SOMMAIRE - Le Val-de-Travers

Ce dossier, toujours en évolution, nous fera découvrir la région du Val-de-Travers, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse. Le district du Val-de-Travers est l'un des six districts du canton de Neuchâtel. Le chef-lieu est Môtiers. Il tient son nom du fait qu'il est situé "de travers" par rapport aux autres vallées du Jura neuchâtelois (Les Vallées de la Brévine et de la Sagne, le Val-de-Ruz).

 

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 Eléments économiques : l'horlogerie

 
 

L'important développement de l'industrie horlogère s'explique en premier lieu par un savoir-faire importé, après la révocation de l'Edit de Nantes, par les réfugiés huguenots auxquels le régime fortement corporatif de Genève empêche l'établissement; le Haut du pays de Neuchâtel, qui ne connaît point de semblables entraves, se montre plus accueillant. Deuxièmement la disponibilité d'une main-d'oeuvre contrainte souvent à l'émigration par les maigres revenus agricoles et que le climat rude d'altitude réduit à une longue période d'inoccupation; pendant l'hiver le paysan s'adonne à la manufacture d'objets artisanaux destinés tant à son usage personnel qu'au petit marché local, s'assurant ainsi une certaine indépendance économique. Troisièmement enfin, une demande naissante à satisfaire.

La conjonction de ces trois facteurs explique le succès de la fabrication de la montre dans l'arc jurassien: il s'agit là d'un produit qui répond sur plusieurs points à la situation socio-économique de cette région; il ne nécessite pas une coûteuse infrastructure, donc il ne demande pas une accumulation préalable de capital que la pauvreté ambiante ne permet pas; il se caractérise par une forte valeur ajoutée et un moindre besoin de matériel de base, s'adaptant ainsi à l'absence de matières premières et aux difficultés de transport. La montre peut être entièrement fabriquée par un seul artisan, et en raison de sa taille et de son poids peut facilement être transférée d'un responsable d'une phase de la production à un autre, lesquels travaillent toujours à domicile; il s'agit d'un avantage non négligeable dans les conditions d'habitat souvent dispersé du Jura neuchâtelois. Destinée à l'exportation, la montre permet un gain que le marché local n'aurait pu assurer, tout en exposant les horlogers aux aléas de la conjoncture internationale et à des crises périodiques. Fleurier, dont le territoire cultivable est fort restreint s'ouvre facilement à cette activité, au début complémentaire à l'agriculture, activité qui par la suite fera la richesse du village.

L'introduction de l'horlogerie à Fleurier se fait - semble-t-il - en 1730 par Daniel-Jean-Jacques-Henri Vaucher, qui aurait été l'apprenti de Daniel Jeanrichard, père mythique de cette industrie dans les Montagnes neuchâteloises. Le recensement de 1750 comptabilise 15 horlogers (soit environ le 3,5% de la population totale). Déjà en 1742 on vient de la Vallée de Joux, située dans le Jura vaudois, à Fleurier pour faire son apprentissage. A la faveur d'un traité d'alliance qui lie Neuchâtel à Mulhouse, quelques horlogers alsaciens s'installent dans le village. Dans cette première phase, qui ne dure d'ailleurs pas longtemps, l'horlogerie est encore une activité accessoire pour l'agriculteur. Cette occupation, qui permet un salaire d'appoint, s'exerce surtout en hiver dans de petits ateliers où la famille entière fabrique toutes les parties de la montre, l'assemble, la vend. C'est l'image typique du paysan-horloger, telle qu'elle ressort de quelques textes exemplaires, qui tendent - il est vrai - à peindre une réalité quelque peu idéalisée. Cette implantation est favorisée, selon certains auteurs, par le fait que le travail du fer connaissait déjà une longue expérience dans le Val-de-Travers: dès le XIVe siècle, des gisements de fer sont exploités dans les villages proches de Saint-Sulpice et de La Côte-aux-Fées où une métallurgie de transformation se développera par la suite. La première phase de l'horlogerie, qui à Fleurier se prolonge jusque vers les années 1765, se caractérise par les traits structuraux suivants: activité saisonnière - la famille entière s'y consacre l'hiver - exercée à domicile, dans le cadre restreint du ménage, elle est essentiellement accessoire et n'implique donc pas une dépendance exclusive du producteur. La production est dispersée et l'artisan contrôle l'entier processus de fabrication.

