SOMMAIRE - Canton de Neuchâtel

En ce qui concerne l'histoire du canton de Neuchâtel, nous avons choisi dans ce dossier de la commencer aux alentours de l'an mil. Les documents écrits font défaut de 800 à 998 (date de la fondation du prieuré de Bevaix); on trouve pour la première fois mention de la ville de Neuchâtel dans un acte de Rodolphe III, roi de Bourgogne, en 1011. De la fondation de la ville de Neuchâtel au Traité de Paris signé par Frédéric-Guillaume IV en 1857... Un dossier en construction.

 

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 L'âge du bronze dans le canton de Neuchâtel

 
 

L'occupation des rives du lac de Neuchâtel s'interrompt pendant près de 600 ans ; c'est du moins ce que l'on constate à ce jour. Les hommes qui se sont établis vers 1700 av. J.-C. appartiennent à l'âge du Bronze. Les préhistoriens subdivisent la période en âges du Bronze ancien, moyen et final. Ces époques ont cependant des traits communs.

Un alliage

La métallurgie du cuivre était déjà présente dès la période néolithique. Techniquement l'emploi d'un alliage de cuivre additionné d'étain amenait plus de solidité et permettait surtout l'abaissement du point de fusion. Ces techniques, comme celle de la cire perdue, appelaient tout le savoir-faire d'un professionnel. Celui-ci coulait le métal chauffé à haute température dans des moules. Les bronziers pouvaient donc reproduire plusieurs fois le même objet. Les échanges se sont développés car les matières premières de l'alliage ne se trouvaient pas sur place. Par les mêmes voies commerciales, les habitants de l'âge du Bronze importaient aussi le sel, l'ambre, des perles de verre, le plomb, l'or, etc.

Le milieu neuchâtelois

Ces populations dont on connaît mal l'aspect physique vivaient dans un climat favorable, un peu semblable au climat actuel, avec des températures légèrement supérieures à celles que l'on connaît. Le niveau du lac était bas, entre 426,50 et 428 mètres (actuellement: 429,30 m.). Les plantes thermophiles (qui poussent bien à la chaleur) étaient donc plus fréquentes qu'aujourd'hui. Chez les animaux domestiques, l'élevage des chèvres et des moutons s'est intensifié. Le bœuf est toujours présent et l'observation des cornes montre qu'elles sont parfois usées par l'emploi du joug. On trouve toujours le cochon et le chien, animaux de compagnie et réserve de viande. Le cheval est domestiqué lui aussi (on a retrouvé des mors). L'apport carné dans l'alimentation est assuré au moins à 20 % par le gibier. On connaît le cerf, le chevreuil, le sanglier, le lièvre, le renard, l'ours, le hérisson ; parfois on trouve trace du castor, de l'élan, du loup, du chat sauvage, de l'écureuil ou de la tortue. Les fourrures de la martre et de la fouine devaient être appréciées. Les oiseaux étaient chassés, les poissons étaient pêchés, notamment la perche et le brochet.

A Champréveyres, grâce aux pollens, on peut dire que les roselières commençaient à se développer ; la forêt riveraine était composée de saules et d'aulnes glutineux ; plus loin, on trouve la chênaie buissonnante avec le noisetier, la ronce, le cornouiller sanguin, l'aubépine, le prunellier, l'églantier, le framboisier, le pommier et le poirier sauvages. Dans les endroits frais, le hêtre et le sapin blanc se mêlaient aux variétés de chênes. Sur les pentes du Jura croissaient les hêtres, les sapins et les épicéas. Dans les champs dont la surface était gagnée sur la forêt poussaient des céréales déjà connues au Néolithique (orge, millet, amidonnier, engrain), auxquelles s'ajoutaient l'épeautre et le froment.

La moisson était faite à la faucille, les céréales étaient séchées, battues sur l'aire ; on moulait à l'aide de meules en grès ou en molasse. La farine obtenue servait à faire des galettes ou des bouillies. Le pavot, le lin, le sésame et la caméline apportaient des éléments oléagineux. Les légumineuses donnaient des protéines ; on cultivait ainsi le pois, la lentille et la fève. Il est important de ne pas oublier les apports de la cueillette ; de nombreuses espèces végétales étaient comestibles: pensons aux fruits (poires, baies), aux graines (faînes, glands), aux racines (campanules, raiponces), aux feuilles d'orties, de rumex. La végétation fournissait aussi les plantes médicinales.

