolini dans ses rangs. Désormais le Duce entend bien achever le Risorgimento et façonner une Italie nouvelle.

En avril 1922, les socialistes avaient mis en place une Grande Grève, Mussolini usa de la force pour la réduire, obtenant ainsi un appui encore plus inconditionnel de ses soutiens financiers. C’est la même année, entre le 27 et le 30 octobre, qu’il décide la Marcia su Roma (la Marche sur Rome des Chemises noires). Le 30 octobre 1922, le roi, Victor-Emmanuel III, entérina le coup de force et proposa à Mussolini de former un nouveau gouvernement. Le Duce sut se montrer habile à ce moment-là. Dans un premier temps il se montra tout à fait respectueux des règles parlementaires (il n’accorda aux fascistes que 4 ministères sur 14, dont deux pour lui, deux de taille puisqu’il s’agissait de l’Intérieur et des Affaires étrangères). Mais très vite, le 25 novembre 1922, il obtint de la Chambre les pleins pouvoirs.

En janvier 1924 son pouvoir bascula ; l’affaire Matteotti failli bien coûter son poste à Mussolini, mais là aussi il joua habilement et sortit finalement quasi renforcé de cette épreuve.

Après le retrait de 127 députés (suite à l’assassinat de Matteotti) le 27 juin 1924 ("retraite sur l'Aventin"), Mussolini disposait d’une majorité docile au Parlement : il avait alors imposé une loi électorale conçue pour éliminer ses adversaires en avril. La dictature s’organisait. Bientôt le Duce accumula les pouvoirs législatif et exécutif, imposa un Parti unique, interdit les syndicats non-fascistes, et imposa à la population une propagande qui allait porter ses fruits. Le culte de la personnalité pouvait commencer. Les discours très appréciés de Mussolini étaient simplistes et brutaux, ses mimiques lui attiraient la sympathie. Ses réalisations sur le plan intérieur assurèrent aussi sa popularité : accord du Latran en 1929, grands travaux et baisse du chômage.

Sur le plan extérieur : il fit adhérer l’Italie à la SDN, aux pactes de Locarno (octobre 1925 : garantie mutuelle des frontières entre l’Allemagne et la France, ainsi que celles de la Belgique ; ainsi l’Allemagne renonçait à l’Alsace-Lorraine) et Briand-Kellog (27 août 1928 : renonciation à la guerre comme moyen de résoudre des conflits, le pacte fut signé par 57 pays ; il ne prévoyait aucune sanction…). Sa méfiance face à l’Allemagne (envoi de troupe sur le Col du Brenner après l’assassinat de Dollfuss en 1934) lui attirait aussi un certain nombre de sympathies. En avril 1935 à la Conférence de Stresa (Italie du nord) il fit front commun avec les anglais et les français pour dénoncer le réarmement allemand.

Mais ces soutiens internationaux s’estompèrent lorsque Mussolini ordonna la conquête de l’Ethiopie entre 1935 et 1936. C’est alors l’apogée du fascisme italien mais c’est aussi à partir de ce moment là que le régime italien se rapproche du régime allemand et des autres dictatures. Entre 1936 et 1939, Mussolini fit intervenir les troupes italiennes, aux côtés des allemands, dans la guerre civile d’Espagne (voir Franco). Il promulgue des lois racistes et persécute les juifs ; en novembre 1936, la création de l’Axe Rome-Berlin était entérinée; les revendications de Mussolini se faisaient plus pressantes, il réclamait la Corse et la Tunisie, occupa l’Albanie en avril 1939. Mais devant la puissance grandissante de son allié, le Duce se cantonna bientôt à un simple rôle d’exécutant ; ce fut cependant avec regret qu’il dut annoncer à Hitler que l’Italie n’était pas prête pour entrer dans la guerre à ses côtés. Pourtant devant les succès des troupes allemandes, Mussolini s’attaqua à la France le 10 juin 1940, cette dernière avait déjà été battue par Hitler, il déclara la guerre à l’Angleterre malgré les réticences de son entourage. Partout l’Italie subit des défaites : en Grèce, dans les Balkans, en Afrique du Nord. Bientôt le Duce renforça la dictature, des voix commençaient en effet à s’élever contre le régime. Après le débarquement allié en Sicile le 9 juillet 1943 le mécontentement est encore plus pressant.

Le 25 juillet 1943, une séance du Grand Conseil fasciste le destitua (Révolution des hiérarques). Il le fut également par le roi. Mussolini fut arrêté et incarcéré dans les Abruzzes. C’est un commando SS qui le délivra en septembre 1943. Sous la protection de Hitler il organisa, en Italie du Nord, la République sociale italienne ; ultime tentative de revenir aux origines populaires et révolutionnaires du fascisme. Il ordonna que soient fusillés plusieurs membre du Grand Conseil fasciste, dont son gendre Ciano.

Devant la défaite allemande il tenta de fuir vers la Suisse, déguisé en soldat allemand. Mais il fut reconnu et arrêté par des partisans italiens. Il fut fusillé sans jugement avec sa maîtresse Clara Petacci, sur l’ordre du colonel Valerio, à Giulino di Mezzegra près du lac de Côme, le 28 avril 1945.

     

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