SOMMAIRE - Divers

La rubrique Divers regroupe divers travaux et dossiers relatifs à des sujets variés ou spécifiques. Ainsi, par exemple, un important dossier consacré à l'Histoire de la Suisse, un index de personnalités historiques, des chronologies, des dossiers d'histoire économique, d'introduction aux études historiques ou de didactique de la discipline.

 

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Horace (Quintus Horatius Flaccus) (-65 à -8)

 
 

Horace est né à Venouse (aujourd'hui Venosa, à mi-chemin de Naples et de Bari). Son père, esclave affranchi exerçant désormais le métier de coactor (=caissier des ventes aux enchères), le poussa à aller étudier à Rome (ce qui est exceptionnel à l’époque puisque l’on ne se déplaçait pas pour étudier) puis à Athènes, voyage qu'il laissa entreprendre à son fils sans l'accompagner. Horace suivit des cours de philosophie et de poésie grecques à l'Académie. Son père fut un homme admirable, offrant la meilleure éducation possible à son fils tout en ne devenant pas un père "possessif", Horace ne manqua pas de lui rendre hommage ; il dit notamment que s'il avait à choisir ses parents il prendrait les mêmes. On ne sait presque rien de sa mère qui est sûrement morte en le mettant au monde. De son enfance "campagnarde", Horace conserva le goût de la solitude et de la nature.

Peu après l'assassinat de Jules César en 44 av. J.-C., Horace se trouvait toujours à Athènes et fut « embrigader » par les partisans de la République. Il s’enrôla dans l'armée républicaine, poussé  par l'un des meurtriers, Brutus. Il fut nommé tribun militaire et prit part à la bataille de Philippes, en 42 av. J.-C., qui se solda par la défaite de l'armée républicaine face à Marc Antoine et à Octave (le futur empereur Auguste). Horace se trouvait dans le camp des vaincus. Cet échec le marqua douloureusement ; après l'amnistie, il revint à Rome, où il obtint un poste de scribe auprès d’un questeur (scriba quaestorius), et se consacra à la poésie. Entre-temps son père était mort et ses terres avaient été confisquées et données aux vétérans de l’armée d’Antoine et d’Octave ; Horace n'entreprit rien pour les récupérer, ce qui ne fut pas l’attitude de Virgile. Mais soulignons qu’au-delà d’une différence de caractère entre les deux hommes c’est peut-être parce que Horace était dans le camp des vaincus et qu’il devait faire profil bas… Chacun comprit que l’essentiel était acquis le jour où le jeune Octave remporta sur les forces d’Antoine et de Cléopâtre une victoire décisive (bataille d’Actium, 2 septembre 31). Il est peu d’événements historiques qui, dans la littérature, dans la sensibilité commune, aient défini aussi nettement un seuil, marqué un avant et un après. Ce sera le temps de la pax Augusta ; la fin des guerres civiles.

Les poèmes d’Horace plurent à Virgile, alors poète-lauréat. Vers 38 av. J.-C., ce dernier présenta Horace à Mécène, homme d'État (et grand seigneur étrusque), protecteur des arts et ami d'Octave. Cette rencontre fut importante pour Horace, car non seulement Mécène lui permit d'entrer dans les cercles politiques et littéraires romains, mais il lui offrit, en l'an 33 av. J.-C., un domaine dans les collines de la Sabine, afin qu'il puisse s'y retirer, loin du tumulte de Rome. L'œuvre d'Horace est composée de satires, d'épodes, d'odes et d'épîtres. Elle transmet un enseignement moral, mais en même temps la rigueur du stoïcisme est tournée en dérision. Elle est aussi d’une forte unité bien que les styles des ouvrages soient bien différents les uns des autres (agressif dans un premier temps, ils deviennent sereins par la suite). Horace parcourt toute l’étendue du style poétique; c’est vers 35-34 qu’il publie un premier recueil de 10 satires, mais le tout premier recueil qui nous a été conservé s’intitule Epodes.

Les Epodes.

Il y est question de politique, la hantise du retour de la Guerre Civile s’y exprime. Horace exprime le rêve insensé de quitter la Rome haineuse pour se réfugier au paradis des Îles Fortunées (XVI), expression également de la mélancolie de l’homme face à son destin (XIII). Mais on y compte aussi de nombreuses invectives : contre un mauvais poète, contre une vieille coquette…Horace fait aussi l’éloge de la vie à la campagne. A la même époque il compose son premier livre de satires…

Les Satires

Dans les Satires, l'auteur traite de questions éthiques telles que l'ambition, la stupidité des comportements excessifs ou la cupidité. Mais il dénonce aussi les vices et les défauts de ses contemporains. Il s’interroge aussi sur les règles et sur la portée de la satire.

