ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Le Concile de Constance et la Révolution tchèque
 
 

En sa qualité de second fils de Charles IV, Sigismond continua la dynastie luxembourgeoise. Dans sa jeunesse, il fit preuve d'énergie et de résolution; pourtant, il y avait en lui une instabilité qui ne fit qu'augmenter à mesure que le temps passa; aussi, après un brillant début, son règne ne fut-il pas aussi fécond qu'on aurait pu s'y attendre. Toutefois, le fait n'est pas imputable à ses déficiences personnelles uniquement; les circonstances malheureuses que traversait l'empire ont une large part dans son insuccès. Les princes et les villes ne se laissaient plus guider que par leur égoïsme; la déchéance de l'Eglise paraissait sans remède; enfin, les Turcs menaçaient la frontière orientale.

L'ascension de Sigismond avait été rapide; il avait hérité du margraviat de Brandebourg, acquis la Hongrie par son mariage; les princes-électeurs lui confièrent l'empire en 1410; enfin, en 1419, à la mort de son frère Wenzel, il devint roi de Bohême. La première question à laquelle il s'attaqua après son avènement au trône de l'empire fut celle de l'Eglise; il sut la résoudre avec grandeur et victorieusement. Il obtint tout d'abord la réunion d'un concile à Constance que la fuite même de l'antipape Jean XXIII ne parvint pas à interrompre, tant l'empereur y fit preuve d'autorité. Grâce à lui, le schisme fut enfin réduit par l'élection d'un seul pape, auquel les autres durent faire place et dans lequel tous les fidèles reconnurent le chef de l'Eglise. Une fois de plus, le maître de l'empire avait joué son rôle d'arbitre et de protecteur de l'Eglise; le pape, enfin, rentrait à Rome et échappait à la tutelle des rois de France. Sigismond, il est vrai, fit comparaître Jean Huss devant le concile qui le condamna à mourir sur le bûcher; les préjugés de l'époque aboutirent à cette cruelle décision, mais elle eut des conséquences politiques très graves. Mort, Jean Huss ne fut pas oublié; les Tchèques respectèrent sa mémoire comme celle d'un saint; ils firent aussi de lui un héros national, à cause du double but qu'il avait cherché à atteindre par sa prédication. Un mouvement national tchèque s'éveilla; il eut un caractère populaire, car la haute noblesse et le haut clergé restèrent fidèles à l'Allemagne et à l'Eglise catholique. Aussi la colère du peuple tchèque se tourna-t-elle contre les Allemands, contre la noblesse, l'Eglise et le clergé. Mais les Hussites se divisèrent bientôt en deux groupes, les modérés et les exaltés; les premiers demandaient seulement la communion sous les deux espèces « sub utraque species »: on les appela les Utraquistes; les autres, ou Taborites, rejetèrent le dogme catholique sur bien des points; leur doctrine se rapprochait beaucoup de celle que Luther devait enseigner au siècle suivant. Parmi eux, quelques extrémistes se donnaient pour anarchistes et communistes; ils rêvaient du jugement dernier, de l'avènement du millénium, durant lequel la présidence du tribunal divin serait confiée aux Hussites. Bientôt, ils prirent les armes, se croyant appelés par Dieu à la vengeance et livrèrent à leurs adversaires une guerre atroce, qu'ils menèrent avec fanatisme. Leur chef était un aveugle, Ziska, dont le génie sut rassembler les paysans et les ouvriers en une armée redoutable. Le pape Martin V chargea l'empereur d'organiser une croisade contre les hérétiques. Mais, entre 1420 et 1422, l'armée impériale perdit plusieurs batailles. La révolution religieuse marchait de pair avec une révolution politique et sociale; les Hussites offrirent le trône à un Polonais, puis à un Lituanien; ils voulaient établir le règne de l'égalité en mettant fin à la propriété privée et aux différences sociales. Après la mort de Ziska en 1424, les Taborites se scindèrent en deux groupes, dont l'un était plus modéré que l'autre. Cependant, la guerre continua, conduite par Prokop le Grand et les Hussites remportèrent de nouvelles victoires; mais, peu à peu, ils s'adonnèrent surtout au pillage que pratiquaient des bandes organisées et devinrent ainsi la terreur des territoires environnants. Les pays du centre de l'Allemagne eurent longtemps à souffrir de leurs incursions.

Les guerres des Hussites ont révélé combien le morcellement de l'empire avait fait de progrès. Quand les Tchèques avançaient mettant tout à feu et à sang sur leur passage, tout le monde parlait d'une grande action commune contre eux, mais on en restait là. L'organisation militaire n'existait pas et les efforts que tenta Sigismond pour améliorer la situation restèrent vains. A force de pourparlers avec les villes et les princes, on parvenait parfois à réunir une petite armée d'empire. L'une d'elles pénétra en Bohême en 1431, mais, à la vue des hordes tchèques déchaînées, elle se retira aussitôt, sans avoir combattu. Les événements de Bohême font aussi toucher du doigt la décadence spirituelle de l'Occident: un peuple entier reniait l'empire, reniait l'Eglise, chez lui s'affirmaient, en revanche, le nationalisme et l'individualisme. L'université de Prague, d'où l'influence allemande avait été chassée depuis 1409, prit, après la mort de Huss, une grande autorité en matière de foi. Malgré sa violence, le mouvement hussite ne connut pas de victoire définitive, en partie à cause des malentendus profonds qui divisèrent les disciples de Jean Huss; une guerre civile désola la Bohême; les Taborites furent battus par leurs adversaires plus modérés à Böhmischbrod, en 1434. Il n'y eut jamais d'Eglise, ni d'Etat national tchèque. Avec l'appui de Sigismond, le concile de Bâle travailla activement à déraciner l'hérésie. Il parvint à rétablir l'unité religieuse en Bohême, tout au moins en apparence. Sigismond, pour sa part, chercha à signer une paix avec son peuple, mais il ne put apaiser les esprits. Les tendances révolutionnaires ne s'endormirent pas complètement et devaient s'affirmer à nouveau plus tard.

A la fin de son règne, Sigismond ne connut plus guère que des revers. Sans doute, il reçut en Italie la couronne lombarde et la couronne impériale et il parvint à faire reconnaître en Bohême ses droits au trône. Mais, au concile de Bâle, il dut adopter une attitude conciliante et ne joua pas le premier rôle, comme à Constance. Il ne sut ni conjurer le péril turc, ni éviter les pertes territoriales que l'empire fit à l'Est. Ses nombreuses tentatives de réforme de l'empire restèrent vaines; c'était une conséquence presque inévitable du particularisme allemand, beaucoup plus qu'une marque de défaveur à son égard. Enfin, les Tchèques ne lui furent pas fidèles, ils complotèrent contre lui, ce qui l'obligea à se réfugier en Hongrie, où il mourut, en 1437.

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Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 

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