ATRIUM - Histoire Moderne (1789-1914)

En France, les historiens appellent Histoire moderne la période allant de la fin du XVe siècle à la Révolution française. Les historiens allemands et anglo-saxons parlent d'Histoire moderne pour la période s'étendant de la Révolution française à la signature du Traité de Versailles en 1920. Nous ne nous situerons dans aucune de ces traditions et appellerons Histoire Moderne la période englobant les événements se déroulant depuis la Révolution française de 1789 jusqu'à la Première Guerre mondiale (1914).

 

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1815 avait marqué le triomphe d'une volonté de « restaurer » l'Ancien Régime dans sa totale complexité, et qui plus est, d'en garantir le maintien au degré national par une organisation d'autorité internationale appuyée juridiquement sur la thèse de la « légitimité » et pratiquement sur la « politique des congrès » et le principe de l'intervention. Or, la Sainte-Alliance allait être victime des règles mêmes qu'elle s'était prescrites dans le jeu diplomatique. Dès 1829, Nicolas Ier n'avouait-il pas son inquiétude devant l'agressivité de la politique réactionnaire menée par Polignac, au nom de Charles X ? Il formulait sa crainte dans cette alternative : ou bien la révolution éclate contre Charles X sans qu'il en fournisse le moindre prétexte, ou bien, voulant la prévenir, le roi la provoque en violant la Charte. « Auquel cas, concluait-il, nous ne pourrions apporter aucune aide. » Il oubliait de dire que les excès de la « réaction » dont l'Europe de 1829 donnait plus d'un exemple étaient eux aussi une conséquence de la « politique » de l'absolutisme triomphant.

Les événements eurent le dénouement redouté par le tsar. Il est vrai que celui-ci trouvait parfaitement naturel et « légitime » le compromis sur lequel reposait le régime de la Restauration lui-même. Et pourtant, ce compromis explique la faillite croissante du régime, comme la réaction téméraire qui allait causer sa chute. En effet, il y avait un divorce foncier entre cette royauté qui avait rapporté intacte dans les « fourgons de l'étranger » la prétention au droit divin du prince, et la nation que l'esprit de 1789 avait fécondée de ses idées, à laquelle il avait donné la conviction que tout pouvoir émanait d'elle. Ce divorce irréductible, la Charte et la prudence de Louis XVIII avaient réussi à le masquer provisoirement. Mais la loi sur le sacrilège, la loi mal nommée « d'amour et de justice », les quatre ordonnances surtout, qui, sous prétexte de mettre réellement en vigueur la Charte, en altéraient l'esprit, venaient de brouiller irrémédiablement Charles X et la nation. L'épreuve de force n'allait pas tarder.

Dès mars 1830, le centre soutenait l'adresse de Royer-Collard et refusait la collaboration demandée par le discours du trône, affirmant catégoriquement que « ce concours n'existe pas ». Aussitôt la Chambre est dissoute. Mais la révolution est déjà en marche et l'opposition sort plus forte des élections. Charles X réplique par les Ordonnances; la troisième jugule la presse et irrite tous les tenants de l'opinion; la quatrième, modifiant le cens, a pour objet d'évincer des assemblées la bourgeoisie commerciale et industrielle trop frondeuse. L'effet est immédiat; les journalistes protestent contre l'arbitraire, les républicains décident la résistance armée. Le 27 juillet, le peuple descend dans la rue ; et, avec l'aide de la bourgeoisie parisienne qui lui fournit des chefs décidés, il la tient pendant les « trois Glorieuses » (27-28-29 juillet). La petite armée royale et Charles X abandonnent la capitale hérissée de barricades. Une victoire si facile étonne le vainqueur lui-même, il hésite. Monarchie ou république ? Habilement, on brise l'élan révolutionnaire, avant qu'il n'atteigne son but : Louis-Philippe d'Orléans qui a reçu l'investiture de 1789 avec l'accolade du vieux La Fayette sera roi des Français par la grâce du peuple, condamnant sans appel Charles X dont le droit divin ne suffisait plus à justifier la royauté. Ce succès des « habiles » était en réalité un demi-échec. Car c'est dans la naissance même de cette institution qu'il faut déceler les germes de sa mort. On invoquera en vain l'exemple de l'Angleterre de 1688. Dans la France de 1830, l'idéal monarchique, tout libéral qu'il fût, ne pouvait espérer qu'un appui intéressé de la part de cette bourgeoisie avide à saisir les avantages du pouvoir, sans assumer ses charges. Que le tricolore remplaçât le drapeau blanc, cela suffisait-il pour asseoir un pouvoir qui ne pouvait se réclamer ni d'un principe de légitimité, ni de l'investiture du « pays légal », ni même du plébiscite du « pays réel » écarté comme dangereux ? La seule garantie à laquelle Louis-Philippe pouvait prétendre, c'est que la France, ayant tout donné à son roi, ne pouvait logiquement l'accuser de tyrannie, s'il se bornait à régner. La Charte de 1830 avait cela d'original qu'elle était « l'expression de la volonté générale » et que le roi devait reconnaître qu'il recevait tout de la nation: couronne, autorité, raison d'Etat et principes de gouvernement.

