Fils
de Berthe de Hollande
et de
Philippe Ier,
associé au trône en 1098
par son père qui lui avait confié
les opérations militaires face aux Anglo-Normands, il doit se
faire sacrer précipitamment le 3 août 1108 pour ne pas risquer la concurrence d’un fils de la seconde
femme de son père, Bertrade de Montfort. Il épouse en
1115 Adélaïde de Savoie, nièce du pape Calixte II.
Connu
sous le sobriquet de « le Gros » en raison de l’obésité maladive
qu’il tient de ses parents. Cette obésité et sa taille de géant
ne l’empêchent cependant pas d’être d’une activité débordante. A
la chasse comme à la guerre, il déploie une énergie qui le fait
appeler par son entourage « Louis qui ne dort ».
Depuis sept
ou huit ans, il exerçait déjà auprès de son père une régence de
fait.
Sans être un
très grand politique, il croit sincèrement en sa mission de
protection et de
justice envers ses sujets. Ainsi,
il encourage les mouvements communaux
(associations professionnelles, sociales ou religieuses). Dès
1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages
fiscaux et le droit de s’administrer sous la direction d’un
maire. De même, il passe une grande partie de son règne à lutter
contre les innombrables petits hobereaux qui vivent de
brigandages, pressurent les serfs, rançonnent les monastères.
Contre les tyrans locaux, Louis doit recommencer presque chaque
année des expéditions dont il prend la tête. Non seulement il
apparaît comme un justicier qui paye de sa personne, mais il
agrandit le domaine royal, par des confiscations ou des achats
de terres : Corbeil, Montlhéry, Mantes. Hors du domaine, les
interventions du roi sont plus rares et difficiles. La plupart
des grands feudataires du royaume - ducs de Normandie, de
Bretagne, de Bourgogne, comtes d’Anjou ou de Champagne - se
considèrent comme pratiquement indépendants sur leurs
territoires.
Il
pacifia donc le domaine royal en soumettant les seigneurs pillards de
l’Ile-de-France (Ebbes de Roucy (1102), Enguerrand de Coucy
(1117), et surtout
Thomas de Marle (1130)), il favorisa
sur les conseils de
Suger,
l’essor urbain et communal comme nous l'avons vu. Il tenta d’enlever la Normandie
à
Henri
Ier Beauclerc
mais n’y parvint pas, il fut vaincu et dut conclure la paix.
En Flandre, il ne réussit pas davantage, après l’assassinat
du comte
Charles le Bon
(1127), à imposer son protégé,
Guillaume Cliton, contre Thierry d’Alsace.
En
1224, avec l’aide de ses vassaux, il repoussa une attaque de
l’empereur
Henri
V (allié
de Henri Ier
Beauclerc son gendre), l’empereur se retira sans combattre, la
victoire de Louis augmenta le prestige royal.
Il
réalisa un « coup de poker » en mariant en
1137 son fils aîné, le futur
Louis VII, à
Aliénor,
fille et unique héritière du duc d’Aquitaine ; mais le
mariage échoua et cet échec eut des conséquences funestes
pour le royaume de France.
Louis VI a cependant
restauré le prestige monarchique, remis de l’ordre dans son
domaine, encouragé l’émancipation des villes, favorisé l’essor
commercial, suscité le renouveau intellectuel et artistique,
consolidé ses relations avec le clergé. Pour accomplir cette
tâche, le roi a su s’entourer de bons conseillers,
dont Suger, abbé de Saint-Denis, est l’un des plus brillants.
C’est lui
qui pousse le roi à associer immédiatement au trône son fils
cadet Louis, après le décès accidentel de son aîné, afin que la
continuité de la dynastie capétienne soit maintenue.
Après la mort de Louis VI, le 1er
août 1137, Suger continuera à guider
son successeur, le jeune roi
Louis VII.