C’est à Vienne qu’Hitler ébauche ses premières pensées
politiques ; devant lui s’offre le spectacle de la monarchie
austro-hongroise décadente, de la puissance de la finance
juive ; Hitler se convertit au pangermanisme, à l’antisémitisme
et à l’antiparlementarisme (Hitler est choqué : au Reichsrat
tous les députés ne parlent même pas allemand).Hitler se donne les moyens d’organiser sa pensée
politique en lisant beaucoup, en autodidacte
il étudie Darwin, Schopenhauer, Nietzsche, Gustave Le
Bon, Mac Dougall ; nous savons de quelle manière il déformera
les théories de ces auteurs.
En
1912, Hitler part s’installer à Munich, après 14 mois de séjour
il apprend la déclaration de guerre de l’Allemagne à la
Russie, le 1er
août 1914, et
accueille la nouvelle avec enthousiasme. Il s’engage alors
comme volontaire dans l’armée bavaroise, précédemment il
avait été réformé par les autorités autrichiennes comme «trop
faible: inapte », mais l’armée allemande avait besoin
d’autant de combattants que possible.
Le
caporal Hitler, gazé et par deux fois blessé, se distingua
pendant la guerre et reçu la Croix-de-fer
de 1ère classe, une distinction rare pour un
simple caporal. Il sort de l’hôpital fin novembre 1918 pour
regagner Munich. Hitler reçu l’armistice comme étant
« un coup de poignard dans le dos » dont les traîtres
sociaux-démocrates étaient responsables ; c’est ce qui
le décida à s’engager dans l’action politique. Hitler, qui
est resté militaire jusqu’en mars 1920, a attiré
l’attention de ses officiers supérieurs qui font de lui un «homme
de confiance», il sera chargé d’éducation, de propagande et
d’information. C’est sans doute là la chance de sa vie. La
Reichswehr (l’armée allemande) le chargea de la propagande
auprès d’un régiment dans la ville de Munich alors théâtre
d’une « révolution communiste ».
Mais
le vrai commencement de « sa destinée » a lieu le
12
septembre 1919 lorsqu’il prend contact, sur l’ordre de ses supérieurs,
avec un groupe nationaliste d’extrême droite munichois, le
Parti ouvrier allemand, qui ne compte alors que quelques
dizaines de membres. Hitler va rapidement prendre en main ce
groupuscule et en devenir le Führer. Il renommera ce
groupement, à partir de février 1920, le
Parti
national-socialiste des travailleurs allemands.
Le Parti est encadré par des hommes comme
Goering,
Röhm,
Hess,
Rosenberg
et par une formation paramilitaire les
SA,
crée en 1921. A
la veille des
événements
de novembre 1923 le NSDAP compte près de 56'000
membres…
Suite
à l’échec de son putsch, Hitler fut condamné à 5 ans de
prison, il ne purgera que 13 mois de sa peine. Il mit à profit
ce laps de temps pour écrire Mein
Kampf.
En
1925, il reconstitua son Parti, créa les
SS
et les
Jeunesses hitlériennes.
La conquête, légale cette fois, du pouvoir était désormais
son objectif. Son ascension fut assurée par
la
crise de 1929 qui poussa une foule d’individus
vers les partis extrémistes. Aux élections de 1930
le NSDAP comptait107 députés et aux élections de
juillet 1932 : 230. Au-delà de la sympathie populaire,
Hitler séduit une partie importante de l’armée ainsi que les
milieux économiques, inquiets de la menace communiste.
En
1932, le maréchal
Hindenburg
remporte les élections mais doit faire appel à celui qu’il
avait jadis nommé le « caporal
bohémien » comme chancelier
à la suite d’une médiocre intrigue de palais menée par le
rusé von Papen (30
janvier 1933). Mais ce n’e n’est que le début pour
Hitler ; moins de 2 mois plus tard il se fera accorder par
le Reichstag les pleins pouvoirs pour quatre ans…
En
février 1933 le Reichstag est incendié (c’est un militant communiste qui sera accusé, à tort), Hitler en
profite pour suspendre les libertés fondamentales, pour
dissoudre le Parti communiste et les syndicats (mai 1933). Dès
1933 les premiers camps de concentration font leur apparition :
Dachau,
Buchenwald ; en
avril de la même année la
Gestapo
est mise en place.
Röhm
et des dizaines de ses lieutenants sont éliminés en juin 1934
lors de
la
Nuit des longs couteaux pour satisfaire l’armée.
Les premières lois raciales sont promulguées en septembre
1935.
Le
2 août 1934
le
vieux maréchal meurt et Hitler se proclame chef de l’État et
chancelier. L’armée prête serment «d’obéissance
inconditionnelle au Führer du Reich et du peuple allemand,
Adolf Hitler, chef suprême des forces armées». Il fut
ensuite plébiscité par 88%
des voix comme chancelier et président du Reich.
Hitler
était devenu officiellement le Führer du peuple allemand, il
allait imposer l’Ordre nouveau supplée par des fidèles comme
Goebbels
à la propagande.
En
mars 1936 Hitler organisa la remilitarisation
de la Rhénanie, il avouera plus tard son coup de bluff
face aux occidentaux:
«J’étais obligé de mentir et je fus
sauvé par mon inébranlable obstination et un aplomb
surprenant. J’ai menacé, si une détente n’intervenait pas
immédiatement, d’envoyer six autres divisions en Rhénanie.
En vérité, je n’avais plus que quatre brigades.».
En
mars 1938 l’Anschluss
(l’annexion de l’Autriche) et l’annexion des
Sudètes
en septembre puis celle de la Bohême-Moravie
en mars 1939.
En
1938 la crise économique avait été résorbée par le régime,
une crise effacée grâce au réarmement, aux grands travaux, à
l’autarcie. L’attachement
populaire au Führer était considérable et fort de sa
puissance Hitler provoqua la seconde guerre mondiale en
envahissant la Pologne en septembre 1939.
Les
victoires alliées commencèrent dès 1942, Hitler paniqua-t-il ?
en tout cas il multiplia les erreurs stratégiques (comme à
Stalingrad entre
septembre 1942 et février 1943). Mais Hitler ne renonça pas,
il s’attira pourtant l’inimitié des officiers supérieurs
qui organisèrent l’attentat
manqué du colonel von Stauffenberg le 20 juillet
1944 et qui impliqua une répression féroce.
Réfugié
dans son bunker sous la chancellerie de Berlin, entouré de ses
derniers acolytes : Goebbels, Bormann ; Hitler se
suicida avec Eva Braun, devenue sa femme le
30
avril 1945 ; il avait alors 56 ans.
A voir:
Diverses déclarations de Hitler dans le document sur
le
NSDAP.
A
voir:
Chronologie de la vie d'Adolph
Hitler