Mais très vite, suite à l'augmentation de la demande et au succès des premiers pionniers, l'horlogerie perd progressivement son caractère accessoire et tend à devenir une activité industrielle à plein titre: la culture du sol est partiellement abandonnée au profit de la fabrication de la montre. Cela implique une transformation structurelle de la branche. La seconde partie du siècle voit ainsi se développer le partage du travail qui permet une exécution plus rapide et surtout une productivité accrue. Ainsi la deuxième phase de l'industrialisation horlogère - également de brève durée - se distingue par l'émergence de trois grandes catégories professionnelles: les fabricants d'ébauches ou mouvements bruts - c'est-à-dire les parties qui composent une montre -, les horlogers proprement dits, qui s'occupent de l'assemblage des pièces au préalable retouchées et adaptées les unes aux autres, et enfin les marchands-horlogers, chargés de la vente du produit fini. Ces derniers utilisent souvent les mêmes débouchés ouverts par la commercialisation de la dentelle, autre activité industrielle importante de la région sur laquelle nous reviendrons. Ajoutons qu'à cette époque le perfectionnement de l'outillage - Couvet ouvre en 1770 une fabrique d'outils d'horlogerie - facilite la tâche de l'artisan. A ce stade de l'industrialisation la spécialisation du travail s'opère surtout au sein du ménage: la famille reste l'unité de production de base. En 1770 Fleurier compte un seul fabricant d'horlogerie; à la fin du XVIIIe siècle les ateliers horlogers sont nombreux dans la localité qui centralise désormais l'activité des villages voisins. En 1794 la population horlogère y représente un peu plus de 13 % de la population totale, soit 106 individus pour 797 habitants.

C'est que, dans le courant du XVIIIe déjà, sous la pression d'une demande toujours plus importante - à laquelle aucune innovation technologique d'envergure n'apporte une réponse - se met rapidement en place le système de fabrication dit « en parties brisées » ou « établissage », qui caractérise la troisième phase de l'industrialisation horlogère. Cette phase, du moins dans ses traits essentiels, se maintiendra jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle. D'une part la spécialisation sociale du travail, dans le but d'un abaissement considérable du prix de revient du produit fini, d'autre part la conservation du caractère artisanal de la production. Si d'un côté les ateliers s'adonnant exclusivement à une opération précise du processus de fabrication se multiplient et l'horlogerie est désormais organisée sous forme de manufacture, d'un autre côté le travail s'effectue encore à domicile (dans de petits ateliers ou à l'établi installés dans une pièce du logement familial) et le savoir-faire ouvrier garde toute son importance à chaque étape de la production.