Autre conséquence importante de ce nouveau mécanisme d'investiture légale : la liberté de religion devenait un droit individuel et le catholicisme perdait sa position de religion d'Etat. Enfin d'autres réformes révélaient l'orientation bourgeoise du régime. L'abolition de la pairie héréditaire devait amener l'extinction de la noblesse. Par ailleurs, l'abaissement du cens élargissait le cercle des éligibles à la Chambre des députés et doublait le nombre des électeurs. La Chambre basse, selon l'esprit du régime, devenait toute-puissante; s'arrogeant le droit d'initiative de la Chambre haute, elle tenait le ministère à sa merci. C'étaient là les résultats les plus importants de la révolution et, le moins qu'on puisse dire, c'est que les vainqueurs du jour - les « nantis » - avaient si bien réussi à s'installer aux postes de commande de l'Etat, qu'on peut se demander si les « trois Glorieuses » avaient eu pour objectif l'émancipation de la France ou la fondation des innombrables « dynasties bourgeoises » qui rivalisaient déjà d'appétit et d'ambitions. Ce qui fit que l'entente ne fut pas longtemps parfaite entre les nouveaux dynastes : les libéraux se séparèrent bientôt en deux partis rivaux, la « résistance » et le « mouvement ». Les progressistes, en effet, entendaient révéler sans retard à l'Europe la puissance merveilleuse du libéralisme, dont la puissance révolutionnaire restait un mystère. Mystère exaltant pour les pays sujets, puisqu'il était capable de faire cesser pour tous les opprimés cette « halte dans la boue » qui venait de prendre fin pour la France. Mystère redoutable pour les princes qui méprisaient et redoutaient à la fois ce « roi des barricades » capable d'accepter un trône « offert par la Révolution ». Un fait était certain: le phénomène libéral, haï ou exalté, restait pour tous un mystère, et l'Europe, jusqu'à la veille de 1848, allait marquer à son égard tour à tour nervosité, inquiétude ou hostilité. En effet, voici qu'en France le roi, lui-même, se mettait hors-le-droit par un crime de haute trahison contre le principe de légitimité, allant jusqu'à accepter la sanction juridique d'une idée révolutionnaire (le peuple est roi, le peuple fait le roi). Mais l'idée était assez forte pour arracher à l'Angleterre une des plus importantes réformes de structure de son histoire et pour obliger les monarchies conservatrices, ses adversaires, à raffermir leur autorité, et redéfinir leur raison d'Etat. La complexité du fait libéral apparaît tout aussi singulière si l'on dresse le bilan de ses effets : ses triomphes sont compensés par de graves échecs et les Etats qui échappent à son emprise le doivent à un durcissement autocratique où il faut voir une des origines de l'âge impérialiste qui va suivre.

Pays-Bas et Belgique

L'élan libéral devait toucher d'abord les créations artificielles des traités de 1815. Le royaume des Pays-Bas en donnait l'exemple le plus frappant : sans tenir aucun compte des sentiments des peuples, de leur langue et de leur religion, on avait réuni la Hollande protestante et fière de son indépendance séculaire à la Belgique, ancien pays sujet, divisée elle-même par la langue et la religion. Tout dans leur statut commun pouvait être cause de friction; l'accession au trône de Guillaume Ier, vrai despote éclairé, rendit la situation intolérable. Juillet 1830 parut aux « opprimés » belges plus qu'un exemple, un mot d'ordre. Bientôt, c'est l'agitation ouverte et, dans Bruxelles révoltée, les journées sanglantes de septembre (23-26 septembre 1830) donnent la réplique aux « trois Glorieuses » de Paris. Le prince Frédéric, les troupes hollandaises se retirent et le gouvernement provisoire belge qui a pris le pouvoir repousse une offre tardive d'autonomie administrative. On convoque un congrès qui vote l'exclusion perpétuelle de la maison d'Orange en maintenant toutefois la royauté. La monarchie censitaire l'emporte, basée sur une constitution libérale modèle où sont reconnues la souveraineté de la nation, la prépondérance du pouvoir législatif sur l'exécutif, la décentralisation administrative et l'affirmation des libertés essentielles. Mais où trouver le roi qui agréera aux cinq grandes puissances garantes du statut belge de 1815, puisque l'entente est rompue entre les protecteurs de la veille ? Cette dissension va-t-elle faire sortir de l'affaire belge un conflit européen ? On put le croire quand la France qui voyait dans ce nouveau voisin « l'enfant premier-né » de sa propre révolution voulut l'annexer, ou du moins l'entraîner dans son orbite politique, en plaçant sur le trône de Bruxelles un fils de Louis-Philippe. Il fallut déchanter promptement : si l'Angleterre acceptait la sécession belge, c'était à la condition que la France renonçât à toute ambition sur le nouveau royaume. Louis-Philippe accepta, moyennant quoi la Prusse qui soutenait la Hollande ne put imposer son point de vue. Le désintéressement français aidait donc à la naissance d'une Belgique indépendante, perpétuellement neutre et placée sous l'égide du remarquable Léopold de Saxe-Cobourg. Le principe de non-intervention remportait une première victoire pour le libéralisme.

