ATRIUM - Histoire du Moyen Âge

Le Moyen Âge est la période comprise entre l'Antiquité et l'Age classique, c'est-à-dire allant de la chute de l'Empire romain (en 476) à la chute de l'Empire Byzantin (en 1453). C'est l'humaniste Giovanni Andrea qui utilisa pour la première fois le terme de "Moyen age" en 1469. Mais ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que le mot devint d'usage courant. Il était alors utilisé dans un sens dépréciatif et désignait le millénaire séparant la disparition de la culture antique et la Renaissance.

 

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La France sous Louis IX, 1226-1270
 
 

Le fils de Philippe-Auguste, Louis VIII (1223-1226), n'eut pas le temps de donner sa mesure. Pourtant, son règne de trois ans a laissé des traces qui ne sont pas négligeables, car, en plus de ses succès militaires, grâce auxquels il ouvrit au royaume le chemin du Midi, il inaugura une coutume importante en donnant à ses fils la souveraineté sur certains domaines du patrimoine capétien (apanages). L'exemple venait d'Henri ler qui avait cédé la Bourgogne à son frère Robert. Louis VIII donna le comté d'Artois au prince Robert, celui du Poitou au prince Alphonse et celui d'Anjou au prince Charles qui devait, plus tard, s'illustrer encore d'autre façon. Il détruisit ainsi l'oeuvre centralisatrice de Philippe-Auguste, d'une façon qui n'était pas sans danger pour l'unité du royaume, ainsi qu'on le verra au XIVe siècle. A sa mort, il laissa pour successeur un enfant de douze ans, Louis IX.
 
La minorité de l'héritier du trône représenta toujours un danger. Pour la France d'alors, elle menaça de tourner à la catastrophe. Les grands vassaux cherchèrent à utiliser les circonstances pour entraver le mouvement de centralisation du royaume. Un certain nombre de barons, dont plusieurs appartenaient à la haute noblesse, se liguèrent contre la maison royale. Influencés par les événements d'Allemagne, ils songeaient à reprendre la couronne aux Capétiens pour l'offrir à quelque autre ; l’histoire de la France faillit en recevoir une orientation toute différente. Mais tout cela fut évité grâce à une femme de noble caractère et de grandes capacités, la reine­mère, Blanche de Castille, qui fut assez adroite pour défendre la couronne et conserver à son fils l'héritage de Philippe-Auguste. C'est sous sa régence que la guerre des Albigeois prit fin et, grâce à elle, de façon très favorable à la couronne. Raymond VII se présenta devant le portail de Notre-Dame, pieds nus et en chemise, pour faire pénitence et jurer fidélité à l'Eglise. Puis, lors de la Conférence de Paris, en 1229, la paix fut conclue à des conditions qui valurent à la monarchie de grands gains territoriaux : les territoires de Nîmes, Beaucaire, Béziers, Carcassonne, soit, en fait, tout l'ancien duché de Narbonne, entre le Rhône et les Pyrénées. Le royaume atteignait ainsi la Méditerranée. Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX, fut fiancé à l'héritière de Raymond VII, en perspective du futur rattachement à la couronne de France de tout ce qui restait du comté de Toulouse. Enfin, le comté de Provence fut à son tour rattaché au royaume par le mariage du roi. Il épousa Marguerite, fille et héritière du comte de Provence; elle fut toujours, par sa piété, en plein accord avec lui.

Au moment où l'empereur Frédéric II incarnait la culture antichrétienne, à ses débuts, Louis IX présentait l'idéal du roi chrétien, du roi-prêtre, car, aux plus belles qualités de ses prédécesseurs, il ajoutait la sainteté; grâce à lui, le royaume de France se trouva, et quelle qu'ait pu être la conduite de ceux qui le gouvernèrent par la suite, nimbé d'une sorte d'auréole sacrée, qui lui valut toujours une considération particulière. Le caractère de Louis IX était un heureux mélange de sévérité et de bonté, de dureté et de tendresse, de gaîté et de piété profonde. Toute sa conduite était inspirée par sa foi religieuse. Il vivait comme un moine, en ascète. Il portait la haire et se faisait donner la discipline tous les vendredis. Il pratiquait la charité chrétienne dans une mesure telle qu'on peut le comparer, sur ce point, à son contemporain, François d'Assise. A côté des institutions charitables qu'il fonda pour les indigents, les malades, les aveugles, comme pour les étudiants pauvres, il voulait, en apôtre du Christ, se mettre lui-même au service des miséreux; il les accueillait dans son palais, quelque repoussants qu'ils fussent, les servait à table et leur lavait les pieds.

