3,5 milliards à 10.000 av JC.
En
1976, dans la région du Vieux-Emosson
(en Valais) sont trouvées des empreintes de dinosaures; ces
traces remontent à 200 mio. d’années environ... Le
climat commence à refroidir il y a 1 mio. d’années environ,
refroidissement qui s'étend jusqu'en 10'000 av JC environ. Les périodes
glaciaires et tempérées vont se succéder. Le
paléolithique en Suisse : 600.000 - 10.000 av JC. En
1974, c’est à Pratteln (BS) qu’est trouvée la plus ancienne
pierre taillée de Suisse (c’est une arme). Le premier ornement
humain en suisse fut trouvé à St Brais (Jura), c’est une dent. La
grotte de Cottencher
(NE) regorge d’ossements d'animaux. La
grotte de Kesslerloch (SCH) a fourni de remarquables objets en os.
La révolution néolithique ( 5000 - 2000 av JC
).
L’homme
commence à pratiquer l’agriculture, les sols sont fertiles grâce
aux alluvions déposés par les eaux de fonte des glaciers ! Le
nomade devient sédentaire, le prédateur devient producteur. L’élevage
s’accroît. L’homme maîtrise le tissage, la pierre polie (néo
= nouvelle, lithique = pierre) remplace la pierre taillée, la céramique
fait également son apparition. Exemple
de village lacustre : Ecolzwil (LU).
Nécropole du
Petit-Chasseur,
qui se trouve à Sion (dont une tombe de toute beauté !).
L’âge des métaux ( 2000 - 750 av JC ).
On
passe du cuivre au bronze (avantages militaires et commerciaux).
Le climat est à nouveau bouleversé, de nombreuses pluies
obligent les hommes à vivre sur les hauteurs (Châtillon sur Glâne
(FR) est un exemple de lieu fortifié). Le fer est utilisé et
l’épée fait son apparition. Pour alimenter les fours il
fallait de grandes quantités de bois, cela implique un déboisement,
celui-ci procure de nouvelles terres pour l'agriculture et l'élevage. Les
Celtes envahissent l’Europe, une des tribus s’installe en
Suisse, ce sont les
Helvètes
(ils occupent le plateau); de
nouvelles places fortifiées sont érigées telles Mont-Vully,
Berne, Bâle...
César parle de 400 villages et 12 villes dans la
guerre des Gaules.
Fait
plus mineur, bien qu’important, les Celtes apportent avec eux le
tour de potier. La civilisation celtique est la dernière étape
de l’évolution de la préhistoire à l’histoire.
L’époque romaine.
Les
Romains ont un empire immense vers la fin du IIème siècle,
"seuls" les Gaulois leur résistent (pillage de Rome en
390 av JC). Le territoire helvétique est occupé par des tribus
celtiques (Rauraques, Séquanes, Allobroges, Nantuates, Seduni,
Veragri, Helvètes).
Divico commande les
Tigurins,
ces migrants écrasèrent en
107 av J.-C. une armée romaine à Agen
(France) : Rome riposte et défait l’ennemi. Les Tigurins
reculent et s’établissent sur le plateau suisse (près des
lacs: Neuchâtel, Morat, Bienne). Les Romains (ou plutôt César)
ne souhaitent pas voir les helvètes émigrer en Saintonge car ils
seraient trop près de leurs frontières (en fait les helvètes
auraient été plus éloigné... mais César avait besoin d'un prétexte
pour se forger une réputation militaire...). L'une des raisons
principale de la peur romaine était de voir le territoire du
Plateau suisse vidé, cela risquait en effet d’attirer les
peuples germaniques et ce ne sont pas des voisins idéaux !
En
58
av J.-C., les Helvètes, avec Divico à leur tête, quittent leur
territoire. D’après Jules César, ils seraient 400'000. Les
historiens s’accordent sur le chiffre de 200'000. Les Romains ne
laissent pas passer les Helvètes au-delà du Rhône, ces derniers
prennent alors la route du Jura. A
Bibracte
(près d’Autun) une terrible bataille les opposa. Les Helvètes
furent défaits et durent retourner sur leur terre. La porte de
l’Helvétie était ouverte aux Romains ! D’abord
les Romains s’emparèrent du Tessin, puis du territoire des
Allobroges. En
45 av JC, la colonia Julia Equestris (actuelle ville de Nyon) est
fondée. Ce sont les cavaliers (d’où le nom equestris) à la
retraite de l’armée romaine qui peuplent cette ville, c'est un
poste d’observation très important en Helvétie. Les Helvètes
étant alliés avec les Rauraques, il
était capital pour les Romains de contrôler le passage clé
entre le Jura et le Rhin, ainsi leurs ennemis seraient séparés.