Espagne et Portugal

Le triomphe du libéralisme difficile en Belgique devait l'être moins dans la péninsule ibérique qui échappait, géographiquement du moins, à l'emprise des trois cours de l'Est. L'accession de l'ultra Miguel à la lieutenance-générale du Portugal avait marqué le début d'une « vraie terreur blanche ». Bientôt Miguel se porta prétendant contre l'héritière légitime, et don Pedro, accouru du Brésil, requit l'aide de la France et de l'Angleterre, déchaînant du même coup la guerre civile. Au même moment, l'Espagne de Ferdinand VIII se trouvait engagée dans une crise de succession opposant l'héritier présomptif Carlos à Isabelle, en faveur de qui Ferdinand, son père, prétendait déroger à la loi salique. A la mort du roi, le problème restait ouvert; la régente Marie-Christine le trancha en accordant au pays une constitution inspirée de la Charte française de 1814.

Puisque les souverains ibériques paraissaient décidés à rompre avec l'absolutisme, la France et l'Angleterre accordèrent leur aide et la Quadruple Alliance dont l'objet précis était d'obtenir la capitulation des deux prétendants dissidents don Carlos et don Miguel fut considérée comme le fondement du libéralisme nouveau sur la péninsule ibérique.

Suisse

En Suisse, la « régénération libérale » prit l'aspect de mouvements locaux fort divers, allant de la réforme spontanée à la révolution civile. L'effort porta sur la conquête des droits individuels et la modification des structures politiques cantonales ; l'organisation fédérale, elle, restait la même. Le libéralisme venait donc de marquer des points en Occident, grâce à l'appui de la France et de l'Angleterre.

Europe centrale

Mais dans l'Europe centrale, pivot du système Metternich, les trois grandes autocraties - Russie, Prusse, Autriche - s'entendirent pour repousser le libéralisme. L'économie de leur politique exigeait une Pologne démembrée, une Allemagne docile et une Italie vassale. On connaît le découragement de Metternich à l'annonce de la chute de Charles X, comme sa tentative d'abaisser le « rideau de fer » devant le flot libéral en abandonnant la France à son destin, à condition qu'elle ne touche en rien à l'Europe de 1815. C'était pour le libéralisme une première victoire psychologique. Son adversaire le plus acharné n'écrivait-il pas alors à Nesselrode : « Ma pensée la plus secrète est que la vieille Europe est au commencement de la fin. » Ce découragement fut sans lendemain ; plus que jamais le chancelier autrichien se sentit le « rocher de l'ordre ». D'ailleurs il pouvait compter sur la Russie de Nicolas Ier qui l'encourageait même à attaquer le mal à sa racine. Il fallait mettre la France au pas, car, disait-il, la révolution générale nous menacera nous-mêmes, si l'on nous voit trembler devant elle. Mais, comme par ironie, cette révolution qu'il cherchait à frapper au loin, c'est dans son empire même qu'elle éclate soudain et les troupes russes, mobilisées pour châtier la France, trouveront leur emploi contre la Pologne. Rien de surprenant pourtant dans ce soulèvement polonais. La Pologne avait reçu d'Alexandre Ier une constitution garantissant le maintien de son autonomie et de sa langue. Ce qui n'avait pas empêché le tsar de tailler en pleine terre polonaise les « Confins », sorte de marches militaires couvrant l'ouest de la Russie. Cette mesure amputait la Pologne des quatre cinquièmes de son territoire. Sous la vice-royauté de Constantin, le mécontentement n'avait cessé de grandir. Le 29 novembre 1830, cédant à l'impulsion du parti rouge, Varsovie se soulevait. Les troupes russes firent retraite et, maîtresse d'un pays libéré, la diète polonaise lança un appel à l'Europe, proclamant la déchéance des Romanov et la volonté de résistance nationale. Bientôt le choléra et les désertions réduisent la petite armée polonaise et Varsovie succombe (8 septembre 1831). On comptait sur l'Angleterre, sur la France ; le mot cynique de Sébastiani : « L'ordre règne à Varsovie » révéla l'indifférence occidentale. Dès lors, il y eut une Pologne errante que partout l'on accueillit et encouragea, tandis que le pays réel, cruellement châtié pour son « ingratitude » envers le tsar, connaissait les rigueurs d'une véritable occupation dont les objectifs étaient - pour les Confins surtout - de tendre à une russification de la Pologne. Défaite également en Allemagne d'un libéralisme que ne soutient point l'élan nationaliste. Trop local, trop superficiel, le mouvement libéral y fait long feu. Les améliorations constitutionnelles obtenues dans quelques Etats furent annulées d'autorité par les « Six Actes » de la Diète de Francfort (juin 1832). Enfin la répression policière dont furent victimes la « Jeune Allemagne » et l'élite intellectuelle parut avoir raison, une fois de plus, de l'esprit révolutionnaire.

