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Empereur d'Occident de 814 à sa mort,
en 840. Troisième
fils de
Charlemagne
et d’Hildegarde, Louis le
Pieux devint roi d’Aquitaine dès 781;
il gouverna ce pays jusqu’en 814, assisté d’excellents
conseillers, tel saint Benoît d’Aniane,
Louis
s’entoure aussi de prélats qui ne seront pas toujours de bons
conseils.
Il était le seul successeur de Charlemagne qui le
couronna
empereur à Aix-la-Chapelle, en septembre 813.
Deux ans
après son avènement, il se fait couronner par le pape
Etienne IV, complétant par cette
cérémonie religieuse du sacre le couronnement laïc déjà effectué
par son père. Comme Charlemagne, Louis est un homme d’une
stature imposante, mais c’est un être impulsif, à la fois
excessif et indécis. Ces défauts de caractère vont hâter le
processus de dislocation d’un empire carolingien si
difficilement gouvernable par son étendue, sa diversité ethnique
et territoriale. Réputé pour sa piété (d’ou son surnom du Pieux
ou du Débonnaire). Le début de son règne est marqué par une
série de mesures radicales. Il éloigne du palais les principaux
collaborateurs de Charlemagne et son entourage de bons vivants,
contraint ses sœurs célibataires à porter le voile. Sous
l’influence de Benoît, abbé d’Aniane, la cour et le gouvernement
prennent une allure quasi monastique. Egalement influencé par
ses conseillers ecclésiastiques, il supprime de son titre les
qualités de roi des Francs et des Lombards, si chères à son
père, pour ne garder que la désignation d’empereur Auguste.
Instruit,
il considérait l’Eglise et
l’Empire comme deux notions étroitement liées et à peine
distinctes. Louis procéda d’abord à la réforme de ces deux
institutions.
Il promulgua en 817 l’Ordinatio
Imperii qui réglait d’avance sa succession:
son fils aîné, Lothaire,
fut proclamé empereur et seul héritier de l’Empire; les deux
frères de celui-ci, Pépin
et Louis, gouverneraient
comme rois en sous-ordre, l’un l’Aquitaine et l’autre la
Bavière sous l’autorité de leur père, puis sous celle de
Lothaire.
Cet acte célèbre constituait un compromis
entre l’idée d’unité et la coutume du partage successoral;
il ne valait cependant que pour l’avenir; il pouvait être
modifié éventuellement.
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Cette
initiative hardie mécontente aussitôt ceux qui jugent leurs
intérêts lésés. Un vaste soulèvement éclate : né en Lombardie
sous la direction de Bernard, il gagne les grands de la Gaule.
L’insurrection est promptement et sauvagement écrasée, Bernard
condamné à avoir les yeux crevés. Il meurt de ce supplice peu
après (818). La pénitence publique que l’entourage clérical de
Louis le Pieux lui imposera en expiation de sa cruauté envers
Bernard (Attigny, 822) ne fait qu’apparaître la faiblesse de
l’empereur et les ecclésiastiques qui le guident comme le
véritable obstacle à la prise du pouvoir par les grands. La
restitution des biens de l’Eglise distribués aux vassaux et
réclamée à l’empereur par ce même clergé achève d’exaspérer
toute l’aristocratie.
Mais
bientôt Louis eut un nouvel héritier, en 823, de sa seconde épouse,
Judith Welf. A ce fils,
futur Charles le Chauve,
l’empereur chercha à assurer un établissement; mais, très
influençable et indécis, il se trouva bientôt pris entre les
intrigues que nouaient au palais les partisans de l’unité
(les «impérialistes») d’une part, et les partisans du
retour à la coutume du partage d’autre part.
La situation
devient explosive quand la seconde femme de Louis le Pieux,
Judith de Bavière, exige pour leur fils Charles (né en 823) la
plus grande part de la succession impériale, en dépit de la
constitution de 817 et au détriment de Lothaire déjà empereur
« associé ». Une opposition féroce se déclenche au sein de la
dynastie régnante, relayée par la révolte d’une partie du clergé
et des nobles qui prennent le parti des plus offrants. A partir
de 830, durant dix années, s’engage une guerre acharnée entre
Louis le Pieux et ses fils, tantôt alliés, tantôt adversaires.
Ainsi Lothaire, Pépin et Louis se joignent aux conjurés qui se
sont posés en libérateurs de l’empereur et de ses fils aînés
contre Judith. L’impératrice est enfermée avec le petit Charles
au couvent. Maintenu dans une demi-captivité, Louis le Pieux ne
détient plus que l’ombre du pouvoir. Mais il prépare sa
revanche. En 831, ayant réuni assez de partisans, il réinstalle
Judith sur le trône, écarte Lothaire, en abolissant l’Ordinatio
imperii, et revient au système intégral du partage
territorial entre ses quatre fils, au cours d’une assemblée à
Aix-la-Chapelle. Victoire éphémère. La rébellion est permanente
dans tout l’Empire franc. En 833, soutenu par les grands,
Lothaire prend la tête d’une nouvelle coalition avec Pépin et
Louis. Au «Champ
du Mensonge», l’empereur fut abandonné par ses
guerriers et se rendit lui-même à ses fils, le 30 juin 833.
L’Empire échut à Lothaire qui
dut cependant reconnaître à ses deux frères la plus grande
partie des territoires que leur père leur avait promis en 831.
Louis était obligé
d’abdiquer et contraint à une humiliante pénitence au monastère
Saint-Médard de Soissons.
Bien que restauré dans ses fonctions une fois encore (835
à Metz),
le souverain a perdu tout son prestige, et la dynastie avec lui.Louis
le Pieux fut déclaré incapable de gouverner à l’avenir.
Nombre de hauts dignitaires de l’Eglise le condamnent.
Toute son action consista dès lors à assurer une
part d’Empire aussi importante que possible à son fils cadet.
Factions et partis rivaux contribuent à démembrer l’empire. Avec
le clan bavarois, Judith obtient néanmoins satisfaction pour son
fils Charles, qui, à la mort de Pépin (838), est déclaré roi
(assemblée de Quierzy-sur-Oise) et reçoit divers territoires :
régions entre Seine et Meuse, Frise, Champagne, Bourgogne,
Aquitaine.
En mai 839, l’assemblée
de Worms prévoit un nouveau
partage en deux de l’empire : à
Lothaire, rentré en grâce, revient
les Etats de l’Ouest, à Charles ceux
de l’Est. Louis doit se contenter de
la Bavière. Mécontent, il fomente
aussitôt un soulèvement. C’est au
cours d’une expédition menée contre
lui que Louis le Pieux tombe malade
et meurt, près de Mayence, le
20 juin 840.
A sa mort, l’empire s’abîme dans les
guerres civiles et dans un regain
des luttes fratricides de sa
descendance. Le bilan est
désastreux : de la glorieuse
construction carolingienne, il ne
reste ni la cohésion territoriale,
ni l’unité politique, ni la richesse
foncière, dilapidée au profit de
l’aristocratie pour s’en assurer les
alliances. Seules rescapées de la
dislocation de l’empire, les
structures administratives, un
ensemble solide d’institutions
législatives, économiques et
sociales, mis en œuvre par
Charlemagne et qui résisteront
lontemps encore après Louis le
Pieux.
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