SOMMAIRE - Canton de Neuchâtel

En ce qui concerne l'histoire du canton de Neuchâtel, nous avons choisi dans ce dossier de la commencer aux alentours de l'an mil. Les documents écrits font défaut de 800 à 998 (date de la fondation du prieuré de Bevaix); on trouve pour la première fois mention de la ville de Neuchâtel dans un acte de Rodolphe III, roi de Bourgogne, en 1011. De la fondation de la ville de Neuchâtel au Traité de Paris signé par Frédéric-Guillaume IV en 1857... Un dossier en construction.

 

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 Le Néolithique dans le canton de Neuchâtel

 
 

Entre 1868 et 1888, d'importants travaux ont permis l'abaissement du niveau des lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat de 2,50 mètres environ. Ainsi sont apparus de nouvelles rives, des structures de villages, ainsi que des objets que les promeneurs du dimanche recueillaient et collectionnaient. L'Etat a pris des mesures de protection afin que le patrimoine ne soit point dispersé aux quatre vents car les objets font partie de l'histoire de tous. La recherche archéologique a connu un essor et les données concernant ces civilisations appelées parfois "lacustres" se sont multipliées. On sait aujourd'hui que l'agriculture est née au Proche-Orient, dans le "Croissant fertile". Cette technique est arrivée dans les Balkans ; puis par la voie maritime et fluviale, par la Méditerranée jusqu'à nos régions ou par le Danube jusqu'au centre de l'Europe. Les deux courants ont atteint la Suisse.


 

Le milieu

Alors que le climat se réchauffait, les hommes pratiquant l'agriculture vers le Ve millénaire se sont installés dans un pays de forêts. Vers 3900 avant J.-C., sur la rive des lacs, ont été construits les villages dont il reste les pilotis qui formaient les structures des cabanes. Ces poteaux étaient enfoncés profondément dans le sol. Les habitations étaient en bois, de forme quadrangulaire, sans doute recouvertes d'un toit à deux pans. A l'intérieur, on trouvait un ou plusieurs foyers. Les parois étaient constituées de branches entrecroisées, recouvertes d'argile. Sur les lieux, on retrouve, empilés en couches successives, les apports naturels (galet, gravier, sable, limon, craie...) et les restes abandonnés par les habitants (vaisselle, outils, foyers, nourriture...). Les sites ont été habités sur une durée de 3'000 ans: c'est plus long que de la naissance de Jésus-Christ à nos jours ; aussi ne sommes-nous pas surpris que ces êtres aient pratiqué des techniques différentes et employé des matières premières diverses. Par rapport aux populations paléolithiques qui vivaient de la chasse, de la pêche et de la cueillette des plantes sauvages, nutritives et médicinales, les habitants du Néolithique ont ajouté l'élevage d'animaux qui avaient peu à peu été domestiqués, ainsi que l'agriculture. A cet effet, ils aménageaient ou occupaient des clairières ouvertes à la culture du sol. Les cultures imposaient un choix de vie qui a amené la population à s'établir en un endroit donné. C'est ce que l'on appelle la sédentarisation. Seuls un incendie ou l'épuisement du sol amenaient parfois les hommes à se déplacer. Dans les champs, ils cultivaient des plantes oléagineuses comme le lin, le pavot; des céréales comme l'orge, le millet et plusieurs variétés de blé (engrain, amidonnier). En outre, les hommes du Néolithique pratiquaient l'élevage des boeufs, des moutons, des chèvres, des porcs et des chiens; les animaux étaient mis dans des enclos pour la nuit. La cueillette, la chasse et la pêche leur apportaient le complément de nourriture indispensable à leur alimentation.

Les techniques

Sur le plan technique, le silex était encore utilisé mais les gens de cette époque travaillaient d'autres roches dures, jadis emmenées des Alpes par les glaciers. Ils les sciaient, les bouchardaient (travail de piquetage pour donner la forme) et les polissaient. Ils employaient de plus le bois de cerf et l'os comme matières premières. Ils filaient et tissaient des fibres végétales pour obtenir des tissus (mal conservés jusqu'à nos jours). Ils connaissaient la vannerie, mais surtout le travail de l'argile. Au cours des trente siècles de présence au bord du lac, les hommes pratiquaient la poterie. Chaque civilisation possédait des formes et des décors spécifiques. Grâce à la présence de céramique dans les sites, on peut retrouver l'époque à laquelle vivaient les hommes. Dans les musées, les pièces en terre sont nombreuses, accompagnées d'autres objets caractéristiques de cette période: la hache en pierre dont parfois seul le tranchant est poli, et pourvue d'un manche. La pierre est fixée à la gaine protectrice en bois de cerf, le tout attaché par des fibres au manche. Selon la position du tranchant de la pierre, on est en présence d'outils différents, hache ou herminette (outil de charpentier dont la lame transversale au manche permet notamment de creuser des troncs).

Un autre outil porte le nom de hache-marteau. Ici la pierre est perforée de part en part pour recevoir le manche. A l'examen, il semble que cet outil sans usage frappant relève de l'objet de prestige. La difficulté de fabrication, notamment le forage du trou à l'aide d'un tube creux et d'un arc, laisse à penser que cet objet avait une fonction plus importante que celle qu'on lui attribue aujourd'hui.

- Pirogue en cours de dégagement sur le site de Champréveyres (Hauterive). Elle date de 4000 av.J.-C environ -


Les échanges

Les transports à dos d'hommes, voire d'animaux ont sans doute été fréquents. Le déplacement par voie d'eau était le plus aisé et les pirogues sont là pour attester de l'existence de ce mode de faire. Dans les fouilles, on trouve aussi quelques fragments de roues qui démontrent que le roulage existait déjà. Il s'agissait d'un disque plein, en bois d'érable, percé d'un trou carré, renforcé par deux listes de frêne. Les deux roues et l'axe qui les reliait tournaient ensemble.

La vie spirituelle

Les croyances sont difficiles à saisir car il ne reste rien de ces cérémonies. On peut cependant admirer des menhirs à La Béroche, quelques pierres à cupules (des blocs erratiques qui portent des traces d'un creusage sous forme de petits trous circulaires), des restes de dolmens, mais faute de squelettes, il n'est guère possible de parler des pratiques religieuses. On sait cependant que les morts étaient ensevelis dans des caissons en dalles ou en dolmens (tombeau fait de grosses pierres plates).

     

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Source

- Evard Maurice (1998), Histoire du canton de Neuchâtel © Office du matériel scolaire CH-2000 Neuchâtel.

 

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