Italie

L'élan libéral ne fut pas plus heureux en Italie. Devant l'étendue du danger, Metternich se décida à intervenir. Maniant habilement l'atout bonapartiste pour immobiliser la France, il mit à la raison le Modénois, Parme, la Romagne et les Marches qui s'étaient soulevés dans un bruyant enthousiasme populaire. Comme pour la Pologne, il y eut une Italie de l'exode, à laquelle Mazzini et les libéraux de la « Jeune Italie », par leur propagande et leurs insurrections, s'efforçaient de donner une réalité géographique. Là encore, l'autocratie restait la plus forte.

Bilan

Il a suffi de dresser le bilan des victoires et des défaites libérales pour que se dessinent les deux nouveaux groupements de puissances. Pour la triplice de l'Est, 1830 ne pouvait être qu'une dérogation : c'est pourquoi l'on tenta aussitôt d'en limiter les effets. La vigueur avec laquelle furent conduites les répressions de Pologne, d'Allemagne et d'Italie en donne un premier exemple. Plus caractéristique encore est le renforcement des positions diplomatiques qui s'opère de 1833 à 1835 à l'intérieur du même groupe. On a coutume d'y voir un réveil de la Sainte-Alliance, ce qui est juste, puisque c'est de nouveau contre « l'hydre révolutionnaire » que se fait l'union. Les trois « bons frères » et souverains de l'Est se rencontrent à Münchengrätz, où, dans une conférence décisive, s'élaborent un pacte d'aide réciproque et un manifeste belliqueux proclamant que leur droit d'intervention est devenu un devoir et qu'ils s'y conformeront en usant de la force, s'il le faut.

Sur le terrain diplomatique, l'accord de Münchengrätz reçut son pendant avec cette Quadruple Alliance - France, Angleterre, Espagne et Portugal - dans laquelle était incluse une Entente plus fragile que cordiale. Car, plutôt qu'une identité de buts politique, c'est une ressemblance dans les structures politiques qui rapproche la France et l'Angleterre, puisque toutes deux accordent dans leur Etat la prédominance à la bourgeoisie. Ce nouveau statut politique, la France avait dû le conquérir dans la révolution; il suffisait, en revanche, à l'Angleterre d'une agitation pacifique et d'une réforme électorale pour l'établir tout aussi solidement. Le développement des centres industriels dans les premières décennies du siècle fut le facteur décisif qui entraîna la condamnation des fameux « bourgs pourris ». En effet, Manchester et Liverpool, entre autres cités nouvelles, n'avaient pas de représentants au Parlement, alors que des bourgades dépeuplées défendaient jalousement leur siège qu'elles vendaient fort cher au moment des élections. Conduits par lord Grey, soutenus par le vieux polémiste Cobbett, les whigs portèrent leur projet de réforme devant la Chambre haute; elle le rejeta. Ce fut le signal d'une agitation, qui, du Parlement, gagna la rue, et finalement amena à composition et le parti tory et la Chambre des lords. La réforme de 1832 privait 143 « bourgs pourris » de leurs sièges et les attribuait aux régions plus peuplées, de l'Ouest surtout. De plus, le cens était abaissé, ce qui faisait passer le nombre des électeurs de 500.000 à 800.000 (un électeur pour 30 habitants, alors que la France n'en avait qu'un pour 200). En 1834, Peel, chef du cabinet, quoique soutenu par le roi et la Chambre des lords, se retirait, estimant que « son ministère ne pouvait rester au pouvoir contre l'opinion nettement décidée de la Chambre des Communes ». Cet incident marquait l'apparition d'un nouveau caractère du parlementarisme politique.

L'année 1835 voyait s'apaiser les derniers remous provoqués en Europe par la révolution parisienne de juillet. Le mouvement libéral paraît définitivement enrayé. Non seulement l'hostilité entre l'Est autocratique et l'Ouest constitutionnel semble faire trêve, mais Louis-Philippe esquisse même un rapprochement avec l'Autriche.

