LES MENSONGES DE L'HISTOIRE

Dans ce dossier nous reviendrons sur diverses croyances historiques qui en réalité ne sont pas fondées. Nous verrons aussi quelques unes des manipulations possibles dans le domaine de l'histoire.

 

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Une légende: le droit de cuissage

 
 

Le droit de cuissage n’a jamais existé !  C’est une invention des historiens du 18ème, qui fut reprise par ceux du 19ème.  Le principal coupable fut Voltaire, qui, notons-le au passage, n’en était pas à sa première invention (ainsi le Masque de Fer, qui était en fait en velours). Mais peut-être plus qu’à Voltaire c’est à Jules Ferry que l’on doit en vouloir. 

Lorsqu’il instaura les programmes scolaires il fit tout pour que "l’avant-République" soit si mal présenté qu’aucun enfant ne veuille jamais retourner à un système autre que le républicain…ainsi les ceintures de chasteté furent complètement inventées, en fait elles ne datent pas du Moyen Age mais du 17ème... Michelet, le grand historien, contribua aussi, et semble-t-il volontairement, à rendre le Moyen Age aussi obscur et crasseux que possible ; lui aussi se devait d’être un « bon historien républicain ». Concernant l’hygiène, ce n’est qu’au 16 et 17ème siècle que les gens vont véritablement cesser de se laver, les huguenots firent fermer bien des bains, ces terribles lieux de perdition…Revenons à notre droit de cuissage.

Dans Les Droits du seigneur sous la féodalité (1878, de Charles Fellens, illustre méconnu) est un manuel typique de l’enseignement de cette période républicaine qui s’attachait à dénigrer l’avant révolution. C’est ce livre qui transmis à la mémoire collective les mensonges du droit de cuissage et autres humiliations administrées aux époux par le seigneur. 

Heureusement la belle et grande Révolution avait supprimé ces abus…Toujours dans le même goût, l’ouvrage d’un certain Clerget qui nous apprend que lors de soirées trop fraîches il n’était pas rare que les seigneurs éventrent 2 de leurs serfs pour se réchauffer les pieds ! (comme si un seul n’aurait pas suffit…). C’était ce qu’il appelait le « droit de prélassement »…naturellement le citoyen Clerget ne citait pas ses sources.

En fait notre fameux droit de cuissage serait aussi né d’une confusion par rapport à une expression de droit coutumier ; en effet les mariages étaient interdits en dehors de la seigneurie, il fallait payer une somme d’argent si on tenait à le faire, cette taxe s’appelait « coulage », qui vient du latin cullagium qui signifie collecte, mais certains esprits malicieux on vite faite de transformer coulage en…culage.

Il existait par contre un droit de « jambage », qui consistait à ce que le seigneur mette l’une de ses jambes dans le lit des jeunes mariés (c’est comme ça vous savez, le folklore…) ; en tout cas c’est bien ce droit de jambage qui va se transformer, toujours grâce à l’esprit mal tourné de certains, en droit de « cuissage ».

Mais avouons tout de même que dans certains pays le droit « cuissage », au sens où on l’entend, fut de mise. Ainsi en Ecosse, un texte du 16ème nous apprend que le roi renonçait à son droit en échange du paiement d’un mark d’argent (le mot mark venait de cheval, ce qui signifiait qu’il avait le droit de chevaucher la mariée…). Bref, le droit de cuissage a exister malgré tout dans certaines régions, mais il ne se borne pas au Moyen Age comme les « jules-ferryste » tiennent à nous le faire croire.

     

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Sources :

Dossier réalisé d’après le livre de Guy Breton:  Les beaux mensonges de l’Histoire . A découvrir ou commander ici.

 
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