Il cherchait tout autant à mettre son activité politique en accord avec sa foi et tenait fermement en mains les rênes du pouvoir, qu'il avait le souci d'augmenter encore, mais seulement par des moyens équitables; jamais il ne mit l'Etat au service de ce pouvoir; tout au contraire, il en faisait un instrument utile au bien-être de tous. Son règne ne connut pas de conquête. Il ne prit les armes que pour combattre les infidèles, car son respect pour la croix du Christ domina toute sa vie. C'est aussi à des principes chrétiens qu'il se conformait quand il exerçait la justice. L'autorité royale en fut considérablement affermie, si bien que, sous son règne, le royaume fit de grands progrès dans la voie de la centralisation. De la sorte, Louis IX resta fidèle à la politique de ses prédécesseurs ; il construisit sur les bases posées par Philippe-Auguste. Louis IX étendit considérablement son droit de juridiction en exigeant qu'un grand nombre de causes fussent portées devant son propre tribunal, toutes celles entre autres qui concernaient les intérêts royaux, celles qui touchaient au domaine de la paix, d'autres encore. Plus tard, le tribunal du roi devint aussi la cour d'appel devant laquelle se présentaient les seigneurs et les baillis du domaine royal. Ainsi la royauté grandit en considération, d'autant plus que Louis rendait lui-même la justice fréquemment et qu'il avait la réputation d'un juge rigoureusement impartial et équitable. C'est sous Louis IX qu'on commence à parler du « Parlement », désignant par ce mot la réunion des vassaux et des juristes qui formaient le conseil du roi. En leur imposant des mesures sévères et des procédés d'arbitrage, Louis fit de grands efforts pour limiter les combats qui mettaient les seigneurs aux prises les uns avec les autres; il restaura et élargit encore la fameuse « Quarantaine », instituée par Philippe-Auguste et qui, dans certains cas, obligeait à une suspension d'armes pendant quarante jours.

Malgré sa politique de paix, il savait recourir aux armes quand le besoin s'en présentait. Ainsi, en 1242, il remporta la victoire de Taillebourg sur des adversaires ligués contre lui et soutenus par l'Angleterre et l'Aragon. Il chercha alors à tarir la source des malentendus en concluant un accord avec les Plantagenêts. Par la paix de Paris, il reconnut le roi d'Angleterre, Henri III, pour son vassal, en qualité de duc de Guyenne, il lui abandonna par surcroît la côte de l'Atlantique, entre la Charente et la Garonne et des domaines royaux dans les diocèses de Limoges, Cahors et Périgueux et il obtint, en échange, qu'Henri renonçât aux territoires pris naguère par Philippe-Auguste aux Plantagenêts : la Normandie, l'Anjou, le Poitou et la Touraine. Ainsi, la domination de la famille royale d'Angleterre fut fermement établie sur une partie de la France, beaucoup plus petite cependant que celle qu'elle avait possédée autrefois. Louis IX conclut aussi une paix avec le roi d'Aragon, renonçant au Roussillon et à la Catalogne, soit à l'ancienne Marche d'Espagne, en échange de quelques droits dans le Midi de la France. On a beaucoup reproché à Louis IX d'avoir été si conciliant; on est même allé jusqu'à le rendre responsable de la guerre de Cent ans, sous le prétexte que s'il avait eu l'esprit de ses ancêtres, il n'aurait pas consenti à un arrangement, mais employé sa force à chasser les Plantagenêts hors de France. Or, il est plus juste de reconnaître que, si la guerre se ralluma au siècle suivant, ce fut précisément par la faute de ceux qui ne partageaient pas ses vues pacifiques.

