Les tragiques événements du
11 septembre 2001 ont généré de multiples interprétations pour
en déterminer la responsabilité réelle. Certaines d’entre elles,
qui propagent l’idée d’une conspiration de l’intérieur, peuvent
nous sembler farfelues ; elles font pourtant de nombreux
adeptes. L’Internet favorise la dissémination rapide et tenace
des théories du complot qui y prolifèrent. Il vaut la peine de
s’y attarder.
Versions
différentes
La version officielle du
gouvernement américain tient des fondamentalistes islamiques
responsables des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Ils
auraient été guidés et soutenus par l’organisme terroriste
Al-Qaida d’Oussama Ben Laden. D’autres versions nous assurent,
indices à l’appui, que ces attaques ont été orchestrées par le
gouvernement américain lui-même. Et elles gagnent du terrain.
Les « sceptiques » qui se méfient de
la version gouvernementale en ont remis en doute de nombreux
aspects. Thierry Meyssan, écrivain français, fut l’un de ceux
qui l’a fait dès le début avec un succès indéniable. Son livre
L’efroyable imposture s’est vendu à plus de 200 000
exemplaires en France seulement, et aurait été traduit en 28
langues. Depuis cinq ans, de nombreux autres livres et sites Web
proposent d’autres interprétations surprenantes des attentats du
11 septembre avec un succès croissant auprès du public. Des
sondages révéleraient que 40 % des Américains croient à une
quelconque participation du gouvernement américain dans ces
événements terroristes. Ce chiffre serait environ de 20 % au
Canada, de 25 % en Europe et de plus de 50 % en Amérique latine,
dans le monde arabe et en Russie. Voyons plus en détail ce que
proclament les adeptes du complot gouvernemental et les avis
contraires de nombreux experts sur ce sujet.
L’attaque sur le Pentagone
Arguments conspirationnistes
: Selon Meyssan, ce ne serait pas un avion qui aurait percuté le
Pentagone, mais probablement un missile. Il apporte comme preuve
que le trou visible dans le mur du Pentagone n’a que
cinq mètres de diamètre, alors que
le fuselage d’un Boeing mesure plus de douze mètres de diamètre
– sans compter des ailes d’une envergure de près de 40 mètres.
De plus, on n’aurait trouvé aucune pièce d’avion dans les débris
à l’intérieur du Pentagone. Il admet que c’est bien une pièce
d’avion qu’on voit sur la pelouse (une des premières photos
publiées), mais rien n’indique qu’elle provient du vol allégué,
selon lui.
Réalité : L’analyse des lieux de la catastrophe, dans les
jours qui suivirent, révèle d’autres faits importants (DUNBAR
et Reagan. Debunking 9/11 Myths, Hearst Books, New York,
2006.)
dont ne tiennent pas compte Meyssan
et autres « conspirationnistes ». D’abord, l’avion qui s’est
écrasé sur le Pentagone a percé deux trous, un d’environ
27 mètres et un de 5 mètres.
Celui de 27 mètres n’a été visible que 19
minutes, puisque toute la façade extérieure où il se
situe s’est écroulée à la suite du choc de l’appareil et du feu
qui s’est déclaré à l’intérieur des murs ; il est plus petit que
l’envergure des ailes puisque celles-ci ont préalablement frappé
des obstacles sur le sol avant de toucher le mur. De plus,
l’angle de frappe n’était pas perpendiculaire au mur. Le trou de
5 mètres a été percé par le train d’atterrissage, éjecté sous le
choc initial et retrouvé des dizaines de mètres plus loin à
l’intérieur des murs du Pentagone. Quoi d’autre y avons-nous
retrouvé ? La boîte noire, des
morceaux du fuselage et un
siège du cockpit, entre autres. On
y a de plus identifié 184
des 189 personnes tuées, incluant 63 des 64 passagers de l’avion
(vol 77), dont les cinq pirates de l’air. Des centaines de
témoins, dans les rues et édifices avoisinants, ont raconté aux
journalistes avoir vu l’avion juste avant qu’il ne percute le
Pentagone ; nombre d’entre eux affirment avoir reconnu le sigle
d’American Airlines sur l’avion. De plus, plusieurs passagers du
vol 77 ont téléphoné à leurs proches avant qu’il ne s’écrase.
