La
Suisse sous régime étranger (1789-1815)
La République
Helvétique (mars 1798)
Diverses causes provoquent l'intervention des armées françaises sur le
territoire suisse: les aristocrates s'obstinent à maintenir leurs
privilèges
;
les révolutionnaires ont besoin d'armes et d'argent pour mener la guerre
et forment le dessein de passer par la suisse pour se rendre directement en
Italie, Allemagne et Autriche
;
des agents, à la solde du gouvernement de Paris, engagent les sujets à
renverser le joug des aristocrates
;
le club des patriotes suisses de Paris invite
les Français à renverser les patriciens
L'invasion
de la Suisse a lieu en janvier 1798. Les Vaudois se révoltent
contre Berne, les pays sujets se libèrent, Berne est occupée et
rançonnée.
Les Suisses sont incapables de
s'entendre entre eux pour résister.
La République helvétique, organisée
sur le modèle de la France,
remplace la Confédération des 13 cantons. Le pouvoir exécutif
est le Directoire (5 membres),
le législatif est formé de deux chambres et le judiciaire d'un
tribunal suprême. Les citoyens sont tous égaux devant la loi,
les monnaies et mesures sont unifiées. Mais ce régime unitaire
ne convient pas à la Suisse et suscite une grande opposition.
Certains cantons tentent de résister mais doivent se soumettre.
L'Acte de Médiation
(1803-1813)
En 1803, Napoléon Bonaparte
octroie à la Suisse l'Acte de Médiation.
Les cantons reprennent toute leur importance. Aux 13 anciens s'en
ajoutent 6 nouveaux. La Diète redevient l'autorité fédérale,
présidée par le landamman.
Napoléon désigne le premier landamman, Louis d'Affry.
Le protectorat de Napoléon dura
dix ans.
En contrepartie des bienfaits accordés, la Suisse doit fournir 16000 hommes
de contingent.
C'est
la chute de Napoléon qui marque la fin de l'Acte de Médiation.
Restauration, réactions libérales (1815-1848)
La Restauration
patricienne (1815-1830)
La Restauration patricienne rétablit
les gouvernements d'avant la Révolution. La France retrouve ses
limites d'avant 1792.
Le Congrès
de Vienne donne le jour à la Suisse des 22 cantons.
Au deuxième traité
de Paris (1815), les grandes puissances
reconnaissent la neutralité de la Suisse, volontaire, perpétuelle
et armée.
Le Pacte fédéral, adopté en
1815, restitue aux cantons leur souveraineté mais le lien qui les
unit est extrêmement faible.
La Confédération est suspecte
aux grandes puissances, mais l'Angleterre la protège.
La situation économique, d'abord
difficile, prend une tournure favorable.
La Restauration est aussi caractérisée
par un élan religieux.
La Régénération
(1830-1848)
Malgré
la résistance des gouvernements, les idées révolutionnaires
font leur chemin; bientôt la révolution française de 1830
déchaîne une vague de libéralisme.
De 1830 à 1831, dans douze
cantons, les conservateurs cèdent la place aux libéraux.
En 1833, le projet d'une nouvelle
constitution, révisant le pacte de 1815 dans un sens libéral,
est soumis aux cantons. Il n'obtient pas la majorité requise.
En 1833 Bâle se partage en deux
demi-cantons.
La Suisse accueille les
proscrits.
De vives oppositions se font jour
parmi les Confédérés. Vers 1840 naît le parti radical.
Les Neuchâtelois s'insurgent
contre leur souverain et se prononcent en faveur de la république
Le Sonderbund
(1845-1847)
La suppression des couvents
d'Argovie (1841), le rappel des Jésuites
à Lucerne (1844) et l'attaque des corps
francs (1844-1845) exaspèrent les esprits; les cantons
catholiques jurent de se prêter main forte. Le onze décembre 1845,
Uri, Schwitz, Unterwald, Lucerne,
Zoug, Fribourg et Valais forment l'alliance séparée du Sonderbund.
L'affaire
des Jésuites et du Sonderbund amènent de violents débats à la
Diète mais aucune solution n'est trouvée et le conflit est tranché par les
armes. Le Sonderbund est défait en 1847, grâce au général Dufour.
La défaite occasionne des suites
fâcheuses pour les catholiques, mais elle hâte l'avènement
d'une constitution plus démocratique.
Partout
en Europe, des révolutions se déchaînent au début de l'année
1848. Mais seule la Suisse parvient à instaurer un état fédératif
avec un pouvoir central fort.
La
Suisse, un état fédératif
(1848, 1874)
La constitution de
1848
En 1848, La Suisse abroge le
pacte de 1815 et se donne une nouvelle constitution (adoptée par
le peuple le douze septembre 1848). Le gouvernement central est
plus puissant. Les cantons possèdent une souveraineté, mais
limitée.
La constitution de 1848 est un
progrès sensible vers la démocratie, mais le peuple n'exerce ses
droits que par l'intermédiaire des Chambres fédérales; elle
favorise la centralisation, mais ne rejette pas le libéralisme,
conforme aux traditions suisses.
Evolution
politique et Kulturkampf
Le Kulturkampf
(1870)
Le Kulturkampf est un mouvement
politique et religieux dirigé contre l'Eglise et le Souverain
Pontife.
Après
le concile du Vatican, certains catholiques, en Suisse comme en
Allemagne, font défection.
Les effets désastreux de cette
lutte sont de courte durée.
Mais
les excès du Kulturkampf entraînent
des revirements politiques dans deux cantons: Lucerne et Tessin.
Finalement, libéraux et conservateurs se rapprochent.
La révision de
1874
La centralisation est renforcée, l'instruction est rendue obligatoire,
gratuite et laïque, articles contre les couvents et contre les Jésuites.
Le tribunal fédéral est déplacé à Lausanne. Le peuple obtient
le droit de référendum.
La Suisse et
les institutions internationales au XIXème siècle
La Suisse, pays neutre, est apte
à jouer un rôle international.
La Croix-Rouge,
fondée par Henri
Dunant, est fondée à Genève en 1864.
De
1874 au début du siècle
Les transports et l'industrialisation se développent.
Dès 1890, la constitution peut légiférer en matière sociale.
Dès 1891, initiatives constitutionnelles et monopole des billets de banque
pour la Confédération.