SOMMAIRE - Divers

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Lothaire de Supplinbourg (ou de Saxe). Roi de Germanie de 1125 à 1137 et empereur de 1133 à 1137.

 
 

En 1125, Henri V mourut à 44 ans, rongé par un cancer. Il n'avait pas d'enfant. Sa succession n'allait donc pas de soi. Au problème qu'elle posait, il appartenait aux « grands » du royaume de trouver une solution. Il y eut trois candidats : Frédéric de Souabe, son demi-frère Léopold de Babenberg, lui aussi petit-fils de Henri IV, et le duc de Saxe, Lothaire de Supplinbourg. Frédéric, sûr des droits que lui conférait l'hérédité, refusa de devoir le trône au vote des électeurs. Ceux-ci ne se prononcèrent que plus facilement en faveur de Lothaire. Il était âgé, il avait entre cinquante et soixante ans. Il n'avait pas de fils et il n'en aurait très probablement plus. Ainsi, dans un avenir relativement proche, l'occasion de désigner son successeur se présenterait à nouveau, ce qui n'était pas pour déplaire aux princes.

Comme la plupart de ses prédécesseurs, Lothaire (1125 -1137) eut à lutter au début contre de fortes oppositions. Il pouvait compter, il est vrai, sur l'appui précieux de la famille des Guelfes, dont le chef était alors le duc de Bavière, Henri le Fier. En revanche, il dut combattre pour s'assurer l'amitié du duc de Bohême. La Bourgogne ne lui rendit hommage qu'après plusieurs années. Son dangereux rival, Albert de Ballenstedt, surnommé l'« ours », ne devint son ami qu'après avoir reçu en fief la Marche du Nord. Quant aux Hohenstaufen, Frédéric et Conrad, ils restèrent ses ennemis irréconciliables. Enfin, très tôt, Lothaire se mêla aux intrigues romano-italiennes.

Le décret de Nicolas II, relatif à l'élection du pape, ne protégeait pas encore de façon parfaite le trône pontifical. En 1130, un différend s'éleva au sein du collège des cardinaux qui eut pour conséquence la nomination, le même jour, de deux papes Innocent Il et Anaclet II. Celui-ci était le fils d'un juif converti et jouissait d'une fort mauvaise réputation. Innocent, au contraire, était un prêtre digne, d'une conduite irréprochable, et il semble bien que, en dépit de quelques irrégularités, son élection avait été plus régulièrement faite que celle d'Anaclet. Mais Anaclet avait pour lui l'argent et la force. Avec l'aide de ses partisans et du Normand Roger de Sicile, il s'empara de Rome. Innocent dut fuir en France. Dès lors, la chance tourna de son côté, grâce à la protection de l'abbé de Clairvaux. Sans peine, Bernard lui assura la sympathie de tous les Français, puis le roi Lothaire, le clergé d'Allemagne, l'Angleterre, prirent son parti; sa cause était gagnée. Lothaire le rencontra à Liège et lui promit de le ramener à Rome où il rentra au printemps 1133, sous la protection d'une armée allemande. Cependant, Anaclet avait trouvé moyen de se retrancher dans la « Cité de Léon », Lothaire ne put être couronné à Saint-Pierre; la cérémonie eut lieu hors des murs, au Latran. Il chercha vainement à obtenir, pour sa récompense, que le pape révoquât le Concordat de Worms et lui rendît le droit d'Investiture. Innocent préféra lui abandonner en fief le duché de Toscane, ce qui, par la suite, permit à sa curie d'affirmer que l'empereur était vassal du pape.

En 1133, Innocent Il ne confirma pas seulement ce qu'avait institué l'accord de Worms, il en précisa le contenu dans un sens favorable à l'empereur ; à l'avenir, les prélats prêteraient hommage au suzerain pour les biens qu'il leur avait donnés en fief, ce que le texte de 1122 ne disait pas explicitement. Avec ce pape, Lothaire entretint des relations qui ne furent pas sans nuage, mais qui marquèrent néanmoins, après les durs conflits de naguère, une étape de collaboration paisible entre le sacerdoce et l'empire. Les avantages qu'en retira l'empereur ne furent pas négligeables ; d'une part, Innocent II le couronna, le 4 juin 1133, d'autre part, nous avons vu que Lothaire obtint la confirmation des droits reconnus au souverain en 1122 ; les légats et Bernard de Clairvaux contribuèrent efficacement à la soumission de Conrad l’antiroi ; enfin, les biens de la comtesse Mathilde, dont le Saint-Siège avait hérité, furent concédés à l'empire. Mais l'empereur avait aussi manifesté, à l'occasion de la campagne contre Roger II en Sicile, qu'il prétendait à la suzeraineté sur l'Italie du Sud. Lothaire ne fut donc pas la créature docile des clercs. C'est pourtant l'image qu'a conservée l'histoire de cet homme, souple sans doute, mais parce qu'il fallait l'être pour manoeuvrer. Deux gestes qui dans l'esprit de l'empereur n'étaient que des gestes de déférence furent interprétés plus tard comme des rites exprimant une entière soumission : à Liège, en 1131, Lothaire prit le cheval du pape par la bride et, en 1133, il se fit remettre un anneau pour signifier qu'il tenait les biens de Mathilde du Saint-Siège. Par la suite, on dit à Rome que Lothaire avait été l'écuyer du Saint-Père et une fresque au Latran le représente à genoux recevant des mains d'Innocent II la couronne, humble comme un vassal doit l'être en présence de son suzerain. Dans le premier cas, il s'agissait de l'interprétation abusive de ce qui était au pire une imprudence ; dans le second, la réalité des faits avait été intentionnellement déformée.

