ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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La conquête de l'Est et les chevaliers teutoniques
 
 

L'un des faits les plus remarquables de l'histoire allemande est l'expansion de l'Allemagne à l'est. Si ses princes avaient été naguère repoussés par les Slaves jusqu'à l'Elbe et à la Saale, en revanche, du Xe au XIVe siècle, d'importants territoires furent reconquis à la suite de violents combats. Bien entendu, il ne faut pas chercher dans cette entreprise une manifestation de l'orgueil national; elle fut le fait de princes isolés qui cherchaient à satisfaire leur besoin de puissance et leurs intérêts économiques.

Les anciennes marches, établies par Charlemagne à la frontière de l'empire, furent transformées par les rois saxons en une chaîne de margraviats qui s'allongeait du Danemark à la Hongrie. Les rois saxons, Henri Ier, Othon Ier et Lothaire, s'employèrent activement à reconquérir les territoires perdus; cependant, dans l'ensemble, ce sont moins les empereurs, asservis par les intérêts de l'empire, que les princes qui menèrent à bien la conquête et colonisèrent les territoires acquis, notamment les margraves Billung et Gero, Albert l'Ours et Henri le Lion, les comtes de Schaumbourg et de Meissen-Wettin, et enfin, dans les Alpes orientales, les Babenberg. Le pays conquis fut systématiquement colonisé au XIIe et au XIIIe siècle. Des Allemands l'envahirent en si grand nombre que la population slave ne représenta plus qu'une minorité et se fondit dans la masse des vainqueurs ; ailleurs, il semble même que les Slaves aient été complètement anéantis. La civilisation la plus avancée se substitua à la civilisation primitive. Les dieux slaves disparurent devant le christianisme. Dans le domaine matériel aussi, les Slaves avaient tout à apprendre; ce sont les Allemands, par exemple, qui remplacèrent leurs charrues de bois par des socs de fer.

Au nord, le duché de Mecklenbourg se constitua. La Poméranie, conquise par Lothaire, n'en resta pas moins longtemps aux mains d'un prince autochtone qui reconnaissait la suzeraineté de l'empire. Le margraviat de Brandebourg s'étendit d'abord jusqu'à l'Oder, puis, augmenté du territoire de la Nouvelle Marche, loin vers l'est. La Silésie, primitivement dominée par la Pologne, entra dans la sphère d'influence allemande au XIIe siècle. Les ducs autochtones de la famille des Piastes travaillèrent eux-mêmes à la germanisation du territoire. A la suite de partages, un grand nombre de petits duchés se constituèrent en Silésie, sous la suzeraineté des Luxembourg de Bohême d'abord, puis sous celle des Habsbourg. La Bohême et la Hongrie connurent, à leur tour, l'emprise allemande; les territoires le long de leurs frontières furent colonisés, les seigneurs qui les possédaient ayant, dans plus d'un cas, appelé les Allemands à leur aide. La Bohême fut l'amie de l'Allemagne pendant des siècles et ne se détacha d'elle qu'à la suite des événements qui furent suscités par Jean Huss. La dynastie bavaroise avait lentement colonisé les vallées des Alpes orientales, apportant à ce travail, accompli pacifiquement le plus souvent, une infatigable persévérance. La Marche de l'Est, instituée par Charlemagne, devint le duché des Babenberg et fut le berceau de l'Autriche. La pression allemande s'exerça jusque sur la Carinthie, la Carniole et la Hongrie.

Les chevaliers teutoniques

Etablis depuis longtemps sur le rivage de la mer Baltique, les Prussiens, au XIIIe siècle, étaient encore barbares; ils offraient à leurs dieux des sacrifices humains, faisaient périr les vieillards et les enfants mal venus, brûlaient les esclaves avec le cadavre de leur maître. Ils avaient souvent fait couler le sang des martyrs, depuis le temps de saint Adalbert et de Bruno de Querfurt. Au début du XIIIe siècle, les Cisterciens d'Oliva tentèrent de reprendre à leur compte l'oeuvre d'évangélisation; ils n'eurent pas plus de succès que leurs prédécesseurs. Le duc polonais Conrad de Masowie, duquel les Prussiens relevaient, sollicita l'aide des chevaliers teutoniques et leur octroya le territoire de Culm, au bord de la Vistule. Avec l'assentiment de l'empereur et du pape, l'Ordre se mit à l'oeuvre en 1228 et sut faire de la contrée qui lui était confiée une principauté allemande indépendante, d'un caractère tout particulier. Il fallut aux chevaliers soixante années de guerre pour soumettre les Prussiens. Ils entreprirent simultanément et avec succès la colonisation et la germanisation du pays. Ils recrutaient continuellement de nouveaux renforts dans les rangs de la jeune noblesse d'Allemagne et appelèrent des paysans et des artisans allemands à résider dans le pays. En 1247, ils attaquèrent les Lituaniens qui régnaient sur un vaste royaume. Les expéditions ou « voyages paiens » contre les Lituaniens occupèrent tout le XIVe siècle et donnèrent aux chevaliers l'occasion de déployer toute leur force combative. Conformément à leur destination première, ils se battaient contre les incroyants. Peu à peu, le pays des chevaliers teutoniques, conquis par les armes, organisé politiquement, devint un Etat considérable qui s'étendait de la Poméranie orientale au golfe de Finlande. Il était divisé entre les quatre évêchés de Samland, Culm, Ermland et Poméranie, sortes de fiefs ecclésiastiques, mais auxquels le Grand Maître de l'Ordre, qui résida au Marienbourg jusqu'en 1309, imposait son autorité de la façon la plus rigoureuse.

L'activité civilisatrice de l'Ordre fut plus remarquable encore que ses exploits guerriers et ses réalisations politiques. Dans l'espace de deux siècles, le pays balte fut arraché à la barbarie et transformé en un Etat civilisé qui possédait une riche économie rurale, des villes prospères et un commerce en plein essor. Les chevaliers allemands le gouvernaient d'une main ferme. Une noblesse terrienne s'était constituée qui reconnaissait l'autorité de l'Ordre auquel elle devait le service militaire; les campagnes étaient peuplées de serfs, l'humeur rebelle des Prussiens ayant obligé leurs maîtres à les assujettir complètement. A côté de centaines de villages, des villes nombreuses s'étaient développées. La bourgeoisie manifestait une grande activité industrielle et commerciale. Beaucoup de ces villes nouèrent des relations commerciales avec la Norvège et la Flandre, et l'Ordre lui-même entretenait un commerce prospère, ce qui le mit d'ailleurs, au milieu du XIVe siècle, en position délicate avec les villes. C'est sous le gouvernement du Grand Maître Winrich von Kniprode (1351-1382) que l'Etat des chevaliers teutoniques atteignit son apogée.

 

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Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 

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