La
scission entre l’empire d’Occident et d’Orient amoindrit
la puissance politique impériale, mais la civilisation romaine
ne s’éteignit pas totalement.
Il
est difficile d’évaluer avec précision la date à laquelle
le destin de Rome fit basculer l’empire vers son irrémédiable
déclin. Un transfert du pouvoir de
l’empire romain d’Occident vers celui d’Orient s’était
amorcé sous
Dioclétien
(284-304). Cette tendance se confirma sous
Constantin,
premier empereur à se convertir au
christianisme depuis son palais de Constantinople.
Si
Rome n’était plus la capitale de l’empire,
le
christianisme ne constituait pas un ciment suffisant pour
garder unis l’Orient et l’Occident. L’empire oriental se
referma de plus en plus sur lui-même. Le dernier empereur
romain à régner sur les deux zones géographiques fut
Théodose
(347-395). Il entérina également le christianisme, en
bannissant les autres dogmes. Au cinquième siècle, les deux
empires étaient gouvernés séparément. A la chute de Rome,
l’Église occidentale était déjà une institution puissante,
avec sa propre structure administrative, et les ecclésiastiques
jouèrent un rôle important dans les deux siècles à venir. Ce
fut notamment le pape, et non l’empereur, qui persuada
Attila
de se retirer d’Italie.
Dans
l’Occident subissant les invasions barbares, les gens continuèrent
à parler latin et à regarder vers Rome pour ses lumières. De
nombreux peuples barbares, établis aux confins de l’empire,
se convertirent au christianisme, et s’intégrèrent
suffisamment dans l’empire pour faire partie des défenseurs
de Rome contre les Huns. Après la
chute de Rome, ce fut en Orient que la gloire romaine et le
raffinement de sa civilisation survécurent, malgré
l’adoption du grec comme langue officielle et scolaire. L’Occident
connut alors des Temps Obscurs, où
les seules survivances de la culture romaine perdurèrent à
travers l’église.