En
43 av JC, la colonia
Augusta
Raurica est établie près de Bâle à Augst (destinée
aussi à des vétérans de l’armée). Aoste
est fondée en Italie et son forum est en extension. Octodorus
(Martigny), bourg celtique, se développe. Ces deux localités
d’importance seront reliées l’une à l’autre par le
Grand-Saint Bernard. Ainsi, les Romains contrôlèrent-ils les
grands axes routiers du quadrilatère helvétique.
La
romanisation est avant tout signe d’urbanisation. Ainsi, Nyon,
Augst, Martigny et Avenches. Le nom d’Aventicum (Aventia = déesse des Helvètes) est celui de l’actuelle
ville d’Avenches. La colonie est protégée par une enceinte
imposante de presque 6 kilomètres de long, flanquée de 73 tours
et 4 portes principales. Avenches a dû compter au maximum 20'000
habitants. Il y a un port, le seul de la Suisse romaine (sur le
Lac de Morat). Des petites villes ou des bourgs (vicus) sont aussi
créés, ainsi Lousonna
(Lausanne) ou encore Saladorum (Soleure), Geneva, Viviscus (Vevey) Minodunum
(Moudon), Ad Fines
(Pfyn)...
La civilisation celto-romaine.
La
coexistence celto-romaine qui eut lieu en Helvétie et ailleurs
laissa de profondes influences romaines aux Celtes, par exemple
dans les domaines de la construction (mosaïques, céramique).
Malgré cette dominance romaine, les Celtes ont réussi à garder
bien des traits de leur originalité (art sculptural). La
religion, elle, révèle une fusion harmonieuse entre les deux
peuples (ex : le dieu -Mars albiorix- vient de Mars, le dieu
romain de la guerre et d'Albiorix = des Alpes celtes).
Les premiers chrétiens.
Ce
sont les soldats des légions romaines qui vont amener le
christianisme en Suisse. Il n’y a, en Suisse, aucun témoignage
de chrétienté antérieure à la fin du IIIe siècle (Avenches :
découverte de deux gobelets en verre portant des inscriptions chrétiennes,
env. 300). Cela ne veut bien sûr pas dire qu’aucun chrétien ne
vécut avant en Suisse. L’archéologie fait loi ! Les
Romains persécutèrent les chrétiens on le sait, et la Suisse ne
fut pas épargnée. La tradition rapporte qu’une légion
stationnée à Agaunum
(St Maurice) fut massacrée car ses soldats, parmi lesquels St
Maurice, ont refusé de sacrifier aux idoles païennes. On peut
penser que l’origine du drapeau suisse (rouge à croix blanche)
date de cet épisode. Au IIIe siècle, les Alamans envahissent le plateau. En 313, l’état
romain autorise, par l’Edit de Milan, la libre pratique
du christianisme (qui deviendra une religion officielle à la fin
du IVe siècle).
Les invasions germaniques. Le début du Moyen
Age ( 400 - 900 ).
La Suisse des Alamans, des Burgondes et des Goths.
Au
IIIe siècle, les Alamans font des incursions de pillage sur le
plateau suisse et cela malgré les impressionnantes fortifications
dressées par les Romains. Augst est détruite, Avenches l'est aussi (mais sera reconstruite en partie). Les Romains
ripostent et repoussent les pillards, mais ce n’est qu’un bref
répit. En 410, Rome est saccagée par les Wisigoths, en 455 par
les Vandales, le
Moyen Age se profile lentement.
C’est
au Ve siècle que les Burgondes s’installent pacifiquement en
Savoie. Aetius (général
romain) les y avait autorisé. A l’Est, ce sont les Alamans qui
s’installent peu à peu.
En
476, l’empire Romain
d’Occident "s’écroule". Les Francs s’installent
au Nord de la Gaule. Le Sud et l’Espagne sont occupés par les
Wisigoths. Les Ostrogoths soumettent l’Italie, le Tessin et la
Rhétie. Les Vandales envahissent le Nord de l’Afrique.
