SOMMAIRE - Canton de Neuchâtel

En ce qui concerne l'histoire du canton de Neuchâtel, nous avons choisi dans ce dossier de la commencer aux alentours de l'an mil. Les documents écrits font défaut de 800 à 998 (date de la fondation du prieuré de Bevaix); on trouve pour la première fois mention de la ville de Neuchâtel dans un acte de Rodolphe III, roi de Bourgogne, en 1011. De la fondation de la ville de Neuchâtel au Traité de Paris signé par Frédéric-Guillaume IV en 1857... Un dossier en construction.

 

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 L'antiquité dans le canton de Neuchâtel

 
 

L'influence de la civilisation helvéto-romaine est évidente, de nombreux sites archéologiques l'attestent, tout particulièrement le long du littoral, sur le plateau de Lignières et au Val-de-Ruz. On connaît de nombreuses villas romaines (comprenant une partie agricole et une partie habitée), une route, la Vy d'Etra, les fragments d'un monument à Wavre, deux stèles à Cressier, mais aucune ville.

L'époque gallo-romaine

Les Romains et les Helvètes

A la Préhistoire, les groupes humains s'étaient succédé sans se voir ou, à tout le moins, sans pratiquer de nombreux échanges entre eux. En revanche, les Romains et les Helvètes se sont rencontrés et les deux civilisations se sont mélangées, car les premiers ont ordonné aux seconds de reprendre place sur le Plateau suisse. Quelques années plus tard, les Romains ont établi deux colonies militaires pour calmer la région, l'une à Nyon (VD), l'autre à Windisch, près de Brugg (AG). Vers 15 av. J.-C., le territoire helvète était inclus dans les frontières de l'Empire romain. En matière de construction, la présence romaine n'a pas modifié les principes gaulois traditionnels ; les maisons ont été pour longtemps encore bâties en bois et en pisé et l'architecture romaine ne s'est imposée qu'au milieu du premier siècle apr. J.-C. Il en est de même de la religion: les dieux indigènes continuaient à être vénérés ; les Romains y ont ajouté les leurs, puis des divinités lointaines. Ce n'est que vers le IVe siècle que le christianisme a commencé à s'implanter en Suisse.

La vie rurale et urbaine

La vie rurale

Lorsque l'on parle des Romains dans la région, on pense tout naturellement à la ville d'Aventicum, aujourd'hui Avenches (Vaud), car le canton de Neuchâtel ne possédait ni ville, ni village. En revanche, le Littoral neuchâtelois, le Val-de-Ruz, le plateau de Lignières ont connu la colonisation ; les nombreux vestiges de fermes en sont la preuve. La vie rurale dominait: l'agriculture, l'élevage et l'arboriculture occupaient les gens. La ferme se subdivisait en deux parties: l'une d'elles était consacrée aux travaux des champs (écurie, atelier, garage), ainsi qu'au logement des ouvriers ; l'autre, la pars urbana, plus luxueuse, abritait le propriétaire et sa famille. On a repéré ces emplacements qui contenaient des blocs de pierre, de la tuile, de la céramique, mais il a fallu des fouilles attentives pour trouver la pars rustica, c'est-à-dire le lieu des activités agricoles.

La vie urbaine

En Suisse romande se sont implantées quelques villes: outre Aventicum déjà mentionnée, on peut citer Colonia Julia Equestris (Nyon, Vaud) et Forum Claudii Vallensium (Martigny, Valais). Dans les villes, on trouvait généralement une place publique, le forum, au carrefour de deux rues importantes. Sur cette place s'élevaient le temple principal, le marché couvert et ses boutiques, les bâtiments administratifs (bureaux, tribunaux). Pour la détente et les loisirs, la cité offrait des lieux de rencontre, tels que le théâtre, l'amphithéâtre et les thermes. Ceux-ci étaient composés de bassins d'eau chaude, tiède et froide, d'un bain de vapeur, d'une piscine extérieure et de places de jeux. La ville possédait un réseau de distribution d'eau potable et d'égouts. Les édifices visibles aujourd'hui encore mettent en évidence le travail raffiné des tailleurs de pierre, des maçons et des couvreurs. On trouvait aussi des artisans: des potiers qui possédaient le tour et le four, des fondeurs qui coulaient le bronze et l'argent, des verriers qui fabriquaient sans doute le verre des fenêtres et moulaient des récipients.

