Mussolini
s’établit à Forli en Romagne entre 1909 et 1912, en 1925 il
épousa une certaine Rachel Guidi dont il aura cinq enfants. A
cette époque il prit la direction d’un journal socialiste. Ses
activités anticléricales, anticolonialistes, et son action
dans les grèves (notamment au travers de son opposition à la
guerre
contre la Libye
(1911-1912) lui vaudront d’être emprisonné).
En
1912, il est appelé à Milan pour diriger le journal socialiste
Avanti !
A cette époque Mussolini est encore un socialiste
intransigeant, il refuse toute compromissions avec le
gouvernement bourgeois et adopta des positions neutralistes. Pourtant
le caractère profond de Mussolini n’allait pas tarder à
resurgir ; il milita bientôt pour une intervention armée
aux côtés des Alliés. Il quitta Avanti !
et, Etant accusé d’une trop étroite collaboration avec la
France, il fut expulsé du PS. En 1914 il créa
Il
Popolo d’Italia,
une parution qui prônait l’intervention de l’Italie contre
l’Autriche-Hongrie. Mussolini fut mobilisé en 1915, grièvement
blessé il fut réformé et put reprendre la direction de son
journal.
En
1919, il entame un véritable tournant en créant les
Faisceaux
italiens de combat, une
organisation profondément nationaliste (ce n’était alors de
loin pas la seule dans le pays) ; on imagine aisément
quels furent les effectifs de ces « combattants » :
des anciens combattants plus ou moins abandonnés à leur sort
après la guerre, des adeptes de la « victoire
mutilée »
et autres extrémistes avides d’action ou de pouvoir. A cette
époque Mussolini est encore très peu connu est c’est surtout
Gabriele D’Annunzio
qui était sollicité par les
foules (le leader nationaliste venait d’occuper en septembre
1919 la ville de Fiume).
Les
élections de 1919 furent
un échec cinglant pour les
fascistes de Mussolini ; le chef du groupuscule se décida
alors à basculer dans l’action illégale et subversive. Il se
posa en grand défenseur de la menace communiste, il obtint
l’appui de membres de l’administration, de la police et
surtout l’appui financier des grands propriétaires fonciers
et des milieux industriels.
Mussolini
mit en place les Chemises noires pour lutter contre les syndicats et
les diverses organisations de gauche. En novembre-décembre 1920
ce déroulèrent les journées sanglantes de Bologne et de
Ferrare. Ce
n’est qu’en 1921, le 11 novembre, que les Faisceaux
se transforment en véritable parti politique - le
Parti
fasciste- ; à ce moment-là
Mussolini pouvait compter sur environ 310'000 adhérant mais dès
le printemps 1922 ce sont plus de 720'000 adhérents que compte
Mussolini dans ses rangs.
Désormais
le Duce entend bien achever le
Risorgimento et façonner une Italie nouvelle.
En
avril 1922, les socialistes avaient mis en place une
Grande
Grève, Mussolini usa de la force pour la réduire, obtenant
ainsi un appui encore plus inconditionnel de ses soutiens
financiers. C’est la même année, entre le 27 et le 30
octobre, qu’il décide la Marcia
su Roma (la
Marche sur Rome des Chemises noires).
Le
30 octobre 1922, le roi,
Victor-Emmanuel
III, entérina
le coup de force et proposa à Mussolini de former un nouveau
gouvernement. Le Duce sut se montrer habile à ce moment-là.
Dans un premier temps il se montra tout à fait respectueux des
règles parlementaires (il n’accorda aux fascistes que 4
ministères sur 14, dont deux pour lui, deux de taille
puisqu’il s’agissait de l’Intérieur et des Affaires étrangères). Mais
très vite, le 25 novembre 1922,
il obtint de la Chambre les
pleins pouvoirs.
En
janvier 1924 son pouvoir bascula ;
l’affaire
Matteotti
failli
bien coûter son poste à Mussolini, mais là aussi il joua
habilement et sortit finalement quasi renforcé de cette épreuve.