La Suisse des Francs et des Lombards.
Au VIe siècle,
les Francs mérovingiens
dominent
presque entièrement la Suisse. Le
premier roi Franc est Clovis. En 496, ils soumettront les Alamans. En 534, ils mettent
fin au royaume Burgonde. Le Tessin échappe aux Francs, mais tombe
sous le joug des Lombards, peuple germanique, établi en Italie.
L’apogée du royaume Franc viendra au IXe siècle avec
Charlemagne. En
843, Charlemagne meurt. Son héritage fut le théâtre de
luttes sanglantes jusqu'à ce que ses héritiers se le partagent. La
partie occidentale, à l’origine de la France, ira à
Charles
le Chauve. La
partie orientale, à l’origine de l’Allemagne, ira à Louis le Germanique. Au Centre, ce que l’on appelle l’Ancien empire, appartient à
Lothaire.
Par
le morcellement progressif de ce dernier naîtront le royaume
d’Italie en
870,
le second royaume de Bourgogne en
888.
L’héritage culturel du haut Moyen Age.
Les
civilisations Burgonde et Alamane ont signé l’avenir
linguistique de la Suisse. D’un côté se développe le
schwyzerduetsch et de l’autre le roman. On connaît moins bien
les peuples germaniques que les romains car leurs habitations étaient
en bois, on n’en retrouve donc plus de traces, seuls certains
bijoux et armes nous sont révélés.
La féodalité en Suisse.
C’est
dès le XIe siècle que la vie des paysans s’améliore, les progrès
techniques, l’assolement triennal (première année : céréales
d’hiver, deuxième année : céréales de printemps. La troisième
année : jachère). Sur
le Plateau, la plupart des paysans dépendent d’un propriétaire
foncier : le seigneur. Les paysans se divisent en serfs, qui
sont propriété du seigneur, et en tenanciers libres (qui ne dépendent
du seigneur que pour
les terres qu’il a reçues). Dans les Alpes, les paysans vivent
indépendamment. Plus tard, la convoitise seigneuriale tentera de
soumettre ces hommes qui
défendront farouchement leurs privilèges (Uri par exemple). La
production agricole augmente, ainsi la condition du paysan s’améliore
(les serfs rachèteront leur liberté, les seigneurs sont obligés
de réduire les taxes pour retenir les gens de l’attrait
qu’exerce la ville).
Depuis
1033, tout le territoire suisse fait partie du
St Empire romain germanique.
On peut représenter le système féodal par une pyramide dont le
roi est au sommet et les paysans à la base ; entre les deux,
un réseau complexe de dépendances lie les seigneurs (vassaux, suzerains). Quelques familles ont assis leur autorité.
Ainsi, Humbert
aux Blanches Mains
a fondé la dynastie des
Savoie.
Ils se heurteront aux
Zahringen puis aux Habsbourg.
Les Zahringen s’éteignent en
1218.
Quant aux Habsbourg, leur ascension est très rapide. N’oublions
pas, dans la donne féodale, l’église (évêques, abbayes,
couvents).
Entre
le XIIIe et le XVe siècle, les cantons suisses (en grande partie,
puis complètement) accédèrent à l’immédiateté impériale
qui résultait au fait qu’un territoire n’était pas soumis à
un seigneur, mais directement à l’empereur. Ainsi, la notion de
bourgeois prit corps.
Fondation de la Confédération suisse
On
connaît l’indépendance de la communauté uranaise, bientôt Schwyz
et Unterwald s’organiseront aussi. C’est en
1231,
qu’Uri bénéficiera de l’immédiateté impériale et en
1240
que Schwyz y accèdera à son tour (les Habsbourg refusent de
reconnaître cet acte). Unterwald, elle, ne bénéficie d’aucun
privilège.
En
1273,
Rodolphe de Habsbourg est nommé empereur. Les Waldstaetten avaient l’immédiateté
pour se protéger des Habsbourg et voilà que ces derniers
deviennent à leur tour leur protecteur ! Devant le danger,
les quatre communautés auraient peut-être contracté une
alliance.
Rodolphe
ne remit pas en question les privilèges accordés, mais ayant un
empire immense, il fit appel à des fonctionnaires pour rendre la
justice, gérer ses biens et ceux de l’empire : les
baillis.