Les techniques

Les vêtements de l'âge du Bronze à Neuchâtel ne sont pas connus ; la laine, qui remplaçait le lin, ne s'est pas conservée. En revanche, on sait que le métier à tisser existait. Ailleurs les sites ont fourni des vêtements intacts. On peut parler de tuniques, de manteaux courts, de bonnets ronds pour l'homme ; de jupes, de corsages, de ceintures pour la femme. La vannerie était un artisanat très développé à cette époque. On a trouvé 150 paniers à Auvernier, tressés en osier (saule), en aulne ou en noisetier. La construction des maisons imposait le travail du bois, donc une activité de charpentiers et de menuisiers ; ceux-ci possédaient tous les outils nécessaires: la hache, l'herminette de pierre verte, les coins en bois, la hache emmanchée dans un andouiller de cerf, le ciseau à bois, la gouge, la petite scie.

La céramique est toujours importante, elle est plus raffinée encore qu'au Néolithique. Les pièces pouvaient avoir des formes et des décors très ressemblants à plusieurs centaines de kilomètres de distance les unes des autres. La poterie, présente par dizaines dans les maisons, n'était pas réalisée au tour, mais elle était montée au colombin (boudins placés les uns sur les autres) ou par moulage sur une forme de bois. Le décor était multiple et simple: incision, gravure, impression à la feuille d'étain, application de fils colorés ou peinture. Les formes ont évolué au cours du temps, offrant ainsi des possibilités de datation. On retrouve des tumulus (soit des amas de terre et de cailloux, sous lesquels on enterrait les morts) au début de l'âge du Bronze, ainsi que des tombes à incinération que l'on appelle des champs d'urnes, dans lesquelles on ne mettait que les cendres du défunt.

Les villages

A Neuchâtel, la fin de l'âge du Bronze est bien représentée ; vers l'an mil avant J.-C., les bords des lacs étaient occupés à Concise (Vaud), Bevaix, Cortaillod, Auvernier, Hauterive. On connaît des villages entiers dont certains pouvaient avoir 80 m. de côté, entourés de palissades. Chacun d'entre eux abritait de 150 à 300 habitants. Il formait soit un demi-cercle, soit une ligne droite le long du rivage. Pour édifier une telle agglomération, les hommes abattaient jusqu'à 3'000 arbres, souvent des chênes, dans les forêts les plus proches. Entre les maisons se dessinaient des ruelles. On constate qu'un plan général devait être pensé avant d'entreprendre la construction proprement dite. Habité durant un demi-siècle environ, le village de Cortaillod comptait une vingtaine de maisons. Celles-ci étaient construites selon un plan carré ou rectangulaire. Elles accueillaient tous les membres de la famille sous le même toit. Les hommes se protégeaient de l'humidité, en utilisant des matières isolantes. La maison comprenait en principe deux niveaux ; les parois étaient faites de branchages en noisetier entrelacés.

Sur le site de Champréveyres, au Parc de la Découverte, on a reconstruit une cabane de cette époque, haute de 7,50 mètres, sur une surface de 60 m 2, surélevée pour éviter les variations saisonnières du niveau du lac. A cet effet, il a fallu abattre 160 chênes, utiliser quatre tonnes de chaume de roseaux pour couvrir le toit et une tonne d'argile pour crépir les parois et le plancher. On repère dans l'eau les maisons aujourd'hui disparues, grâce aux pilotis qui marquent les structures des cabanes et les emplacements des palissades ou des clôtures qui entourent le village.

Les outils et les bijoux

Parmi les objets qui illustrent cette période, on trouve la hache de bronze coulée dans un moule et emmanchée, qui servait à l'abattage des arbres. Les agriculteurs utilisaient la faucille, elle aussi emmanchée, pour couper les céréales. Le pêcheur possédait des hameçons acérés mais on peut douter de l'efficacité des épées de bronze qui devaient simplement marquer la fonction de chef ou de responsable. Les gens se paraient de bracelets en bronze, décorés de motifs géométriques, d'amulettes en forme de soleil et de croissant de lune, d'épingles aux décors multiples (à tête plate, à tête de pavot, à tête ronde, etc.).

     

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Source

- Evard Maurice (1998), Histoire du canton de Neuchâtel © Office du matériel scolaire CH-2000 Neuchâtel.

 

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