Soubresaut
conspirationniste :Que répond Meyssan devant cette
accumulation de preuves provenant de multiples sources ? Il fait
remarquer que c’est le gouvernement américain qui a dirigé les
recherches et publié le rapport. Il note des différences dans
les faits rapportés en tout premier lieu par les journalistes et
les résultats de l’enquête effectuée par des experts payés par
le gouvernement. Quand on lui demande ce qu’il est arrivé aux
passagers du vol 77, il réplique qu’il n’en sait rien.
L’affaissement des tours jumelles
Arguments conspirationnistes :
Selon les adeptes de la théorie du complot, les deux plus
hautes tours du World Trade Center ne se seraient pas effondrées
à la suite de l’impact des avions qui les ont percutées et des
incendies qui s’ensuivirent. Un diabolique plan de démolition,
fait d’explosifs progressivement détonnés, aurait causé la chute
spectaculaire de ces édifices. Comment d’ailleurs pourrait-on
expliquer les énormes dommages au lobby de ces immeubles peu
après un impact 90 étages plus haut ? Ils font aussi remarquer
que le feu produit par du kérosène ne donne pas
suffisamment de chaleur (1200º)
pour faire fondre les colonnes d’acier
(1500º
seraient nécessaires). De plus, lors
de l’effondrement des tours, on a pu voir des
nuages de béton pulvérisé projetés
avec violence hors de chaque étage des édifices à mesure qu’ils
tombaient les uns sur les autres. Une telle force d’éjection de
fumée ne peut être attribuable qu’à des explosifs, prétendent
les conspirationnistes. On soutient même que les avions qui ont
percuté les tours ne provenaient pas de vols commerciaux, mais
seraient plutôt des avions cargo contrôlés
à distance !
Réalité :
Au lieu de se fonder sur des faits
épars, des centaines d’experts provenant de facultés
universitaires, du secteur privé et du gouvernement, ont étudié
les causes possibles de l’effondrement des tours à partir de
tous les faits disponibles concernant l’impact, l’incendie et la
structure du bâtiment. Ils ont conclu que la force d’impact, qui
faucha de nombreuses colonnes sur plusieurs étages, et
l’incendie majeur qui s’ensuivit détruisirent l’intégrité
structurelle de l’édifice, qui s’effondra. Ils
expliquèrent aussi chacune des objections des
conspirationnistes. Par exemple, le kérosène des réservoirs de
l’avion qui ne brûla pas dans l’impact causa peu après des
explosions dans le lobby de l’édifice au rez-de-chaussée en
s’engouffrant dans les cages d’ascenseur. Aussi, même si l’acier
ne fond pas à 600º,
il perd 50 % de sa force à cette
température et perd 90 % de sa force à 1000º.
On estime que les flammes ont atteint près de 1000º
en brûlant les milliers de litres de kérosène de l’avion et les
matériaux dans l’édifice, tels murs, tapis, ameublement, papier,
etc. Les nuages de fumée projetés, étage après étage,
proviennent de l’air comprimé par les
étages de l’édifice s’écroulant les uns sur les autres.
D’ailleurs, il aurait fallu un dispositif inimaginable pour
faire sauter les étages les uns à la suite des autres, en plus
de placer à l’avance des bombes collées sur les colonnes
principales sans que personne ne s’en aperçoive. Selon Boeing,
ces avions ne peuvent être télécommandés. On a par ailleurs
réussi à identifier les restes de certains passagers de ces
vols, sans compter les témoins oculaires et les appels de
certains passagers de ces vols à leurs proches précisant que
leur avion était piraté.
