SOMMAIRE - Divers

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Louis Napoléon Bonaparte (1808-1873) Empereur des français de 1852 à 1870 

 
 

Quelle existence que celle de Napoléon III, le souverain au destin  incroyablement fertile en rebondissements. Neveu de Napoléon, petit-fils de l’impératrice Joséphine, fils du roi et de la reine de Hollande, altesse impériale sous le premier Empire, collégien bavarois et prince Louis-Napoléon Bonaparte en exil, patriote italien faisant le coup de feu avec les carbonari contre les troupes papales, inventeur d’une machine lance-pierres, capitaine de cavalerie de la garde nationale de Bologne, rebelle ayant manqué d’être fusillé par les Autrichiens, capitaine artilleur suisse, commandant le corps des pompiers de Sallenstein, prétendant au trône, aventurier pris deux fois en France les armes à la main, ouvrier maçon pour s’évader, héros d’un drame romantique, comte d’Arenenberg circulant sous de nombreux noms d’emprunt, député français élu à la fois par plusieurs départements, empereur des Français, général en chef vaicu, prisonnier de guerre en Allemagne et souverain exilé en Angleterre.

A première vue, il n’existe que peu de points communs entre l’adolescent exilé, le conspirateur parfois ridicule, le politicien habile et le souverain tout-puissant, sans parler de l’officer de l’armée suisse, du rebelle de Forli ou encore du prisonnier de Ham. Cependant, il s’agit bien du même homme, un homme au destin bien tracé, ou plutôt un homme qui sait exactement quel est son but et qui va tenter de ne jamais en dévier. Persuadé que la France n’attendait que l’apparition d’un Bonaparte pour chasser Louis-Philippe et se ranger sous la bannière à aigle impériale, Louis-Napoléon consacra quinze ans de sa vie à comploter, à tenter des coups d’Etat et à en payer le prix en exil ou en prison. Il complote, à Rome et en Romagne, contre le pape et contre les troupes autrichiennes. Luigi Napoleone, conspiratore, écrit-il lui-même sur sa fiche d’entrée d’une auberge italienne. Il complote, pistolet au poing, en France, contre Louis-Philippe; il complote, enfin, contre ses propres fonctions, c’est-à-dire contre la deuxième République, dont il est le président. La décennie 1835-1845 lui permit de se faire connaître et, de façon difficile à évaluer, de se faire apprécier des masses. A l’issue de ces aventures variées, de ces années d’exaltation, d’activisme et de formation, il devint l’incontestable héritier de la famille Bonaparte. Pourtant, après ses deux conspirations manquées de Strasbourg en 1836 et de Boulogne en 1840, qui aurait pensé qu’il puisse arriver à ses fins?

Sa première tentative de coup d’état manqué lui vaut la déportation aux Etats-Unis, où il restera moins d’un an; sa seconde tentative est prise plus au sérieux et le gouvernement le condamne à perpétuité. Il est envoyé au fort de Ham et y demeurera jusqu’en 1846. Certes le régime qui lui fut appliqué était celui (sévère au début, puis en se relachânt) d’un prisonnier de haut rang. Il disposait de plusieurs pièces, d’une bibliothèque et pouvait même recevoir des visites. Mais l’héritier des Bonaparte était bel et bien reclus. Il choisit donc de profiter de son malheur pour faire le point sur sa vie et ses ambitions. Jamais il n’abandonna son objectif qui était la conquête du pouvoir. Par l’écriture, il réussit à ne pas se faire oublier, à revigorer son corps de doctrine et à transformer le bonapartisme, sutout fonfé alors sur la légende napoléonienne, en véritable courant politique. Son évasion rocambolesque fut le véritable signal de la conquête du pouvoir. Il s’établit en Angleterre où il attend le moment propice pour agir.

En 1848, les événements vont se précipiter; la révolution de février met fin à la monarchie de Juillet. Napoléon peut enfin revenir en France, mais il est prié par le gouvernement de ne pas se présenter aux élections d’avril. Napoléon sait se montrer patient et attend son heure; lors des élections en juin il est élu sans s’être présenté mais suite à des réticences de l’Assemblée, il se retire momentanément. C’est en septembre qu’il se porte candidat et est élu à l’Assemblée Nationale.

Son prochain but est l’élection à la Présidence; trois éléments principaux vont l’aider à y parvenir:

- le fait qu’il soit resté en dehors des événements précédents et quîl ne se soit pas compromis

- il reste très prudent dans ses promesses et essaie de rallier le plus de personnes à lui.