Un autre orage se prépare

L'activité coloniale des diverses nations européennes ne va pas sans heurt. Ainsi, la progression de la France, le long de la côte nord-africaine depuis l'Algérie conquise en 1830, mécontente l'Angleterre ; de même, à travers la Perse, la Russie poussant vers le Caucase et la Grande-Bretagne remontant des Indes se pressentent déjà comme deux mineurs dans leurs sapes convergentes... Le conflit toutefois ne va pas tant surgir des ambitions européennes que de la décrépitude de la Turquie. C'est en effet sous une forme originale que se présente, entre 1830 et 1840, le problème de « l'homme malade » : une rivalité opposant l'Egypte à la Turquie, c'est-à-dire le pacha Méhémet-Ali à son sultan, Mahmoud II. Tous deux en mal d'hégémonie engagent, dans leurs pays respectifs, une « course à l'européanisation », où le vassal l'emporte si bien que l'armée égyptienne défait les forces du sultan. Mahmoud appelle sans retard la Russie à l'aide. Du même coup, le conflit prend une portée européenne. Le tsar profite de sa position privilégiée pour imposer à la Turquie un quasi-protectorat que sanctionne bientôt le Traité d'Unkiar-Skelessi (1833). Une clause secrète assure à la Russie le droit exclusif de franchir les Dardanelles avec ses flottes, lui donnant ainsi les « clefs de sa maison » : c'est l'apogée de la puissance russe dans l'Est turc. La victoire du tsar est incontestable, l'opération diplomatique a réussi.

Mais il suffit d'un rapprochement imprudent de la France et de l'Egypte pour que l'Angleterre de Palmerston en prenne ombrage. Nicolas Ier n'hésite pas un instant : il fait taire ses prétentions et attise cette brouille, qu'enveniment encore chaque jour les imprudences de Thiers. Il a vu juste. Palmerston arrache aux trois puissances de l'Est la Convention de juillet 1840 qui règle la crise sans tenir compte de la position française et ramène l'Egypte de Méhémet-Ali au rang d'un pachalik héréditaire. L'irritation fut assez violente à Paris pour que l'on entame des préparatifs de guerre; la fièvre céda subitement quand la France apprit que le pacha d'Egypte cédait aux exigences anglaises. Paris fut invité à régler le statut des Détroits avec les autres puissances, ce qui ramena le calme en Europe. Le nouvel acte (1841) touchant les Dardanelles abolit le passe-droit russe de 1832; ainsi le véritable vainqueur de cette crise était Palmerston qui repoussait, à la fois, la Russie du Bosphore et la France du Nil. L'intervention collective dans les affaires turques est la première du genre, ce mode d'agir va se généraliser dans le courant du siècle. Autre fait symptomatique : l'effervescence antifrançaise - c'est aussi l'un des aspects importants de l'alerte de 1840 - dans cette Allemagne que les Français croyaient encore aimablement romantique annonçait l'heure du « rassemblement nationaliste » de la Confédération germanique.

La crise de 1840 passée, la constellation diplomatique se recompose, identique. La France et l'Angleterre se rapprochent de nouveau sous l'impulsion de Guizot et d'Aberdeen, successeur de Palmerston. C'est ainsi que sont réglés à l'amiable les différends concernant l'Algérie, le Maroc et les affaires du Pacifique. Mais l'affaire des « mariages espagnols », à l'occasion de laquelle on voit toute l'Europe en quête d'époux « diplomatiquement » parfaits pour la reine Isabelle et sa soeur Fernande, va rompre inopinément cette première Entente cordiale. Il est facile, dès lors, à Palmerston revenu au pouvoir de renforcer le « splendide isolement » de son pays. Le seul bloc diplomatique cohérent restait donc celui des trois grands Etats absolutistes de l'Est; il est vrai que l'apparence formidable qu'il présentait masquait des vices internes plus graves que ceux dont le régime parlementaire de France et d'Angleterre exagérait parfois l'importance. Ainsi, la Russie était ruinée par les excès du servage et par l'entêtement aveugle de sa politique conservatrice. Au fronton de l'Autriche, brillait toujours l'orgueilleuse devise A.E.I.O.U. (Austria erit in orbe ultima ; l' Autriche perdurera toujours dans l'Univers) ; elle ne pouvait plus dissimuler l'étrange faiblesse de cet empire qui, à la mort de François Ier (1835), ne possédait pas de véritable organisation politique ni administrative. La camarilla qui prit en tutelle le nouveau souverain Ferdinand « imbécile et difforme » allait conduire l'Autriche à Sadova. Car le gouvernement de Vienne, loin de faire quoi que ce soit pour susciter un patriotisme autrichien, allait par d'innombrables tracasseries exaspérer les sentiments nationaux slaves, hongrois et italiens, auxquels la théorie des nationalités commençait de donner une dangereuse puissance.

La Hongrie sortait de son inertie; l'intelligent Szechenyi pensait que la grande noblesse devait prendre, à l'instar de celle de l'Angleterre, la tête du mouvement réformiste. Mais il allait trouver bientôt en face de lui Kossuth, interprète de la petite noblesse, au nom de laquelle il réclame l'égalité des ayants droit. La lutte glissait sur le terrain politique : Szechenyi ralliait les conservateurs, appuyés sur les « magnats », Kossuth, les libéraux, défenseurs des « comitats ».