L'établisseur (ou «fournisseur») - intermédiaire entre l'artisan salarié et le marchand-horloger qui fournit la matière première et paie le travail effectué à la remise de la marchandise (généralement deux fois par année: à la Saint-Martin et à la Saint-Georges) - devient bientôt la figure essentielle de ce mode de production qui se calque sur le modèle du «Verlagssystem». Dans un premier temps il est chargé de faire circuler les pièces d'un atelier à l'autre, ces derniers se trouvant disséminés souvent dans des localités différentes. Il finit par centraliser dans son comptoir - et dans le bourg - la partie finale de la fabrication de la montre s'assurant ainsi le contrôle de la production et de la vente. Sa fonction est double: il est à la fois pourvoyeur de travail et commerçant. Il achète les ébauches et les autres pièces à des patrons de petits ateliers spécialisés ou à des ouvriers à domicile - également spécialisés -, coordonne et redistribue dans d'autres ateliers ou à d'autres ouvriers les diverses opérations de finissage et d'assemblage, s'occupe enfin, dans son propre comptoir, du terminage du produit et de sa distribution. La longévité de ce système de production s'explique par les avantages importants qu'il offre tant à l'établisseur qu'à l'artisan. Le premier est libéré de presque tous les frais généraux d'entretien: les ouvriers sont propriétaires de leurs outils et assument également les dépenses relatives à l'éclairage et au chauffage. De plus ils supportent pour l'essentiel les nombreuses crises auxquelles la dépendance des marchés extérieurs expose périodiquement le secteur horloger, l'établisseur réagissant à chaque récession par une diminution des commandes. Le second - travailleur à domicile ou employé dans un atelier - jouit d'une forte marge d'autonomie professionnelle tant au niveau de la technique qu'à celui des horaires, ce qui lui permet, du moins partiellement, d'harmoniser artisanat et activité agricole. Le cadre dans lequel s'accomplit le travail reste souvent la famille. Le même ouvrier est fréquemment lié à plusieurs établisseurs simultanément. En outre le système permet - et laisse espérer - une forte mobilité sociale: en temps de prospérité nombreux sont les horlogers qui installent à leur compte un petit atelier spécialisé dans la branche de leur compétence.

L'essor de l'horlogerie fleurisane entre 1770 et 1790, lié à l'émergence du système de l'établissage, assure la prospérité du village, prospérité qui s'accompagne d'une importante immigration, dont les conséquences sont d'une part une forte augmentation de la production mais également l'abaissement du prix du travail. A l'aube du XIXe siècle, le gain de l'«horloger» baisse considérablement: désormais il est souvent inférieur à celui d'un manoeuvre. L'expansion de l'horlogerie marque un grave coup d'arrêt vers la fin du siècle et au début du XIXe. Nouveaux procédés commerciaux et conjoncture politique s'allient pour mettre à mal cette industrie. Jusque vers 1790, les horlogers vendent leur produit à des marchands-horlogers qui rivalisent entre eux pour fournir les meilleures montres, soutenant ainsi les prix. Dès cette date un changement de mentalité affecte les négociants, qui achètent à crédit, payent souvent les ouvriers en nature après la revente de leurs montres à l'étranger au-dessous des prix courants, entraînant ainsi une baisse des prix et de la qualité. Cette crise est accentuée encore par les guerres napoléoniennes et le blocus continental. Le maintien des barrières douanières du côté de l'Empire est préjudiciable à l'économie du pays. Bien qu'appartenant au prince Berthier, chef d'état-major de l'empereur depuis 1806, la défense de l'autonomie neuchâteloise par le Conseil d'Etat vaut à la principauté d'être considérée par la France comme un pays étranger. Cette attitude fait que son économie souffre durement de la politique d'exclusive et de monopole de la France. Si jusqu'en 1810, l'horlogerie neuchâteloise parait avoir été moins touchée que celle de Genève ou que les autres industries de la principauté, c'est que les horlogers s'efforcent de compenser leur perte par de nouveaux débouchés, n'hésitant pas à exporter jusqu'à Varsovie. L'année suivante, la grande crise économique dévoile ses effets. Les horlogers, après création d'un fonds servant à leur fournir du travail, se mettent à fabriquer des instruments de physique ou de mathématiques, mais le prix de revient trop élevé voue cette entreprise à l'échec. Les Neuchâtelois, n'obtenant alors rien du prince pour alléger les taxes ou les interdictions frappant les montres, se débrouillent par l'intermédiaire de la contrebande. Mais des centaines d'horlogers cessent leur activité pour se mettre à la dentelle, elle-même durement frappée par une loi de 1806 élevant ses droits d'entrée en France. En trois ans, de 1810 à 1812, 1200 horlogers, soit environ un quart, se voient ainsi contraints d'abandonner leur métier dans le canton.