- son nom qui est connu de tous et les souvenirs qu’il évoque le rendent très populaire.

Il est élu le 10 décembre 1848 avec plus de cinq millions de voix.

Napoléon essaie d’étendre sa popularité avec déjà l’idée du coup d’état ou au moins celle de conserver son pouvoir à la fin de son mandat en mai 1852; en effet la loi interdit aux présidents de se représenter immédiatement. Après l’avoir retardé plusieurs fois, la prise du pouvoir est fixée au 2 décembre 1851. Le 21 et 22 décembre 1851 le peuple est appelé à se prononcer sur la légitimation de Napoléon au pouvoir et le droit d’établir une constitution. Le projet est accepté avec plus de 7 millions de voix. Napoléon a atteint alors le but qu’il s’était fixé, et il est élu pour dix ans. En 1852 aura lieu un deuxième plébiscite et le peuple le nommera Empereur.

« L’Empire, c’est la paix » avait déclaré le futur empereur à Bordeaux, le 9 octobre 1852. Cette phrase, sortie de son contexte d’un discours plus vaste, lui a été beaucoup reproché. S’il est vrai que les armées du Second Empire ont combattu un peu partout dans le monde sous le règne de Napoléon III, cela ne signifie pas que le neveu a voulu singer l’oncle et faire moisson de gloire militaire. Le plus souvent, la guerre fut vraiment pour lui un moyen de politique étrangère. Derrière les campagnes et les batailles, il y avait des projets qui n’étaient pas, en principe, de conquêtes. Napoléon III ne rêva jamais de dominer l’Europe par la force et d’y chevaucher à la tête de ses régiments. Ne se considérant pas comme un chef de guerre, il ne prit la tête des armées que sa conception du métier d’empereur et son nom le lui imposaient. Les principes de sa politique extérieure furent en revanche contradictoires. Dans ce domaine aussi, faute d’une vrai synthèse de ses aspirations, Napoléon connut l’échec. Généreux et visionnaire dans les principes, il se préoccupe peu des instruments classiques de la politique étrangère. Il ne fit pas confiance au personnel spécialisé pour la mise en oeuvre de sa politique. Enfin, il ne dote pas son Empire d’une armée assez forte pour faire face aux circonstances.

Le Second Empire fut englouti par la défaite militaire de 1870. Le désastre aboutit au déchirement de la nation, avec la Commune et l’annexion de l’Alsace-Moselle. Mais aujourd’hui, la République n’a plus besoin de charger du poids de la propagande l’analyse de la responsabilité impériale dans le conflit franco-prussien. Les historiens sont donc moins sévère avec l’Empereur et tentent de mieux comprendre ce qui l’a conduit à accepter d’en découdre avec la puissance européenne montante. Inscrite à son passif, la guerre de 1870 illustre l’incapacité de Napoléon III à rester maître du pouvoir et de ses décisions au milieu des luttes intestines au sein de son gouvernement et face à l’habileté manoeuvrière de Bismarck.

Après sa reddition de Sedan, Napoléon III fut détenu pendant six mois, avec tous les égards dus à un souverain, au château de Wilhemshöhe, près de Catelle. Il crut longtemps que le peuple de France lui gardait son affection et que, une fois la paix revenue, il accepterait son retour aux affaires. La débâcle, la paix de Francfort et la Commune lui enlevèrent ses dernières illusions. En mars 1871, Napoléon III prit la route de l’Angleterre, son exil habituel, serait-on tenté de d’écrire. Quittant Cassel, il apprit les débuts de la Commune et fut renforcé dans sa conviction que l’anarchie menaçait la France et qu’il serait, le moment venu, le recours vers lequel le pays se tournerait.

En 1872, on échafauda encore des plans de retour à Paris. Depuis Prangins, propriété suisse de Napoléon-Jérôme, Napoléon pourrait prendre la tête d’un régiment de dragons et, comme son oncle au retour de l’île d’Elbe, remonter vers Paris, entraînant les garnisons sur son passage. Il semble que l’opération ait été prévue pour mars 1873 mais avant tout autre projet, l’Empereur devait penser à sa santé. Il subit deux opérations pour tenter d’extraire une pierre située dans sa vessie. Le 9 janvier, alors qu’une troisième intervention devait avoir lieu, Napoléon III sombra dans le coma et mourut.  

     

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