Ceux-ci ne sont pas toujours enclins à respecter les usages
locaux. Ces baillis sont de conditions inférieures aux hommes
libres que sont les habitants des vallées, dès lors ces derniers
n’acceptent pas le fait d’être jugés par des gens de
condition inférieure. Les lourds tribus payés pour la guerre de
Rodolphe et les péages divers contribuent à faire grandir la colère
autour du Lac des Quatre-Cantons.
C’est
en 1291 que meurt Rodolphe. Inquiet de l’avenir incertain, les Waldstaetten contractent une alliance au début d’août.
"L’alliance" est rédigée en latin. Elle prévoyait
une assistance mutuelle et gratuite en cas d’agression. La
justice ne sera pas exercée par un fonctionnaire venu de l’étranger,
en cas de conflit entre deux communautés un arbitre sera désigné
et ses décisions respectées, des peines seront prévues contre
meurtriers et incendiaires.
De la fin du XIIIe au
milieu du XIVe
Il
y a deux types de création politique : urbaines et rurales.
Recherche
d’une communauté politique
Entre
1291 et 1353, ce sont 8 cantons qui s’unissent pour assurer leur
sécurité face aux féodaux de l’empire: les Habsbourg en tête.
La puissance des Habsbourg les mène à tenter d’obtenir le trône
de l’empire. Ils vont y parvenir avec
Rodolphe
Ier entre 1273 et 1291 nous l'avons vu. Puis de
1298 à 1308 et ensuite de 1498 jusqu'à 1806.
Ils
seront donc quasi sans discontinuité présents dans l’empire.
Les communautés rurales et alpines.
Elles
apparaissent aux XII-XIIIe siècles devant les conditions difficiles, il y aura
union pour lutter. C’est surtout par vallée que l’union se fait.
Ces communautés sont des assemblées agricoles et forestières,
elles sont liées à l’économie pastorale de la vallée, bientôt
elles dériveront de l’économie à la politique. Jouissant de
libertés vis à vis de l’autorité féodale locale, sans toutefois
une remise en question totale de leurs devoirs (ne sont ni
subversifs, ni révolutionnaires). La fédéralisation de la suisse
centrale favorise ce type de communauté. Il y a plus d’hommes
libres, les charges sont moins lourdes, il y a une relative
égalité des uns et des autres (attention pas égalitaire non plus).
Il y a contact d’une vallée à l’autre. La pauvreté naturelle de la
suisse centrale explique aussi la faible féodalisation de la
région. Jusqu‘au XIIIe, au point de vue géopolitique, ces communautés
n’ont pas d’importance économique. Elles seront à l’écart,
ces régions sont isolées. Un événement déterminant sera «l’ouverture»
du Gothard vers 1220-1230.
Il
y a essor du transit grâce à la construction du
Pont
du Diable (On pense que ce sont les habitants du Sud
d’Uri qui ont construit le pont). Cela c’est fait
progressivement ce n'est pas un soudain essor du Gothard. C’est
la liaison la plus rapide entre la Lombardie et l’Allemagne. Une
autre ouverture de col aura une importance particulière vers
1270-1280 : celle du Simplon.
Dans
le cadre helvétique, le Gothard aura une influence primordiale :
-
renforcement de la conscience d’exister des communautés,
organisation du transport ( associations de muletiers ).
-
les profits de l’exploitation enrichissent les vallées qui
peuvent racheter les charges féodales.
L'économie
régionale ainsi que les structures économiques se modifieront:
exportation possible
vers l’Italie, développement du bétail pour l’exportation.
Il
y a aussi circulation d’hommes, donc d’idées. L’isolement
s’efface petit à petit, l’idée du mouvement communale se
propage. Une autre conséquence est que le massif du Gothard gagne
de l’intérêt au niveau géopolitique,
les féodaux vont alors essayer de contrôler la région,
l'affrontement entre féodaux et communes sera inévitable. La
menace se précise, mais elle sera tardive, car les féodaux se
heurtent aux communautés qui sont déjà matures et qui sauront
(de manière limitée) « monnayer » les cols en échange
de libertés. Les
communautés vont profiter du contexte actuel qu'est celui de
l’empire pour s’affirmer. En effet, les luttes entre les
grandes familles pour l’accession au trône sont violentes.
Celles-ci ont besoin d'appuis : Les communautés en tireront
profit. Elles vont acquérir l’immédiateté
impériale.
La Suisse à la fin du Moyen Age et au début du XVIème.