Après
le retrait de 127 députés (suite à l’assassinat de
Matteotti) le 27 juin 1924 ("retraite sur l'Aventin"),
Mussolini disposait d’une majorité docile au Parlement : il
avait alors imposé une loi électorale conçue pour éliminer ses
adversaires en avril. La
dictature s’organisait. Bientôt le Duce
accumula les pouvoirs législatif
et exécutif, imposa un Parti unique, interdit les syndicats
non-fascistes, et imposa à la population une propagande qui
allait porter ses fruits. Le culte de la personnalité
pouvait commencer. Les
discours très appréciés de Mussolini étaient simplistes et
brutaux, ses mimiques lui attiraient la sympathie. Ses réalisations
sur le plan intérieur assurèrent aussi sa popularité :
accord du
Latran
en 1929,
grands travaux
et
baisse du chômage.
Sur
le plan extérieur : il fit adhérer l’Italie à la
SDN,
aux pactes de Locarno
(octobre
1925 : garantie mutuelle des
frontières entre l’Allemagne et la France, ainsi que celles de
la Belgique ; ainsi l’Allemagne renonçait à l’Alsace-Lorraine)
et Briand-Kellog (27 août
1928 :
renonciation à la guerre comme moyen de résoudre des conflits,
le pacte fut signé par 57 pays ; il ne prévoyait aucune
sanction…). Sa méfiance face à l’Allemagne (envoi de
troupe sur le Col du Brenner après l’assassinat de
Dollfuss
en 1934) lui attirait aussi un certain nombre de sympathies. En
avril 1935
à la
Conférence
de Stresa (Italie du nord) il
fit front commun avec les anglais et les français pour dénoncer
le réarmement allemand.
Mais
ces soutiens internationaux s’estompèrent lorsque Mussolini
ordonna la conquête de l’Ethiopie
entre 1935 et 1936. C’est
alors l’apogée du fascisme italien mais c’est aussi à
partir de ce moment là que le régime italien se rapproche du régime
allemand et des autres dictatures. Entre 1936 et 1939, Mussolini
fit intervenir les troupes italiennes, aux côtés des
allemands, dans la guerre civile d’Espagne (voir
Franco).
Il promulgue des lois
racistes et persécute les juifs ; en novembre 1936,
la création de l’Axe
Rome-Berlin était entérinée; les
revendications de Mussolini se faisaient plus pressantes, il réclamait
la Corse et la Tunisie, occupa l’Albanie en avril 1939.
Mais devant la puissance grandissante de son allié, le Duce se
cantonna bientôt à un simple rôle d’exécutant ; ce
fut cependant avec regret qu’il dut annoncer à
Hitler
que l’Italie n’était pas prête pour entrer dans la guerre
à ses côtés. Pourtant devant les succès des troupes
allemandes, Mussolini s’attaqua à la France
le
10 juin 1940, cette dernière avait
déjà été battue par Hitler, il déclara la guerre à
l’Angleterre malgré les réticences de son entourage.
Partout
l’Italie subit des défaites : en Grèce, dans les
Balkans, en Afrique du Nord. Bientôt le Duce renforça la
dictature, des voix commençaient en effet à s’élever contre
le régime.
Après le débarquement allié en Sicile
le 9 juillet 1943 le mécontentement
est encore plus pressant.
Le
25 juillet 1943, une séance du Grand Conseil fasciste le
destitua (Révolution des hiérarques). Il le fut également
par le roi. Mussolini fut arrêté et incarcéré dans les
Abruzzes. C’est un commando
SS
qui le délivra en septembre 1943. Sous la protection de
Hitler
il organisa, en Italie du Nord, la
République sociale
italienne ; ultime
tentative de revenir aux origines populaires et révolutionnaires
du fascisme. Il ordonna que soient fusillés plusieurs
membre du Grand Conseil fasciste, dont son gendre Ciano.
Devant
la défaite allemande il tenta de fuir vers la Suisse, déguisé
en soldat allemand. Mais il fut reconnu et arrêté par des
partisans italiens. Il fut fusillé
sans jugement avec sa maîtresse Clara Petacci, sur l’ordre du
colonel Valerio, à Giulino di Mezzegra près du lac de Côme,
le 28 avril
1945.