SOMMAIRE - Canton de Neuchâtel

En ce qui concerne l'histoire du canton de Neuchâtel, nous avons choisi dans ce dossier de la commencer aux alentours de l'an mil. Les documents écrits font défaut de 800 à 998 (date de la fondation du prieuré de Bevaix); on trouve pour la première fois mention de la ville de Neuchâtel dans un acte de Rodolphe III, roi de Bourgogne, en 1011. De la fondation de la ville de Neuchâtel au Traité de Paris signé par Frédéric-Guillaume IV en 1857... Un dossier en construction.

 

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 Le Paléolithique dans le canton de Neuchâtel

 
 

Les premiers habitants indigènes du canton appartenaient à la race néandertalienne qui occupa l'Europe occidentale entre 70'000 et 35'000 ans avant J.-C. On en a retrouvé des traces dans les grottes et les abris-sous-roche. Ces hommes ont fréquenté la région du futur canton de Neuchâtel et ont élu domicile à la grotte de Cotencher (Rochefort) et à la grotte des Plaints (Couvet, dans le Val-de-Travers). Ils avaient un physique plutôt lourd, ils étaient grands et musclés avec une forte ossature. Leur visage était marqué par un front proéminent. Ils possédaient néanmoins une grande maîtrise technique: ils fabriquaient des outils en pierre, peut-être en bois. Ils vivaient de cueillette, de pêche et de chasse; ils s'attaquaient aux mammouths, aux rennes, aux bisons... Pour cela, ils recouraient à la chasse collective, organisée, exigeant une tactique et un équipement (massues, lances et javelots). L'animal, tel le renne, offrait de la viande à manger, de la peau à tanner, des viscères pour faire des attaches, des os pour la fabrication d'outils.

Les hommes de Neandertal se vêtaient de fourrure. Connaissant l'usage du feu, ils l'employaient pour l'éclairage, le chauffage, la cuisson et la protection. A Cotencher, outre les outils, il faut savoir qu'ils n'étaient représentés que par un maxillaire supérieur appartenant sans doute à une femme ! Un homme de Cro-Magnon a été retrouvé dans la grotte du Bichon, près de La Chaux-de-Fonds, victime d'un accident de chasse, mortellement blessé par une ourse. L'inventaire des restes animaux de Cotencher est impressionnant car on a dénombré 63 espèces. On trouve des vestiges d'ours en grande quantité, ainsi que des espèces aujourd'hui disparues, comme le rhinocéros à narines cloisonnées, le lion des cavernes, la panthère des cavernes; d'autres bêtes ont migré maintenant vers les steppes et les toundras de l'Est et du Nord européen: le lemming, le hamster, le glouton, le renne, le renard polaire, le renard corsac, le cyon (parent du chien), le cheval. Actuellement certains animaux ont choisi de vivre en altitude: la marmotte, le chamois, le bouquetin, le lagopède, le campagnol des neiges. Quelques espèces disparues de la région pourraient y vivre si on les réintroduisait: il s'agit de l'ours brun, du loup, du cerf élaphe, du bison d'Europe. Les oiseaux étaient nombreux: aigle royal, canard, faucon pèlerin, grand-duc, etc.

- Crâne de la grotte du Bichon, découvert en 1956 -

- Reconstitution du visage de l'homme du Bichon -

Les hommes de Cro-Magnon

Plus tard, le Pays de Neuchâtel a été occupé par un autre type d'homme: ce sont les hommes de Cro-Magnon, des êtres ressemblant tout à fait aux hommes actuels. Ils vivaient dans toutes les régions habitables du globe, ayant appris à lutter contre les rigueurs du climat. Ils habitaient dans des huttes, malheureusement disparues, ainsi qu'à l'entrée des grottes ou sous les surplombs rocheux. Ils employaient des outils en os (aiguilles à coudre et poinçons), en silex (grattoirs et burins), peut-être en bois. Ils possédaient une grande maîtrise de la taille du silex. On a retrouvé des traces de l'homme de Cro-Magnon à Hauterive-Champréveyres et à Neuchâtel-Monruz grâce à la présence de foyers. On sait dès lors qu'il cuisait des aliments sur des plaques de pierre chauffées, servant de grills, ou qu'il portait de l'eau à ébullition dans des récipients qui n'auraient pas résisté à la flamme, en y plaçant des pierres chauffées au feu.