Les communications et le commerce

Les communications

Les voies de communication dans l'Empire romain étaient nombreuses, bien entretenues pour des raisons stratégiques et commerciales. Le pays de Neuchâtel ne se trouvait pas sur ces grands axes. Les routes les plus proches passaient soit de Lousonna (Lausanne) à Vesontio (Besançon), par Urba (Orbe, Vaud) et le Jura ; soit de Viviscus (Vevey, Vaud) à Petinesca (Studen, Berne), par Aventicum (Avenches, Vaud).  La Vy d'Etra, qui longeait le Littoral neuchâtelois à mi-pente, représentait une voie romaine d'importance régionale ; elle arrivait d'Yverdon par Vernéaz, passait entre Montalchez et Fresens, entrait dans le bois du Devens, empruntait le plateau de Bevaix, Perreux, elle franchissait l'Areuse près de Boudry, empruntait l'itinéraire Trois-Rods, Peseux, La Coudre, Saint-Blaise, Voens, Enges, etc. On rejoignait les fermes du Val-de-Ruz par une bretelle qui aurait suivi le pied nord de Chaumont.

Les voies navigables que sont les lacs et les rivières ont été utilisées par les Romains. On en a la preuve par les embarcations retrouvées. En 1970, près de la Pointe du Grain (Bevaix), on a sorti du limon et des sables une barque de grande taille. Elle mesurait 19,35 mètres par 2,80 m. de largeur maximale. Elle était construite en planches de chêne, assemblées par de gros clous forgés. Les interstices entre elles étaient bourrés de mousse et de fibres végétales. Après étude et moulage, la barque a été remise dans l'eau afin d'en assurer la conservation. Elle transportait de la pierre, extraite des carrières de la Lance près de Concise (Vaud) ou d'Hauterive et utilisée à la construction d'Aventicum.

Le commerce

Le commerce permettait des échanges à longue distance. Ainsi les Gallo-Romains importaient non seulement de la céramique à enduit rouge, appelée terre sigillée, et du verre, mais encore du vin, de l'huile, des olives et des huîtres. En échange, la Suisse romaine exportait du bois, du bétail, de la viande et du fromage. La présence de pièces de monnaie dans les sites confirme l'importance des activités économiques entre les peuples. On a même découvert en 1824 un trésor monétaire enfoui à Dombresson. Celui-ci comprenait 420 pièces romaines dont 305 sont des deniers d'argent frappés sous la République, 100 (dont une pièce d'or) sous l'Empire. Les plus anciennes datent de 145-138 avant J.-C. ; les plus récentes ont été frappées au milieu du premier siècle apr. J.-C. A qui appartenaient-elles ? A un fuyard ? A un voleur ? La question n'a pas trouvé de réponse.

Quelques autres vestiges du pays de Neuchâtel

Colombier

Parmi les grandes propriétés de l'Helvétie romaine, on peut mentionner celle de Colombier. Malheureusement, il est impossible de la voir car les bâtiments romains sont cachés sous le château et les maisons avoisinantes. On a retrouvé des murs sur une distance de 375 mètres. Les archéologues actuels osent parler d'un palais pour décrire cette magnifique villa à péristyle, aujourd'hui disparue. Placée sur une petite colline, elle dominait le lac auquel on accédait par des jardins en pente douce ; à l'intérieur, on y trouvait le confort grâce au chauffage à air chaud et le raffinement par la présence de décors peints sur les murs et de mosaïques sur le sol.

Cressier

A Cressier, on conserve deux ex-voto offerts à des dieux. L'un d'eux est célèbre, il s'agit de Mars, dieu de la guerre ; l'autre divinité, Naria, semble être plus régionale, peut-être même d'origine celtique. On connaît les auteurs de ces vœux, Titus Frontinius Genialis et Titus Frontinius Hibernus. On voit ici que les Romains portaient un prénom (Titus), un nom de famille (Frontinius) et un surnom.

Plateau de Wavre

Sur le plateau de Wavre s'élevait un monument funéraire dans un enclos de 13 mètres de côté ; il s'agissait d'un mausolée en calcaire blanc dont on a retrouvé quelques fragments. Deux colonnes soutenaient un fronton orné de motifs, sous lequel se tenait la statue d'un homme portant la toge et tenant un rouleau dans la main gauche. D'autres vestiges ont été découverts, notamment des éléments d'une seconde statue, des tessons de céramique qui permettent de dater l'édifice du II e siècle après J.-C. Tout démontre la richesse du lieu à la gloire d'un personnage important, malheureusement non identifié.

     

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Source

- Evard Maurice (1998), Histoire du canton de Neuchâtel © Office du matériel scolaire CH-2000 Neuchâtel.

 

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