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Molotov, l’un des principaux personnages de
l’entourage de
Staline, fut son lieutenant et son bras droit pendant des
décennies. Issu d’une famille bourgeoise, Molotov adhère au bolchevisme
à la fin de 1906 et milite parmi les étudiants et les lycéens. En 1912,
il devient secrétaire de rédaction de la Pravda à
Saint-Pétersbourg et fait alors la connaissance de Staline, qui en est
le rédacteur en chef. Membre du bureau du comité central à la fin de
1916, il dirige à nouveau brièvement la Pravda en l’absence de
Staline. Nommé secrétaire du comité central du Parti communiste
ukrainien en 1920, il devient membre et secrétaire du comité central du
Parti communiste russe en 1921, membre de l’Orgburo et suppléant au
bureau politique (il sera titulaire en 1925).
Homme d’appareil dévoué à
Staline, il remplace Boukharine à la tête du Komintern en 1929, et
Rykov
à la présidence du Conseil des commissaires du peuple en 1930, poste
qu’il occupe jusqu’en 1940. Il est étroitement associé aux grandes
purges staliniennes. À la veille du pacte germano-soviétique dont il
sera l’artisan, il remplace Litvinov au poste de commissaire du peuple
aux Affaires étrangères, poste qu’il occupera pendant dix ans. Dès lors,
il participe à toutes les négociations diplomatiques: conférence de
Téhéran en 1943, Yalta, San Francisco, Potsdam en 1945, conférence de la
paix à Paris, puis sessions de l’Assemblée générale des Nations unies.
Nommé premier vice-président du Conseil des ministres en 1946, il ne
fait pas partie du nouveau secrétariat du comité central, signe d’une
certaine disgrâce. Attaqué en juin 1955 pour son attitude inflexible
envers Tito, il doit alors démissionner (1956) du poste de ministre des
Affaires étrangères, qu’il détenait depuis la mort de Staline. En 1957,
il est accusé d’être à la tête du groupe «antiparti» opposé à
Khrouchtchev au sein du bureau politique et perd toutes ses fonctions.
Ambassadeur soviétique en république populaire de Mongolie, puis
représentant soviétique à l’Agence internationale de l’énergie atomique
à Vienne, il est accusé au XXIIe congrès
en 1961 de complicité dans les crimes de Staline et exclu du parti en
1962. Il est réintégré en 1984. |