Naissance du royaume normand de Sicile

Désormais, les Normands d'Italie joueront un grand rôle dans la suite des événements. Leur développement avait pris un essor considérable depuis l'époque de Robert Guiscard, si bien qu'au temps de Lothaire, leur Etat était sur le point non seulement de devenir puissant, mais encore de revêtir une forme toute nouvelle. Le centre en fut la Sicile, dont Robert et son fils Roger firent la conquête après celles des Pouilles et de la Calabre. Robert s'était emparé de Palerme et de Messine, puis, après sa mort (1085), son fils Roger Ier avait achevé de soumettre l'île, si bien que, sous son règne, la Sicile devint le centre du Royaume normand d'Italie, qu'il gouverna avec équité, après y avoir établi l'ordre; il se montra tolérant à l'égard des Arabes vaincus, auxquels il laissa leur religion et leurs lois. Son fils, Roger II, fit mieux encore; il sut utiliser en sa faveur le schisme pontifical; après avoir soutenu Anaclet, il lui demanda de reconnaître ses droits sur les fiefs de Calabre et des Pouilles (1130) et prit le titre de roi. La fête du couronnement eut lieu à Palerme qui devint sa capitale. Il donna à son Etat une organisation qui le distingua de tous les royaumes d'Europe. Il créa une monarchie absolue, unifiée et centralisée, servie par des fonctionnaires instruits. Des soldats sarrasins renforcèrent l'armée normande. Une flotte puissante, héritière de la flotte grecque, fut organisée. Ainsi s'instaura en Sicile le premier Etat moderne. Le droit fut basé sur les coutumes franco-normandes et s'inspira, dans une certaine mesure, des lois romaines et du droit canon. A côté des mosquées aux minarets pointus, des églises chrétiennes surgirent, dont le style composite révèle l'interpénétration des deux cultures.

Après le départ de Lothaire et de l'armée allemande (1133), Roger s'était rapidement emparé de nouveau de toute l'Italie méridionale; seule, Naples tenta de résister et ses expéditions de piraterie la firent redouter de tous les ports méditerranéens. De Venise, de Constantinople, de l'Italie méridionale même, on sollicita l'aide de l'empereur Lothaire. Celui-ci avait maîtrisé ses difficultés à l'intérieur de l'Allemagne; il avait même conclu un accord avec les Hohenstaufen et faisait figure de grand monarque. Le schisme, lui aussi, rendait nécessaire son intervention, car le pape Innocent avait dû reprendre le chemin de l'exil. Dans l'automne 1136, les Allemands reparurent en Italie; les villes firent leur soumission, les unes librement, d'autres sous la contrainte. Tandis que l'empereur marchait vers le sud en suivant la côte de l'Adriatique, Henri de Bavière traversait la Campanie, mais il n'osa pas attaquer Rome. Roger se retira, plus intimidé, il est vrai, par les flottes conjuguées des Pisans, des Génois et des Grecs que par les Allemands. Alors se glissèrent entre le pape et l'empereur des malentendus qui devaient dégénérer en querelle. Il s'agissait de la suzeraineté sur les territoires normands. Le pape la réclamait comme un privilège ancien; l'empereur, en se basant sur la coutume de ses prédécesseurs. Enfin, ils s'entendirent pour exercer en commun la suzeraineté sur les Pouilles. Le vassal était Rainoulf d'Aversa, un rival de Roger II. Mais, à peine l'armée allemande se fut-elle retirée que Roger reprit le territoire perdu et répandit à nouveau la terreur dans l'Italie méridionale. Ce fut en vain qu'on lui proposa la médiation de Bernard de Clairvaux, en vain que Bernard chercha à lui faire reconnaître les droits d'Innocent II. Seule la mort devait mettre fin au schisme. Anaclet expira en 1138 Quelques semaines auparavant, sur le chemin du retour en Allemagne, Lothaire était décédé.

     

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Bibliographie

- Cuvillier, J.-P. (1979), L’Allemagne médiévale. Payot.

- Noël, J.-F. (1976), Le Saint Empire, PUF, Paris

- Pacaut, M. (1989), La théocratie. Desclée, Paris.

- Parisse M. (2002), Allemagne et Empire au Moyen age, Carré Histoire, Hachette.

- Rapp, F. (2000), Le Saint Empire romain germanique, d’Otton le Grand à Charles Quint. Seuil.

- Rovan, J. (1999), Histoire de l’Allemagne, Seuil.

- Schillinger, J. (2002), Le Saint Empire, Ellipses.

 

 
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