Malgré toutes les expériences malheureuses qu'on avait faites en Terre sainte, l’idée d'une Croisade subsistait encore dans beaucoup d'esprits. La situation des chrétiens n'avait fait qu'empirer en Palestine. Ils se battaient souvent entre eux et avaient fini par s'allier aux Sarrasins de la Syrie, contre le sultan d'Egypte, Ejub. Celui-ci appela à l'aide une peuplade du centre de l'Asie et, avec ce renfort, reprit Jérusalem dont les chrétiens étaient parvenus à s'emparer de nouveau (1244). Les Asiatiques massacrèrent les chrétiens; le Saint-Sépulcre fut détruit, les ordres de moines-chevaliers, dispersés. Jérusalem fut à tout jamais perdue pour les chrétiens dont l'armée fut, en définitive, et malgré le renfort des Sarrasins, écrasée à Gaza. La nouvelle de ces événements jeta la consternation en Occident. Louis IX était malade. Il fit le voeu, s'il guérissait, de partir pour la Croisade, et quand, dans les années qui suivirent, il s'efforça de rétablir la paix entre le pape et Frédéric II, ce fut surtout l'espoir qu'une fois de plus un mouvement général des peuples chrétiens se réveillerait en faveur de la conquête des lieux saints. Ses efforts échouèrent; il ne rencontra en France que peu d'enthousiasme pour la guerre sainte, même dans son entourage. Cependant, en 1248, il débarqua avec cinquante mille hommes dans l'île de Chypre, pour y passer l'hiver. Dans sa ferveur et son ignorance des choses de l'Asie, Louis IX envoya au grand Khan des Mongols deux moines et une chapelle pour l'inviter à embrasser le christianisme et à lui venir en aide contre les musulmans. Au printemps de 1249, il fit voile vers l'Egypte. Il débarqua à Damiette d'où il comptait marcher directement sur le Caire. Mais il rencontra presque aussitôt une armée égyptienne qui l'obligea à la retraite; il avait perdu beaucoup d'hommes; ceux qui lui restaient et lui-même furent faits prisonniers. Il ne recouvra la liberté qu'au prix d'une énorme rançon et après avoir signé un armistice de dix ans. Ainsi s'acheva la Croisade. Mais, tandis que la plupart des croisés regagnaient l'Europe, Louis IX voulut rester en Terre sainte. Il se rendit à Saint-Jean d'Acre. Malgré quelques succès, il ne put mener la guerre plus longtemps et quitta la Palestine au printemps 1753.

Dans les années qui suivirent, l'Etat chrétien de Palestine acheva de se décomposer. Vénitiens et Génois se battaient dans Saint-Jean d'Acre; Templiers et Hospitaliers se livraient des combats acharnés. Enfin, le chef des Mamelouks, Beibar, qui s'était déjà emparé des territoires musulmans, mit la main sur les dernières villes chrétiennes. Louis IX voulut tenter quelque chose encore. Il convoqua à Paris les grands du royaume et, la sainte couronne d'épines en mains, leur demanda de se croiser. La mentalité des seigneurs français d'alors nous a été révélée par la plume des poètes et des chroniqueurs du temps. Rutebeuf a dit : « Pourquoi aller chercher Dieu si loin ? puisqu'il est partout dans le monde, il est certainement en France aussi » et Joinville, le biographe de Louis IX, rendant compte d'un dialogue entre deux chevaliers, fait dire à l'un des deux : « Si le roi prend la croix, ce sera pour nous un jour fatal, car si nous ne nous croisons pas, le roi nous en voudra, et si nous nous croisons, Dieu nous en voudra, sachant bien que ce n'est pas par amour pour Lui que nous l'avons fait, mais par crainte du roi. »

Pourtant une nouvelle Croisade partit dans l'été 1270. Charles d'Anjou y prit part dans un but intéressé. Il persuada Louis de faire d'abord voile vers Tunis dont l'émir, disait-il, pouvait être converti à la religion chrétienne, puis de partir de là pour l'Egypte. En réalité, Charles voulait profiter de l'occasion pour obtenir de l'émir le paiement du tribut arriéré auquel il était astreint depuis l'époque des Hohenstaufen. Mais, devant Tunis, une épidémie décima l'armée des croisés ; le fils du roi mourut l'un des premiers, puis le roi lui-même, le 25 août 1270. Le lendemain de sa mort, Charles débarquait à Tunis afin de parlementer avec l'émir, non point au sujet des lieux saints, mais pour qu'il acquittât sa dette. Ces négociations terminées à son avantage, il ramena en France l'armée des croisés.

 
 
 

Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 

Sur ATRIUM...

     
       
Les Capétiens De Hugues Capet à Philippe Ier (987-1108)

 

Au Xe siècle, la dynastie carolingienne s'éteignit lentement. En France, sa place fut prise par les Capétiens, qui avaient acquis peu à peu une certaine importance comme comtes de Paris.

 
Les Capétiens De Louis VI à Philippe II Auguste (1108-1223)

 

Le fils et successeur de Philippe, Louis VI, fut un homme de beaucoup plus grande valeur, un prince actif, intelligent et juste et, surtout, un vaillant guerrier. Avec Philippe II la puissance capétienne serait à son apogée.

       
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