SOMMAIRE - Canton de Neuchâtel

En ce qui concerne l'histoire du canton de Neuchâtel, nous avons choisi dans ce dossier de la commencer aux alentours de l'an mil. Les documents écrits font défaut de 800 à 998 (date de la fondation du prieuré de Bevaix); on trouve pour la première fois mention de la ville de Neuchâtel dans un acte de Rodolphe III, roi de Bourgogne, en 1011. De la fondation de la ville de Neuchâtel au Traité de Paris signé par Frédéric-Guillaume IV en 1857... Un dossier en construction.

 

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 Une concurrente redoutable : Henripolis

 
 

En 1625 un projet singulier se dessinait, la naissance d'une nouvelle cité. Le conflit, qui touchait les Grisons et la Valteline, rendait impossible l'utilisation à fin commerciale des cols. Le maintien des échanges entre les Pays-Bas et l'Italie restait un impératif économique au niveau européen. Dans cet axe, Neuchâtel apparaissait comme un lieu sûr, neutre et indépendant.

Henri II fut approché par un groupe de négociants belges. Il n'était pas question pour le duc de Longueville d'accorder à Neuchâtel un statut de port franc, les bourgeois avec qui il avait maille à partir y trouveraient trop leur compte. Il lui fallait fonder une nouvelle cité ! Le prince réduirait ainsi l'influence des bourgeois neuchâtelois par l'essor d'une agglomération concurrente. Si les projets du duc furent bien de réduire l'influence neuchâteloise, il nourrit aussi le souci de ne pas se compromettre ouvertement. Le lieutenant du gouverneur, Jean Hory, prit, en compagnie des négociants belges, la direction des opérations. Les Quatre-Ministraux lui vouèrent dès lors une haine tenace. C'est à Dieppe, en l'année 1625, que l'acte de naissance de la nouvelle cité fut signé. Mais Henripolis, comme la ville aurait du se nommer, ne vît jamais le jour.

Le lieu, entre Thielle et Marin, le plan, une ville en forme de demi-lune, et la charte furent pourtant établis. Des imprimés rédigés en allemand, en français et en italien furent envoyés aux quatre coins de l'Europe; la liberté de conscience, des franchises politiques et fiscales, des privilèges de chasse et de pêche, autant de promesses faites aux futurs habitants de la cité. Mais les difficultés financières apparurent rapidement : Henri II aurait du investir des capitaux considérables. Les négociants belges ou hollandais refusant de se constituer en société par actions, le projet tourna court. A cela s'ajoutait les problèmes que rencontrèrent ceux que l'on avait désignés comme futur gouverneur : Scherrer, un Saint-Gallois à l'origine du projet, fut emprisonné pour dettes ; Iselin, Bâlois établi à Milan, fut retenu par l'Inquisition... on parlait alors du projet Henripolis comme d'une vaste escroquerie. Dans la lutte qui l'opposait aux bourgeois de Neuchâtel, le duc de Longueville connaissait une nouvelle fois le goût amer de la défaite.

     

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Source

- Neuchâtel et la Suisse, article de Léon Montandon, Chancellerie d'Etat 1969

 

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