Le premier livre des Satires (35 av. J.-C.) comme le second (30 av. J.-C.) sont des recueils de dialogues, mais tous les genres prennent place dans l’œuvre (dialogues, récits, fables…). Ces deux volumes, composés respectivement de dix et de huit satires, sont marqués par un esprit de tolérance et une liberté de ton. En référence au poète Lucilius (180-102), la satire évoquait alors une forme littéraire affranchie de règles trop strictes et où tous les tons pouvaient composer: Horace, d’ailleurs, emploie souvent le terme de sermones (conversations, libres propos ; surtout des causeries à vrai dire) et c’est peut-être le titre véritable du recueil. L’amitié de Mécène a inspiré quelques-unes des pièces les plus belles.

Exemples de Satires : L’éloge du juste milieu (II) ; les péripéties d’un voyage en «province» à Brindes (en compagnie de Mécène, de Virgile et de quelques autres), pour aller assister à la réconciliation entre Antoine et Octave. Mais Horace ne transcrit pas les énormes enjeux politiques et diplomatiques du voyage mais fait une description de la vie quotidienne des voyageurs, le tout sur un ton léger qui garantit l’effet de « démythification » (V), les propos cocasses de plaideurs incultes, parodie de certaines scènes épiques (VII) ceux d’un homme converti au stoïcisme, éloge de l’indulgence (III, 2). On constate que les sujets « légers » se mêlent aux sujets « moraux » (juste milieu, indulgence…). Soulignons qu’Horace évite la satire politique, il n’est pas d’un rang social suffisamment élevé pour se permettre de « taquiner » les puissants.

Les Odes

Les œuvres poétiques majeures d'Horace restent les Odes, qui sont inspirées — voire imitées pour nombre d'entre elles — notamment du poète Sappho. Pour écrire cette œuvre, Horace va refuser un intéressant poste de secrétaire d’Auguste en Espagne. Les 88 poèmes des Odes, qui témoignent de la grande connaissance qu'avait Horace de la poésie lyrique grecque, ne sont pas exclusivement politiques, puisqu'ils célèbrent la paix, la patrie, l'amour, l'amitié, le vin, les plaisirs et la simplicité de la vie campagnarde et aussi des éléments de la vie de l’auteur (ainsi l’épisode où il faillit être écrasé par un arbre); elles contiennent en outre de nombreux éléments tirés des mythologies grecque et romaine. Influencées par Pindare et renommées pour le rythme, l'ironie et la courtoisie qui s'en dégagent, les Odes d'Horace furent imitées par des poètes anglais du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, tels que Pope et Milton. En France, Ronsard, Du Bellay et Montaigne se sont également inspirés de ces Odes pour nourrir leur propre œuvre notamment du fameux Carpe diem (profite du moment présent) qui sera tant repris par d’autres encore. L’une des Odes célèbres se nomme Nunc est bibendum (maintenant il faut boire), ce n’est pas une chanson à boire mais la célébration dans la joie de la victoire d’Actium.

Les Epîtres

Vers 20 av. J.-C., Horace publia le premier livre des Épîtres, soit vingt courtes lettres dans lesquelles il expose ses observations sur la société (il dénonce la passion et la cupidité), la littérature et la philosophie. Elles ne se distinguent pas formellement des satires, la principale différence consiste dans le fait que les Epîtres sont adressées à différents destinataires. Ce sont des lettres qui sont tout de même moins agressives que ne l’étaient les Satires. Horace était un philosophe du «juste milieu!», puisqu'il prônait les doctrines de l'épicurisme, mais aussi la modération, jusque dans la recherche de la vertu. C’est surtout la philosophie morale qui est mise en avant, mais elle l’est de manière pratique. Horace recherche l’art de vivre heureux, le bonheur est en nous non hors de nous. Les Epîtres ont les mêmes thèmes que les Satires, mais Horace a vieillit, il est moins agressif. À l'époque où il rédigea ces Épîtres, sa réputation était telle qu'après la mort de son ami Virgile en 19 Virgile en 19 av. J.-C., il lui succéda dans la fonction de poète-lauréat.

Deux ans après cet honneur, Horace revint à la poésie lyrique à la demande d'Auguste, qui lui commanda un hymne pour les jeux de Rome. Parmi les dernières œuvres d'Horace, dont nous ne connaissons pas les dates exactes de composition, citons le second livre des Épîtres, le quatrième livre des Odes et l'Épître aux Pisons, plus connue sous le titre d'Art poétique. Si les deux lettres du second livre des Épîtres sont des commentaires sur l'évolution de la littérature, l'Art poétique véritable traité d'esthétique — célèbre les maîtres grecs, explique la difficulté et le sérieux de l'art d'écrire et donne des conseils techniques aux apprentis poètes.

Horace mourut à Rome le 27 novembre de l'an 8 av. J.-C., peu de temps après son ami Mécène, auprès de qui il fut enterré.

     

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