La renaissance slave fut le résultat d'un effort bien plus considérable encore, car les peuples slaves s'ignoraient et le Serbe, par exemple, « était plus lié avec le Turc qu'avec le Polonais ou le Tchèque » (comme le constate une lettre de Chafarik à Collar, 1827). Par un patient travail où l'idée nationale vint encourager le travail scientifique, le philologue Chafarik, le poète Collar, l'historien Palacki remirent le tchèque en honneur, A leur tour les Slaves du Sud, Croates, Slovènes et Serbes, reprirent leur idiome. Le « panslavisme » naissait, et ce qu'on pensait n'être alors qu'un « austro-slavisme » allait bientôt entraîner à de graves complications.

En revanche, les structures sociales de la Prusse et de la Russie différaient totalement, quoique le régime y fût analogue, si bien que le renforcement autocratique contre les forces nouvelles s'opéra de façon diverse dans les deux pays. Ni la Prusse, ni la Russie ne comptaient de nationalités diverses, à l'idiome et aux coutumes particuliers ; point non plus chez elles de pays où l'autonomie indocile atteignait le degré de celle de la Hongrie, mais un peuple dominant - les Polonais mis à part - unifié par la langue et les traditions. Pourtant l'opposition se fait jour. En Prusse, les hésitations de Frédéric-Guillaume III et sa méfiance, la répugnance de son fils, le futur Frédéric-Guillaume IV, pour ces « chiffons de papier » qu'étaient les constitutions rendirent bientôt illusoire la « liberté allemande » que les libéraux entrevoyaient depuis la loi des Etats provinciaux (1823). La constitution promise se faisait trop attendre et la caricature fameuse, représentant le nouveau roi tenant d'une main « ordre », de l'autre « contre-ordre » et « désordre » inscrit sur le front, traduisit l'impatience d'un libéralisme de plus en plus actif. La patente de février 1847 convoquant le Landtag-Uni provoqua les railleries des radicaux qui ne voyaient là qu'une concession ridicule. La Diète se sépara sans résultat, mais blessée de ce que le roi eût raillé les députés en leur affirmant qu'il ne les aurait jamais convoqués s'ils s'estimaient jouer le « rôle de soi-disant représentants du peuple ».

Nicolas Ier, en face des variations du roi de Prusse, avait au moins le mérite de la constance. Sa haine envers l'Occident, semeur d'idées anarchiques, n'avait cessé de croître. Serviteur de l'ordre, il entreprit d'attacher à sa cause « l'intelligence », sorte d'élite officielle que maintinrent, près du régime, des faveurs et surtout cette terrible police dont la tâche était d'empêcher que le peuple fût « contaminé » par les idées. Cette terreur ne put cependant réprimer l'élan d'une autre « intelligenzia », d'opposition celle-ci, à qui la « hideuse laideur russe » donnait la nausée et dont l'espoir en un âge d'or reposait tout entier sur la France de Cabet, Fourier et George Sand. La vie d'Alexandre Herzen en donne l'exemple : conquis à la fois par Hegel et par les penseurs socialistes français, cet éclectique encourage le libéral Bielinsky comme l'extrémiste Bakounine. Le tsar cependant tirera le plus grand avantage de la lutte que poursuivent les « slavophiles », défenseurs du trône et de cette hagiographie que constitue l'histoire de la Sainte-Russie, contre ces « occidentaux » rejetés par l'Occident lui-même qui garde toute sa méfiance contre un empire qui cherchait toujours, disait-on, le moyen de faire une « Europe cosaque ».

Mais voici venir cette heure que tous les peuples soumis à l'autocratie pressentaient obscurément. La fidélité à la personne du souverain tourne à la haine chez les Polonais écrasés par Paskievitch, chez les Italiens qu'enflamme Gioberti, chez les Allemands dont le nationalisme s'exaspère de la présence de tant de « princes-parasites ». Partout l'effort libéral entrait dans sa phase de rupture : les nationalités recomposées et reconnues réclament un cadre politique, l'unité et l'indépendance. La revendication se fait précise, exigeante, car le libéralisme est sorti du romantisme depuis qu'il a trouvé comme alliés les nouvelles associations républicaines, les sociétés secrètes, les groupes ouvriers ou anarchistes. Et, soudain, à l'automne 1847, se coalisent contre les forces de la « réaction » des hommes aussi divers que Pie IX, Charles-Albert de Sardaigne et Karl Marx, des élans aussi disparates que ceux de la Jeune-Italie, du libéralisme allemand et des républicains français. Le choc est imminent au moment où Lamartine lui donne un nom : « la révolution du mépris ».