L’affaissement de la tour 7
Arguments conspirationnistes :
Outre les tours jumelles de 110 étages du World Trade Center,
un autre édifice important, la tour numéro 7 de 47 étages, s’est
effondré le 11 septembre 2001, sept heures après les tours
principales. La plupart des adeptes des théories du complot,
incluant Meyssan, soutiennent qu’elle s’écroula à la suite d’un
dynamitage planifié par le gouvernement américain. Le feu,
allumé par les débris de la chute de la plus proche des tours
jumelles, n’aurait pas pu suffire à la faire s’écrouler. Aucune
tour de ce genre dans le monde ne s’est effondrée à cause d’un
incendie. D’ailleurs, cette tour n’abritait-elle pas
d’importants bureaux des Services secrets américains et de la
CIA ? Il fallait faire disparaître des preuves compromettantes,
concluent les conspirationnistes.
Réalité :
La réponse des experts en structure
attribue l’effondrement de la tour 7 au violent incendie qui y a
fait rage pendant sept heures, allumé par des débris
incandescents provenant de la chute de la tour de 110 étages à
proximité. On aurait aussi d’abord sous-estimé l’ampleur des
dommages à la structure de l’édifice ; la chute des débris de la
tour adjacente aurait littéralement
arraché les colonnes de dix étages de la face sud de l’édifice
sur 25 % de profondeur. L’ampleur de cette destruction
n’était pas visible à cause de l’épaisse fumée qui sortait du
brasier.
Les conspirationnistes n’apportent évidemment aucune preuve de
la préparation et de l’exécution du dynamitage postulé.
L’avion abattu
Arguments conspirationnistes :
Un seul des quatre avions piratés le 11 septembre n’a tué
que ses propres passagers, celui du vol 93. Certains
conspirationnistes soutiennent qu’il fut abattu par un
bombardier F-16 ou par un jet blanc inconnu. Quelques-uns, à
l’opposé, racontent qu’il a atterri sans problème à Cleveland.
On prétend également que les appels faits par les passagers du
vol à leurs proches ont été trafiqués puisqu’il n’est pas
possible de se servir d’un portable à bord d’un avion volant à
haute altitude.
Réalité :
Rappelons que cet avion percuta le
sol à plus de 900 kilomètres à l’heure près de Shanksville en
Pennsylvanie. Il y créa un cratère de près de dix mètres de
profondeur. À cette vitesse, l’avion se désintègre en petits
morceaux, à l’exception de quelques pièces plus larges, tel un
ventilateur de moteur retrouvé 300 mètres
plus loin. Une équipe de coroners identifia d’ailleurs
les restes de nombreux passagers. Le pilote du F-16 nommé était
à des milliers de kilomètres de Shanksville au moment du crash.
Le jet blanc a été identifié : c’était un jet privé auquel on
avait demandé de survoler le site de l’écrasement puisqu’il
était alors près de là. Au moins douze appels par portable ou
téléphones de l’avion témoignent des dernières angoissantes
minutes lorsque certains passagers ont tenté de reprendre, sans
succès, le contrôle de l’avion. Les boîtes noires retrouvées
font état de la même séquence d’événements.
Habiletés de pilotage contestées
Arguments conspirationnistes :
L’identité même des terroristes est souvent remise en
question par les conspirationnistes. Comment 19 étudiants arabes
auraient-ils pu faire voler des avions commerciaux complexes et
atteindre des cibles précises ? On soutient même que les pirates
n’étaient pas sur la liste des passagers.
Réalité :
Bien qu’il semble acquis que la
compétence des terroristes pour piloter de gros avions était
limitée, ils n’avaient pas à faire les manœuvres les plus
difficiles, telles que le décollage, le vol par temps inclément
et l’atterrissage. Ils auraient aussi accumulé plus de
250 heures de vol et finalement
obtenu leur licence de pilotage. Ils ont alors pu suivre des
cours de simulation de pilotage de gros porteurs. Munis de
récepteurs GPS, ils connaissaient aussi la position numérique
exacte de leurs cibles respectives, visibles d’ailleurs par
temps clair à des dizaines de kilomètres de distance. Ils
n’avaient qu’à entrer les coordonnées dans le système de gestion
de l’avion, comme ils l’avaient fait sans doute nombre de fois
sur un simulateur de vol durant leur formation. Ils étaient tous
sur la liste de passagers, on connaît même le numéro de leur
siège. De plus, des caméras de surveillance aux aéroports
concernés en ont capté plusieurs avant le décollage. On a
retrouvé aux aéroports concernés des effets leur appartenant
dans des voitures de location.
