LE FASCISME

Refusant le libéralisme issu de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle, le fascisme se caractérisa par la mise en place d'un Etat totalitaire à parti unique, la négation de la lutte des classes par le corporatisme, un nationalisme exalté et l'obéissance absolue à un chef charismatique, exemple typique de l'état que mis en place Mussolini en Italie de 1922 à 1945. L'usage du mot s'est étendu à l'ensemble des régimes dictatoriaux de droite.

 

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Matteotti Giacomo (1885-1924)

 
 

Giacomo Matteotti est issu d’une riche famille de propriétaires fonciers, il mena à bien des études de droit et milita dans sa jeunesse au sein du Parti socialiste italien.

En 1919, il fut élu député (dans les conscriptions de Ferrare et Padoue, comme député de Rovigo) et resta fidèle au Parti socialiste quand celui-ci se scinda pour donner naissance au Parti communiste italien en 1922. Durant les élections qui virent consacrer la victoire fasciste (1922), il dénonça les méthodes, violentes et malhonnêtes, de ces derniers, il était alors président du Conseil. Le 30 mai 1924, il réclama l’annulation des élections et promit d’apporter de nouvelles preuves des malversations fascistes durant les élections. Le 10 juin, il sera enlevé par des miliciens fascistes et poignardé à mort ; son cadavre fut retrouvé 2 mois plus tard, le 15 août, à la Quartarella, à 25 kilomètres de la capitale. Un témoin ayant relevé l’immatriculation de la voiture permet de retrouver les assassins ; en tout ce sont 5 partisans fascistes qui sont en cause, leur chef se nommait Amerigo Dumini. Le Parti fasciste fut ébranlé par la vive émotion qui gagna le pays, et l’étranger, à la découverte du crime ; on parlait désormais de l’ « affaire Matteotti », une affaire qui mit sérieusement en péril le pouvoir de Mussolini.

Le chef du Parti fasciste se retrouvait isolé, abandonné par bon nombre de ses amis, il décida d’exclure du gouvernement les éléments les plus extrémistes du Parti, de faire arrêter les auteurs du crime et de promettre leur jugement. Cependant Mussolini réussit à se sortir habilement de ce mauvais coup, aidé en cela par les erreurs d’une opposition divisée. En effet, le 13 juin 1924, 127 députés opposés au régime décidèrent de quitter le Parlement en se «retirant sur l’Aventin», cette manœuvre maladroite les priva d’une tribune et laissa les mains-libres aux fascistes. Le 3 janvier 1925, Mussolini se décida à « assumer la responsabilité politique, morale et historique de tout ce qui s’est passé » et à faire, devant les députés, l’annonce de la dictature.

Le rôle du roi, Victor-Emmanuel III, qui est l’arbitre de la situation à ce moment là, se retranche derrière la Constitution, qui lui interdisait d’intervenir directement, et refuse de prendre connaissances des documents accusant les fascistes. Mussolini reprit sans difficultés le contrôle de la situation. En janvier 1926 s’ouvrit, à Chieti, le procès des fascistes de Dumini, défendus par Farinacci, secrétaire général du Parti fasciste. Deux des assassins furent absous; les trois autres, condamnés à six ans de prison, furent amnistiés au bout de deux ans de détention.

La question qui reste patente est de savoir dans quelle mesure Mussolini fut au courant de l’exécution de Matteotti, en était-il le commanditaire ? De Bono, le chef de la police, était-il lui aussi au courant des agissements de ce commando fasciste ? Il semble que l’on puisse dire aujourd’hui que l’un comme l’autre furent au courant de l’existence et des agissements du commando, plus même puisque, selon Pierre Milza, ils travaillaient sous la direction du général De Bono. Mais par contre rien ne prouve que l’un ou l’autre fut l’instigateur de l’enlèvement ; Mussolini nia toujours avoir ordonné l’exécution du député et rejeta la responsabilité sur certains de ses collaborateurs ; il fit valoir comme preuve qu’il aida pendant des années la veuve de Matteotti à financer les études de ses enfants.

Pourtant il est possible d’affirmer qu’il existait un « complot » destiné à cacher les affaires de « pots-de-vin » auxquels furent mêlées Mussolini et quelques autres dirigeants fascistes ( par exemple Marinelli, secrétaire administratif du parti ; Filippelli, directeur du Corriere italiano, utilisé comme intermédiaire entre les fascistes et le monde économique, et Dumini) entre 1921 et 1924 ; Matteotti était au courant de ces affaires et il est indéniable que les milieux fascistes redoutaient que le scandale soit révélé par les socialistes.

Les assassins de Matteotti ne furent rejugés qu’en 1947 (seul 3 d’entre eux, dont Dumini, étaient encore en vie), ils seront condamnés au bagne à vie.

 
 
 
 

Source :

Encyclopédie Universalis © 1998 Encyclopædia Universalis France S.A. 

 
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