S'il est une métaphore expressive pour caractériser l'explosion de 1848, c'est celle de « printemps de la liberté ». La brutale extension du mouvement, sa soudaineté ont plus d'un rapport avec l'irrépressible élan de la saison. Et la comparaison ne manque pas d'une certaine exactitude géographique : printemps français lourd en promesses, printemps violent et tourmenté d'Italie, printemps toujours plus bref et plus éphémère à mesure qu'on s'éloigne vers l'Est, de l'Allemagne à la Hongrie. La métaphore ne doit cependant pas dissimuler les causes profondes du bouleversement; elles sont de trois espèces : politique, idéologique, économique. Elles expliquent la vigueur de cette première floraison européenne de la liberté, mais aussi l'âpreté des rigueurs qui vont la saccager.

Comme en 1789, la révolution se fait, en apparence, contre une « Bastille » de préjugés politiques. Dans la réalité, et comme en 89 encore dans une certaine mesure, c'est pour un ordre social meilleur que lutte l'Europe, consciente ou non. Les crises toujours plus fréquentes, les ébats meurtriers du jeune capitalisme encore incertain de sa force et de son organisation, le servage politique, l'incurie des régimes « d'ordre et d'autorité », voilà ce que stigmatisent les libertaires de 1848. Il suffit d'une revendication politique pour faire tomber le masque impassible de la vieille Europe, et c'est un visage torturé qui apparaît. Est-ce celui du manoeuvre-enfant qui, dans les usines de France, accomplit ses dix-sept heures par jour, celui du serf russe ou du prisonnier politique allemand ? Impossible de le dire, il n'y a plus de distinction; toute l'Europe des faibles - prolétariat politique et prolétariat social - conjugue ses efforts pour arracher ici un droit, ailleurs une liberté. Ce qui frappe aussi dans ce mouvement de 1848, c'est, en dépit de la simultanéité des mouvements, cet anachronisme si flagrant des objectifs : l'Italie réclame ce que Juillet 1830 avait apporté à la France, celle-ci revendique ce que 1917 apportera à la Russie.

A Paris, où l'opinion avait été comme dans tout le pays soigneusement préparée par la « campagne des banquets », l'étincelle qui mit le feu aux poudres fut la décision prise en février 1848 d'organiser une manifestation monstre contre un régime « qui repose sur la corruption, la concussion et la dilapidation ». Par son « interdit » maladroit, le gouvernement exaspère le peuple et bientôt la chute de Guizot précipite le rythme du mouvement populaire, au lieu de le calmer. Le 24 février, au matin, tout Paris est en armes. Après l'échec de Bugeaud, chargé de la répression, les événements vont se précipiter : le roi abdique, le comité-directeur de l'« insurrection » se transforme en gouvernement provisoire, où siègent à côté de Lamartine et de Ledru-Rollin, l'ouvrier Albert et le publiciste Crémieux. Et la France de rompre, non seulement avec la royauté parlementaire, mais surtout avec le régime censitaire : d'un coup, l'introduction du suffrage universel faisait passer le nombre des électeurs de 250.000 à neuf millions. Un essai de « gouvernement par le peuple » marque les premiers pas de la jeune République : le 25, le nom de république est proclamé, en même temps que le droit au travail et le droit d'association ; le 28, sont créés les Ateliers nationaux au salaire uniforme de deux francs par jour. Par ailleurs, sous l'impulsion de la Commission de travail, les ouvriers s'organisent en un parlement professionnel qui vote le principe de la journée de dix heures. La proclamation successive des divers droits essentiels - liberté politique, liberté de presse, liberté de réunion - entretient une atmosphère d'euphorie patriotique. Mais le conflit latent entre les « nantis » de plus en plus inquiets et les « libérateurs » de la veille, devenus subitement pour les besoins de la cause les « rouges », éclate bientôt au grand jour et ce sont les terribles Journées de juin, « soulèvement désiré, préparé, obtenu » qui apportent, selon le mot de Victor Hugo, « la solution par l'écrasement du problème ». La bourgeoisie possédante respire, remerciant Cavaignac, le « restaurateur de l'ordre ».

En Italie, la situation était tout aussi tragique après l'enthousiasme des premiers mois. L'appel à l'indépendance populaire était venu du pape lui-même, le jour où Pie IX avait annoncé une nouvelle constitution, conforme au projet d'un Gioberti. L'élan qui emporte le pape lui-même fait plier tous les souverains italiens, de la Toscane à Naples. L'un d'eux, cependant, montre sa clairvoyance et profite de l'occasion pour saisir la direction du mouvement italien: Charles-Albert, confiant dans son armée s'annonce comme le rassembleur de l'Italie libérale. De tels espoirs se justifiaient pour qui considérait l'Autriche de 1848. Metternich a fui aux premiers troubles et la Constituante se montre incapable de faire oeuvre utile. L'agitation gagne Prague, Budapest, où Kossuth prend figure de chef; à leur tour, les Slaves du Sud s'agitent. L'Empire d'Autriche semble à la veille de sa ruine.