Sélection des faits
Les conspirationnistes du 11
septembre représentent des exemples extrêmes d’une erreur
d’argumentation très commune : ne retenir
que les faits qui soutiennent la thèse qu’on veut prouver.
Ils ne voient que le trou de 5 mètres dans le mur du Pentagone
et concluent à l’impact d’un missile puisqu’un avion d’une
envergure de 40 mètres aurait dû percer un trou beaucoup plus
grand ; celui-ci pourtant existe, caché par l’effondrement de la
façade. Ils citent des journalistes qui, peu après l’impact,
rapportent ne pas avoir vu de pièces d’avion sur le site de
l’écrasement et ignorent les pièces d’avion et les restes de
corps retrouvés dans les jours suivants, sans compter les
centaines de témoins oculaires de l’écrasement. Satisfaits des
apparentes anomalies et contradictions rapportées dans les
premiers reportages, ils ignoreront les faits rapportés plus
tard en alléguant qu’ils proviennent d’analyses gouvernementales
suspectes, puisque c’est le gouvernement américain qui, selon
eux, est responsable des attaques. Plutôt que d’examiner les
nouvelles preuves apportées, ils concentreront leurs efforts sur
des spéculations plus ou moins vraisemblables sur ceux qui
auraient les motifs et les moyens de conduire ces attaques. Ils
ne retiennent donc qu’une interprétation restrictive de certains
faits dans le sens de leur thèse ; ce qu’ils ne pourraient pas
faire s’ils tenaient compte de tous les autres faits pertinents.
De plus, ils négligent de vérifier les compétences et les
affiliations de leurs experts ; ils choisissent ceux qui
confirment leurs thèses.
Justifications circonstancielles
Le documentaire Loose Change, vu par
plus de deux millions d’internautes, suggère de nombreuses
pistes circonstancielles pour ainsi tenter de prouver que le
gouvernement américain savait que les attaques du 11 septembre
allaient se produire et y aurait activement participé. Il
soutient, par exemple, que plusieurs militaires de haut rang du
Pentagone ont annulé leurs plans de vol pour la journée du 11
septembre. Ils font grand cas d’actions de compagnies aériennes
vendues en nombre excessif juste avant cette date. Des analyses
subséquentes ont démontré que ces suspicions étaient soit non
fondées, soit des coïncidences relativement probables. Ce film
se sert aussi d’événements similaires pour prouver par analogie
que les tours du World Trade Center n’auraient pas dû tomber. Il
cite l’écrasement d’un bombardier en 1945 sur l’Empire State
Building, qui ne s’est pas effondré sous le choc et l’incendie
qui s’ensuivit. Ils soutiennent qu’aucun gratte-ciel ne s’est
écroulé à la suite d’un incendie, si majeur fut-il. Toutefois,
ces analogies ne tiennent pas : un bombardier de la Seconde
Guerre mondiale est beaucoup plus petit qu’un Boeing récent, la
structure des deux édifices en question est très différente. De
plus, aucun édifice semblable aux tours jumelles n’a subi à la
fois un choc aussi important à sa structure et un incendie
alimenté par des dizaines de milliers de litres de kérosène.
Même si une analogie ne peut constituer une preuve, elle peut
parfois servir à une meilleure compréhension d’un argument –
encore faut-il qu’elle reflète bien les facteurs en cause, ce
qui n’est manifestement pas le cas.