L'art rupestre

Même si l'art est peu représenté sur les sites neuchâtelois (signalons néanmoins trois petites "Vénus", voir ci-contre, trouvées en 1990 sur le site de Monruz), il convient de rappeler que l'homme de Cro-Magnon a exécuté des œuvres gravées et peintes sur les rochers. Les découvertes faites dès le XIXe siècle ont émerveillé les hommes actuels. Certaines peintures rupestres remontent à 30'000 ans, datées notamment grâce à la découverte récente de la grotte Chauvet (Ardèche). Cet art est à mettre en relation avec les croyances de ceux qui réalisaient ces peintures. S'agissait-il des cérémonies pour faire entrer les jeunes dans la société adulte ou de rites d'envoûtement ?

   

C'est possible. André Leroi-Gourhan, et d'autres après lui, ont conclu à l'idée que "les décors de la grotte n'étaient pas faits au hasard, mais qu'ils répondaient à une volonté de structure": l'ensemble s'appuie généralement sur un groupe chevaux-bovidés, ainsi qu'une paire formée de signes pleins et de signes minces, plus difficiles à saisir. Viennent ensuite des éléments secondaires, généralement des cervidés (espèces de la famille du cerf, de l'élan, du renne) et des capridés (famille de la chèvre), alors que les animaux jugés dangereux occupent une position lointaine ou isolée.

L'ensemble forme donc un tout organisé, composé d'animaux et de signes abstraits. Les chercheurs sont convaincus qu'il s'agit, pour ces hommes préhistoriques, d'une vision du monde, d'une organisation sociale définie, de croyances stables, bref d'une véritable culture. On trouve en outre des formes de mains en négatif (la couleur a été pulvérisée autour de la main, posée sur le rocher) ou plus rarement en positif (la main ayant été trempée dans la couleur avant d'être appliquée sur la paroi). (la figure de côté provient de la grotte Cosquer (FR))

Le Mésolithique

En 1926, un douanier découvre au Col-des-Roches (Le Locle) un abri-sous-roche qui atteste la présence de l'homme. Celui-ci y vivait vers le VI e millénaire av. J.-C et pratiquait une industrie sur silex, fabriquant des objets de petites dimensions (lamelles, grattoirs, barbelures de harpon, pointes de flèches, lames). Les renseignements sur cette époque restent peu nombreux dans le canton de Neuchâtel ; en revanche, celle-ci est mieux connue par d'autres stations fouillées en Suisse. Les hommes vivaient dans des abris le long de la chaîne jurassienne ou dans des campements sur le Plateau. Ils se déplaçaient pour se nourrir, pratiquant la cueillette, la chasse et la pêche. Les végétaux devaient être consommés en grande quantité mais on n'en retrouve que peu ou pas de traces lors des fouilles.

Sur le plan artistique ou peut-être religieux, les gens du Mésolithique peignaient des motifs géométriques sur des galets avec de la poudre d'ocre, mais il est difficile de donner une signification à cette activité. Cette période intermédiaire annonce le Néolithique qui verra l'avènement d'un mode de vie nouveau. Paul Vouga a entrepris des fouilles au Col-des-Roches ; la photographie ci-dessous nous montre le travail des archéologues le 16 juin 1928, alors que l'on en est au décapage du premier niveau. Au fur et à mesure des trouvailles, on numérote les objets, mais on ne possède aucun dessin de la coupe montrant les couches archéologiques.

     

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Source

- Evard Maurice (1998), Histoire du canton de Neuchâtel © Office du matériel scolaire CH-2000 Neuchâtel.

 

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