Il en est de même de la Confédération germanique. Le libéralisme allemand trouve son expression dans le Parlement de Francfort, qui révèle lui aussi bientôt son impuissance à remplir la moindre tâche constitutionnelle.

En Suisse, les haines politiques avaient redoublé depuis 1840. Elles furent causes de plusieurs révolutions cantonales, de la suppression des couvents d'Argovie, des expéditions de corps-francs contre Lucerne et finalement du Sonderbund ou alliance séparée conclue entre les sept cantons formant la minorité catholique. La Diète somma les cantons dissidents de briser leur alliance. Ils refusèrent et la guerre civile du Sonderbund éclata (1847). Les troupes catholiques furent défaites à Gisikon par les troupes fédérales de Dufour. Les cantons du Sonderbund, occupés militairement, durent se soumettre et renoncer à leur entente. L'année suivante (1848) une nouvelle constitution fédérale fut acceptée par la majorité du peuple suisse. Elle transformait la Confédération de 1815 en un Etat fédératif, plus solide. La souveraineté des 22 cantons demeurait reconnue, mais elle était limitée par le pouvoir fédéral, qui devenait permanent.

Dans toute l'Europe, la réaction va se faire suivant le même réflexe qu'à Paris : devant la révolution qui s'attaque aux bases de l'ordre établi, on prend peur. Et c'est partout la même issue. Que pouvait-on espérer de la rencontre entre la force généreuse et inorganisée des révolutionnaires et celle, plus efficace, des armées, sur lesquelles s'appuient les princes ? A Berlin, Manteuffel renvoie la Diète en province et la présence de l'armée, autour du roi, rétablit l'autorité. Le pape hésite encore, cependant que Ferdinand dissout l'Assemblée de Naples. C'est aussi le sort des armes qui va rétablir l'équilibre autrichien : en Italie, Radetzky écrase Charles-Albert, tandis que Schwarzenberg divise pour régner, s'appuyant sur les Slaves du Sud pour réduire les Hongrois de Kossuth qu'achève l'intervention russe. La sécession hongroise écrasée, le mouvement révolutionnaire s'arrête. Deux grandes puissances ont été épargnées : la Russie et l'Angleterre.

La politique de Nicolas Ier, si déplorable par ailleurs, eut pour résultat certain d'épargner à son pays la crise de 1848. Dans la marche polonaise, d'où le terrible Paskiévitch partira contre Kossuth, l'air est irrespirable, tout comme dans la Russie. L'Angleterre, elle, échappe à la commotion européenne, parce que la réforme de 1832 a, sur certains points, déjà satisfait aux revendications politiques, communément réclamées en 1848.

Deux faits retiennent l'attention en ce milieu de siècle.

D'abord le déplacement capital qui s'est produit dans l'équilibre politique de l'Europe : les deux puissances germaniques rivales qui, durant le XVIlle siècle, s'étaient réconciliées aux dépens de la Pologne, l'Autriche et la Prusse, vont se brouiller à propos de l'Allemagne. 1848 a ébranlé l'Autriche qui se recueille, puis reprend vie, sous l'impulsion de Schwarzenberg. Ce nouveau champion de la réaction entend restaurer le statut de 1815 et, selon une image qui lui est familière, l'Autriche, grand arbre séculaire, doit étendre ses rameaux sur l'Allemagne comme sur les Balkans. Aussi soutient-il les princes allemands, dépositaires de l'ancien pouvoir contre la Diète de Francfort, dans laquelle Frédéric-Guillaume, par un revirement intéressé, voit subitement la préfiguration de l'Allemagne et dont il appuie par conséquent les revendications. Mais la partie n'est pas égale, et la Prusse enregistre la reculade d'Olmütz comme un affront à venger le plus tôt possible.

Le revirement français est tout aussi important. Le prestige de la légende napoléonienne fait sortir des urnes populaires le prince-président Louis-Napoléon. Il n'avait pour lui qu'un nom ; il sut habilement fortifier sa position en dispensant promesses et garanties. Il appuie la loi Falloux pour s'attacher les catholiques ; il semble se soucier du sort de la classe ouvrière; il use largement du plébiscite pour sauver l'apparence démocratique du régime, au moment même où il le transforme profondément ; il reprend une politique de prestige, encourageant, partout, contre les grands Etats rivaux, les aspirations des minorités nationalistes. L'homme promet beaucoup, mais il est surtout « joueur ».

Son premier coup heureux sera l'opération du 2 décembre 1851, qui assure à ce « jouisseur endetté » la libre disposition du poste lucratif qu'on lui a confié. Au moment où il engage son « grand jeu », Napoléon III doit compter avec des partenaires comme Cavour et Bismarck, qui, fait important, entre en scène quand Schwarzenberg disparaît.

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Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 

 
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