SOMMAIRE - Canton de Neuchâtel

En ce qui concerne l'histoire du canton de Neuchâtel, nous avons choisi dans ce dossier de la commencer aux alentours de l'an mil. Les documents écrits font défaut de 800 à 998 (date de la fondation du prieuré de Bevaix); on trouve pour la première fois mention de la ville de Neuchâtel dans un acte de Rodolphe III, roi de Bourgogne, en 1011. De la fondation de la ville de Neuchâtel au Traité de Paris signé par Frédéric-Guillaume IV en 1857... Un dossier en construction.

 

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 Neuchâtel durant la Guerre de trente ans   

 
 

Pendant la Guerre de Trente Ans, le comté de Neuchâtel, à l'instar des XIII Cantons, connu une période de prospérité. La Diète avait, en 1627, entreprit de lutter contre le renchérissement des denrées alimentaires et le Conseil d'Etat neuchâtelois s'aligna sur ce projet en procédant également à la dévaluation d'un certain nombre de monnaies.

Les prétentions du marquis d'Ogliani

Lorsque la Défénestration de Prague eut lieu, le 25 mai 1618, les différends opposant le duc de Longueville Henri II aux Quatre-Ministraux étaient à leur paroxysme. L'ambassadeur d'Espagne auprès de la Diète de Baden, le marquis d'Ogliani, menait de difficile négociation: d'une part il sollicitait l'appui des cantons catholiques mais, d'autre part, entretenait de bonnes relations du côté bernois. Il jouait en fait sur les deux tableaux, défendant à la fois les intérêts politiques des Habsbourg et les siens ! Le marquis réclamait en effet la seigneurie de Valangin au nom de son mariage avec une petite-fille du comte René de Challant. En 1601, il avait déjà entreprit de réclamer ce qu'il estimait être son bien, sans succès. En 1618, dans le contexte délicat de la situation européenne et alors même que le conflit entre Henri II et les Bernois n'était pas réglé, il réitéra ses demandes. Le marquis courtisait en tout sens, ainsi il proposa d'abord aux Bernois de devenir les suzerains de la seigneurie de Valangin, puis de l'acheter, enfin de l'occuper... mais Leurs Excellences de Berne refusèrent chacune de ces propositions et se rangèrent aux côtés d'Henri II contre l'ambassadeur d'Espagne. Paradoxe puisque ils avaient, quelques années plus tôt, défendu les Quatre-Ministraux contre ce même Henri II ? Paradoxe en apparence seulement. Berne s'était effectivement opposé à un accroissement du pouvoir du seigneur, mais il n'était pas question de provoquer un changement dynastique.

La défense du Pays

Le comté de Neuchâtel est resté à l'abri de tout conflit pendant plusieurs siècles. Cela tient moins à la présence de force militaire qu'à l'habile diplomatie neuchâteloise et, surtout peut-être, à l'alliance bernoise. Il y a bien eut l'occupation par les Confédérés durant les Guerres d'Italie, mais elle fut plus politique que stratégique. Depuis 1529, donc depuis la rétrocession à Jeanne de Hochberg, et depuis la Réforme, la cité de l'Aar remplissait le rôle de protectrice. Tant que la guerre ne se déroula qu'en Allemagne et en Bohême, Neuchâtel se trouvait bien assez éloigné du conflit. Mais si le conflit devenait européen, les Neuchâtelois avaient au nord comme voisin un prince d'Empire: l'évêque de Bâle, et à l'ouest s'étendaient les terres espagnoles de Franche-Comté. Des opérations militaires dirigées contre l'un de ces deux voisins pouvaient fort bien déborder sur territoire neuchâtelois ! Dans les années 1619 et 1622 le comté s'alerta des manoeuvres militaires près de Besançon, mais elles restèrent purement défensive et le comté s'apaisa. Le 20 mars 1634, des soldats Suédois se présentèrent aux portes de Porrentruy, le danger était imminent : la France allait entrer en guerre.

N'oublions pas non plus qu'en 1634, lors du renouvellement de leur alliance avec l'Espagne, les cantons de Suisse centrale avaient inclus la Franche-Comté dans leur dispositif de garantie militaire. Les temps de paix semblaient s'éloigner pour faire place à un conflit confessionnel, à une véritable guerre civile ! Les violations de frontières tant redoutées eurent bien lieu, mais elles furent moins importantes que prévu. Soldats suédois ou populations fuyant ces mêmes soldats commirent ça et là dans le Haut-Jura des actes de pillages. En septembre 1635, le marquis d'Ogliani se rappela au bon souvenir des neuchâtelois et réitéra ses prétentions sur la seigneurie de Valangin. Cette fois l'empereur Ferdinand le soutenait et le duc de Lorraine, général des troupes impériales stationnées à proximité (Luxeuil) se dit prêt à intervenir en cas de refus. Mais les projets du marquis furent à nouveau contrariés par la fermeté du Conseil d'Etat, soutenu par Leurs Excellences de Berne, qui décidèrent la mobilisation des milices neuchâteloises. A cela s'ajoute, et c'est peut-être la raison principale, le fait que Ferdinand tenait à un Corps helvétique neutre. Le danger de l'étranger semblait écarté, restait celui de l'intérieur. Catholiques et protestants auraient pu, tour à tour, entreprendre campagne avec l'appui d'alliés étrangers. Si les liens politiques et institutionnels y sont pour beaucoup, il ne faut pas écarter les bienfaits économiques que la situation de paix et de neutralité apportaient aux deux parties. Lieu d'asile mais aussi centre de ravitaillement des belligérants, la Suisse, et Neuchâtel, tirait un important bénéfice de leur situation stable.

La paix de Westphalie

Lors des négociations de paix en Westphalie, le duc de Longueville Henri II était soucieux de faire reconnaître l'indépendance de son comté tant par le Saint Empire que par la France. Il obtint, dès 1642, d'être désigné comme prince souverain de Neuchâtel (les lettres patentes signées de Louis XIII portent la date du 30 septembre). Ne rencontrant aucune opposition, Neuchâtel fut donc détaché de l'Empire six ans avant que la Confédération ne le fut. Dans les documents d'histoire suisse nous avons vu le rôle capital de Jean-Rodolphe Wettstein, représentant suisse à Munster. Notons que celui-ci avait conçu un projet intitulé "Défensional de Montbéliard" en accord avec le bourgmestre de Schaffhouse. Le projet prévoyait de réunir Neuchâtel, l'évêché de Bâle et le comté de Montbéliard dans un système de défense commune. Wettstein, dans son souci de protection de l'intégrité du territoire bâlois, pensait même à expulser la France d'Alsace où elle venait de s'installer. Jean de la Barde, nouvelle ambassadeur de France en lieu et place de Caumartin, s'opposa fermement à ce projet de barrière défensive. En 1652, alors que la Fronde sévissait côté français, des pourparlers secrets eurent lieu pour mettre sur pied un système défensif qui plaçait l'évêché sous la protection confédérée. En dépit des menaces d'occupation proférées par la France, la protection confédérée fut accordée.

     

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