Marginalisation des opposants
Les conspirationnistes laissent
entendre que la version officielle n’est soutenue que par le
gouvernement américain. Cette version repose pourtant sur l’avis
de centaines d’experts provenant des milieux universitaires, de
l’industrie, en plus du gouvernement lui-même. Le magazine
Popular Mechanics, qui a mené une enquête indépendante sur
ces événements, a consulté plus de 300 experts, autant du
secteur privé que du secteur public. De nombreuses écoles de
génie américaines ont fait de l’effondrement des tours des
projets de grande envergure – et sont arrivées aux mêmes
conclusions que la version officielle. Les conclusions de ces
enquêtes proviennent d’une patiente reconstruction des
événements, fondée sur des analyses pointues des dommages
attribuables à l’impact et des ravages des incendies sur la
structure des édifices. Elles reposent aussi sur des centaines
de récits de témoins oculaires, sur des milliers de
photographies et de vidéos. À l’opposé, les spéculations des
conspirationnistes se fondent sur les apparences initiales,
quelques photos bien choisies, des erreurs de reportage, des
analyses bâclées et des prétendues impossibilités physiques
qu’ils refusent de reconsidérer, même devant les nombreuses
preuves contraires apportées.
Convictions aveuglantes
Les convictions idéologiques
condamnent parfois par simple analogie : si le gouvernement nous
a menti au sujet des armes de destruction massive en Irak pour
l’envahir, il l’avait donc fait également au sujet des
événements du 11 septembre, croit-on. Mais accuser le
gouvernement de mensonge n’est pas la même chose que de
l’accuser d’avoir tué 3000 de ses citoyens comme prétexte à une
guerre. Encore une analogie qui ne tient pas et qui d’ailleurs
ne pourrait servir de preuve. Supposer que le gouvernement
américain a lancé un missile sur le Pentagone, abattu l’avion
piraté qui s’est écrasé en Pennsylvanie et détruit les tours
jumelles avec des explosifs implique que des centaines de
complices ont collaboré avec lui pour tuer d’innocents
concitoyens. Comment se fait-il qu’aucun n’ait parlé ? Est-il
raisonnable de penser que tant de gens puissent garder le
silence aussi longtemps ? Nous parlons ici non seulement des
mystérieux collaborateurs dans ces affreux crimes, mais aussi
des contrôleurs aériens, des journalistes, des témoins oculaires
; sans oublier les parents des victimes qui ont communiqué avec
elles par téléphone avant leur mort et ont fourni empreintes
dentaires et ADN pour identifier les restes humains. Nous
faisons aussi référence à tous ceux qui ont participé au
nettoyage, aux recherches et aux analyses. Il faudrait supposer
que tous ces gens sont complices de ces horribles meurtres ! Le
feraient-ils sous la menace ou achetés par des pots-de-vin ou
encore par un patriotisme incompréhensible ?
Autre illustration de l’insidieuse
puissance des convictions personnelles : qui aujourd’hui épouse
le plus la théorie du complot ? Réponse : les Russes, les
Sud-américains et les Arabes. Plus on se méfie du gouvernement
américain, semble-t-il, plus on a tendance à croire au complot
gouvernemental. Ce qui tend à démontrer, encore une fois, que
les convictions idéologiques y tiennent une large part.
Conclusion
Les conspirationnistes commettent
l’erreur d’argumentation la plus commune :
ne pas tenir compte des faits qui
contredisent leurs thèses. Une question ne se résout
pas par une logique argumentative restrictive ; il faut
connaître les faits pertinents et tenter de tous les expliquer
de façon cohérente. Analogies et justifications
circonstancielles ne constituent pas des preuves suffisantes ;
ces explications simplistes sont plus
faciles à comprendre, mais nous induisent souvent en erreur.
Nos convictions personnelles peuvent facilement obscurcir notre
jugement. Il faut vouloir exercer son esprit critique sur tous
les aspects de l’affaire. Il est beaucoup plus facile de croire
qu’on a des arguments décisifs que d’essayer de comprendre
pourquoi les arguments de l’opposant lui paraissent aussi
solides.