ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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Charles IV et la Bulle d'Or
 
 

Charles IV (Charles III était le Carolingien qu'on surnomma « le Gros ») qui régna de 1347 à 1378, n'eut pas de peine à s'imposer. Il fit des concessions, déploya un art diplomatique remarquable et s'assura de la sorte la sympathie des villes, tandis qu'il se conciliait les princes ou les réduisait à l'obéissance. La Bohême devint l'épine dorsale de l'empire. Charles donna un grand essor à la vie politique et culturelle. Par des vues très larges, appliquées au développement de l'agriculture et de l'industrie, il favorisa la vie économique et noua avec Venise et la Hanse des relations de commerce qui furent l'amorce d'un beau trafic entre la mer Adriatique et la Baltique.

Charles IV n'avait aucune intention d'engager contre les princes une lutte à main armée, mais il voulut empêcher la décentralisation dont il mesurait par avance les effets catastrophiques pour le royaume d'Allemagne. C'est alors qu'il édicta la Bulle d'Or (1356). Ce document, qui régla définitivement le mode d'élection des empereurs, représente l'édit impérial le plus important du moyen âge. Il fut publié à Francfort. Les droits des sept princes électeurs que l'usage avait instaurés furent pleinement reconnus. Le principe selon lequel la majorité l'emporte fut établi, si bien que les discussions vaines ou nuisibles devinrent impossibles. La Bulle ne mentionne d'aucune façon un droit quelconque du pape à s'immiscer dans l'élection. Elle accorde aux princes-électeurs des privilèges étendus qui leur assurèrent dès lors une situation très supérieure à celle des autres princes de l'empire; elle leur octroie des droits qui naguère n'appartenaient qu'au roi, entre autres celui d'exercer librement la justice dans leurs Etats sans que le Tribunal d'empire pût intervenir en rien dans ce domaine. En revanche, elle contient des dispositions destinées à entraver l'évolution politique des villes; elle leur interdit de conclure des alliances entre elles et d'accorder le droit de bourgeoisie aux sujets des princes qui se réfugiaient chez elles pour échapper à leurs maîtres. Les villes se préparèrent aussitôt à défendre leurs droits; celles du sud de l'Allemagne conclurent entre elles la ligue de Souabe et s'armèrent afin de résister au roi et aux princes. La Bulle d'Or représente un progrès à l'égard des coutumes du passé. Par ses dispositions, elle rendait, sinon impossibles, du moins très difficiles, une double élection et les rivalités autour de la couronne, si fréquentes auparavant. Mais les privilèges extraordinaires dont les princes-électeurs se trouvèrent pourvus mirent le royaume en danger; il se trouva affaibli et ne put à l'avenir que tolérer le pouvoir sans limite des électeurs, auxquels ne pouvait tenir tête qu'un roi très puissant dans son patrimoine. C'était le cas de Charles IV et c'est pourquoi, sans doute, il fut aveuglé au point de ne pas prévoir le danger. En 1376, il obtint que les électeurs promissent déjà la couronne impériale à son fils Wenzel. Enfin, les princes d'empire se sentirent grandement désavantagés; dès lors, ils mirent tout en oeuvre pour égaler les électeurs en donnant de l'accroissement à leurs patrimoines. Ils s'y employèrent souvent avec un grand succès.

La politique extérieure de Charles IV fut nulle. N'ayant rien cultivé dans ce domaine, pour avoir été uniquement préoccupé d'éviter toute guerre avec ses voisins, il ne récolta rien. La suzeraineté de l'empire sur la Bourgogne n'était plus guère qu'un souvenir et il ne tenta rien pour la recouvrer. Enfin, il mit le point final à la politique impériale en Italie. Pourtant, par des lettres et des discours d'un ton très poétique, Pétrarque l'encourageait à venir en Italie et à rétablir l'empire romain. Il l'assurait que son pays n'avait jamais attendu plus joyeusement l'arrivée d'un prince étranger. En fait, Charles IV se mit en route pour l'Italie, en 1354, mais son seul but était de ceindre la couronne impériale afin d'augmenter son prestige. Il fut couronné à Rome par deux légats pontificaux envoyés d'Avignon; la ville éternelle ne lui ouvrit pas ses portes avant le jour du couronnement, encore dut-il faire camper sa petite armée hors les murs. Il se contenta d'exiger des Italiens le paiement des taxes dues à l'empire et ne chercha en rien à faire valoir les anciens droits impériaux. Pétrarque fut déçu et reprocha au roi son inertie. Modestement, Charles IV lui répondit que l'empire n'était plus qu'un nom sonore, mais que son pouvoir s'était effondré. Sur le chemin du retour, la ville de Crémone le fit attendre deux heures devant ses portes fermées, avant qu'une petite délégation sans armes vint au-devant de lui pour l'accueillir.

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Sources

- Pacaut, M. (1989), La théocratie. Desclée, Paris.

- Parisse M. (2002), Allemagne et Empire au Moyen age, Carré Histoire, Hachette.

- Rapp, F. (2000), Le Saint Empire romain germanique, d’Otton le Grand à Charles Quint. Seuil.

 

 

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