C’est
aussi en grande partie de Michelet
que nous vient la légende des fameuses « terreurs
de l’an mille » ( mil ou mille
c'est comme on veut); c’est par une simple phrase de
Michelet que la légende se répandit :
« C’était
une croyance universelle au Moyen Age que le monde devait
finir avec l’an mille de l’Incarnation ».
Ce
qui est spécifique à cette phrase c’est qu’elle ne
repose sur aucune vérité historique (ce qui est plutôt
contrariant chez un historien).
C’est
l’interprétation fallacieuse de quelques phrases de l’Apocalypse
(au chapitre 20) qui explique le malentendu. En bref ça
donne à peu près ceci :
« …le
diable est lié pour 1000 ans…quand les 1000 ans seront
accomplis Satan sera relâché de sa prison… »
Quelques clerc ne manquèrent pas
d’interpréter cela à leur guise, ainsi que Michelet le fera
à leur suite. Ce dernier va s’acharner sur le thème pour en
faire quelque chose d’incontestable (non par mesquinerie,
Michelet croyait ce qu’il écrivait) ; Michelet à trouvé là un bon
filon…il va l’exploiter jusqu’au bout !
Mais
finalement il suffit de se pencher sur les Chroniques
de cette époque pour se rendre compte que les hommes de
l’an mille ne mourraient pas d’effroi.
Pourtant
il existe des textes, des chroniques relatant la proche fin
du monde pour l’an mille, ils sont deux…Celui
de l’abbé Abbon (
prononcer ça à tout vitesse plusieurs fois…) du monastère
de Fleury-sur-Loire (aujourd’hui Saint-Benoît), écrit
qu’il entendu dire, vers 960, que la fin des temps était
pour l’an mille, mais il ajoute qu’il n’y a pas cru et
que c’était une prophétie tout à fait ridicule.
Le
second texte nous donne plus de détails sur les événements
qui auraient annoncés la fin des temps (tremblements de
terre, comètes…) mais il a un défaut majeur, il date de
1689…
De
même les bulles
pontificales entre 970 et l’an mille (on en a 150
environ) ne comporte pas la moindre allusion à la fin du
monde ; il y eut aussi des synodes qui se réunirent
dans cet intervalle, dans leurs actes il n’est jamais
question de la destruction de la terre…Il
n’y eut donc pas de clergé avide qui voulait profiter des
peurs de fin du monde.
Le
grand Michelet paraît bien peu rigoriste et plutôt enclin
à suivre ses passions anti-cléricales et pro républicaines,
il est regrettable d’avoir à dire que son travail n’est
pas celui d’un historien. Ainsi Sainte-Beuve dit de lui
que c’est un charlatan. Marc
Bloch dénonce aussi Michelet dans l’un de ses
ouvrages, La Société féodale, notamment sur
le fait que la plupart des gens à ce moment là ne
connaissait pas la date à laquelle il vivait…dans ces
conditions il est plutôt difficile d’arrêter une date de
fin du monde.
Pour
accabler encore un peu plus Michelet, relatons les propos de
Kléber Haedens :
« Michelet est affligé
d’une absence totale de jugement critique ».