Le
XVIe siècle est à peu près à mi-chemin de l’histoire de
l’ancienne confédération. Nous sommes aussi à un tournant décisif
pour celle-ci à plusieurs points de vues que nous étudierons
dans d'autres pages :
Stabilisation
Le territoire de la confédération se stabilise (1513 accession
au rang de canton d'Appenzell, le 13ème canton; statu
quo jusqu’en 1798). Pour le corps helvétique, c’est à dire
les alliés, les bailliages... la fixation territoriale est aussi
effective (à quelques exceptions toutefois).
Institution
Dans
le contexte des cantons
La
confédération s'oriente vers un état moderne (un gouvernement
fort, contrôlé par la classe politique, fiscalité fixe, armée
organisée, existence d'un ensemble de fonctionnaires, territoire
défini). En Europe, en général, ces caractéristiques se généralisent.
C’est aussi l’époque ou disparaît le rêve d’unification
européenne. La coupure des populations par la Réforme
est à l'évidence l'une des raisons de l'abandon de ce rêve.
L’état
nation prend alors son essor. Cela débouchera sur
l’absolutisme, véritable sacralisation du pouvoir. Ce processus
se retrouve, avec nuance toutefois, en Suisse.
Au
plan fédéral
Le
principe de la souveraineté cantonale se développe et la
constitution d’un état fédéral se heurte bien évidemment à
cette souveraineté. La Réforme a joué, là aussi, un rôle
primordial dans les difficultés pour créer un gouvernement fédéral.
Il y a de nombreux clivages en Suisse
religieux, géographique, économique... L’histoire politique de
la Suisse sera centrée sur le conflit entre religion (réformés-catholiques).
Le besoin de sécurité face à l’étranger ne sera pas respecté.
Malgré tout, les forces d’intégration vont maintenir la Suisse
en tant que confédération.
Politique extérieure
Premièrement
le détachement de
fait
de l’empire. La dépendance à l’empire n'est plus
effective. L’événement décisif est la guerre
de Souabe (1499) gagnée par les confédérés.
Mais, en
droit,
il faudra attendre le traité de
Westphalie (1648) pour obtenir l’indépendance
suisse. L’indépendance est une condition primordiale pour le
sentiment d’unité des confédérés. Deuxièmement
l'échec de l’impérialisme
helvétique : défaite de Marignan
(1515) et de Pavie (1525).
Obligation d'un repli, obligation de vie commune, politique
d’abstention dans les affaires européennes et neutralité quasi
forcée en sont les résultats.
On
distingue 3 phases au début de la réforme :
1)
des origines de la confédération
au XIV.
2)
milieu du XIV à
1415.
Naissance
d’une classe politique que l’on peut affiler à un embryon
d’état
: La
confédération. Il y a un embryon d’autorité centrale :
la
Diète. Ce pré-état élargit son territoire par la conquête,
c'est l'impérialisme suisse. L’empire et l’église
reconnaissent la confédération comme corps politique.
3)
de 1415 à la réforme.
La
Suisse atteint sa maturité. Son expansion est spectaculaire. Elle
devient une puissance européenne. Prenant ses distances par
rapport à l’empire. Elle s'affirme par opposition aux menaces
extérieures. C’est l’apogée de la confédération.
De la réforme à 1798.
1)
le 16ème ;
rapprochement avec la France. Point culminant du conflit entre
partisans de la modernisation de l’état et les autres (en tête
les catholiques).
2)
le 17ème ;
séparation juridique confédération-empire. Dans le domaine de
la défense, on essaie de créer une armée, ce sera un échec qui
aboutira à la guerre civile. Sur le plan cantonal l’oligarchie
s’affirme fortement.
3)
le 18ème ;
l’influence française sera capitale pour la survie de la
confédération. Pas d’évolution intercantonale. Il y a
engourdissement (des institutions, du militaire et du politique.
C'est l'oligarchie qui est responsable de cette fixité).
En
1798 ce système s’écroule facilement devant la
révolution
française. Ce corps politique était dépassé, le
lien était trop lâche, la défense était impossible et la confédération
disparaîtra avec l’invasion française.
En
fait, les trois premières phases correspondent à la genèse de
l’état naissant, les trois dernières, c’est la simple survie
de cette création antérieure. Survie
et décadence. Attention, toujours sur le plan institutionnel
et non économique.