L'introduction de la montre dite chinoise - c'est-à-dire une montre de fort bonne qualité à des prix avantageux - et le fait que dès 1824 les ateliers d'horlogerie, moyennant des droits modérés, peuvent écouler leur marchandise dans tous les Etats de la monarchie prussienne, permettent une reprise de l'activité de la montre de Fleurier dès les années 1820. Le blocus continental, en rompant d'anciennes relations commerciales et industrielles entre Londres et Genève, donnera l'occasion à Edouard Bovet [fleurisan expatrié], employé dans une maison anglaise de profiter dès 1820 de l'amélioration du négoce cantonais, pour reprendre à son compte, quelques années plus tard, ce vaste marché, et s'assurer rapidement le monopole quasi absolu de l'importation horlogère en Chine. L'ouverture d'un vaste marché et de nouveaux débouchés commerciaux, la forte demande de ce produit avantageux relancent sur de nouvelles bases, à la fin des années 1820, l'activité horlogère du Val-de-Travers et de Fleurier tout particulièrement: par la réorganisation du commerce les Bovet donnent une impulsion nouvelle à l'industrie du Vallon. Bientôt d'autres maisons fleurisanes suivent l'exemple: Charles-Henri Vaucher (1838) puis la maison Vaucher Frères (1843), Edouard Juvet de Buttes qui transfère son atelier à Fleurier en 1844, les Frères Dimier, venus de Genève. Après la Chine d'autres débouchés s'ouvrent aux fabricants fleurisans qui s'adaptent aux exigences de ces nouveaux marchés.

Dans cette nouvelle période de prospérité caractérisée par une forte concurrence en Suisse, Fleurier reste compétitif grâce à la division du travail. Certes le mode de production est toujours celui de l'établissage mais l'évolution technique et l'accroissement de la demande ainsi que la nécessité de produire des montres à des prix abordables obligent à une spécialisation toujours plus poussée des tâches, même si les structures industrielles ne se modifient guère; les pièces détachées de la montre, fabriquées dans de petits ateliers familiaux, sont par la suite assemblées chez des établisseurs. La plupart d'entre eux, s'aidant de quelques ouvriers, achètent donc les ébauches et les pièces détachées, les ajustent, puis terminent la montre avant de la vendre au marchand-horloger. Mais la spécialisation accrue implique une activité industrielle plus contraignante et exclusive. Abandonnant la terre pour la montre, l'horloger perd désormais toute autre source de revenu, et ainsi augmente sa vulnérabilité face aux crises qui, dans une industrie d'exportation et de luxe telle que l'horlogère, sont relativement fréquentes et que le système extrêmement souple de l'établissage - s'adaptant constamment à l'incessante fluctuation conjoncturelle n'arrive malgré tout pas à amortir complètement. Particulièrement ressenties sont les crises conjoncturelles de 1857-1861, de la fin des années 1860 et de 1870-1871. La population de Fleurier passe de 894 habitants en 1830 à 1760 en 1850. Elle dépasse les 3000 en 1870. En 1866 le « village » compte 634 horlogers sur 2949 personnes, à savoir 23,6 %, en 1890 39 % et en 1900 38 %.

A partir de 1850, le déclin de la mode de la «montre chinoise», une production en surabondance, un fléchissement des prix, la falsification de marque, la concurrence étrangère, particulièrement celle de Besançon et américaine, obligent à s'adapter à de nouvelles exigences. A l'exception des ébauches, tous les éléments de la montre peuvent se faire à Fleurier. Aussi pour combler cette lacune, la première fabrique d'ébauches ouvre ses portes à Fleurier en 1872. En outre des mesures sont prises pour l'amélioration du produit: exigences plus élevées pour les apprentissages d'horlogerie, ouverture d'une première Ecole d'horlogerie en 1851 puis d'une seconde en 1875. L'horlogerie subit donc bien plus tardivement que d'autres branches industrielles le processus de mécanisation et de fabrication centralisée en usine. La quatrième phase, celle de la fabrique, ne débute que dans les années 1870, précipitée par la crise structurelle révélée par l'exposition de Philadelphie en 1876. Pour faire face à la concurrence américaine, une restructuration globale du secteur s'impose, restructuration qui dans un premier temps provoque un important chômage parmi les horlogers. L'ancien établissage accède à la manufacture; le travailleur à domicile cède la place à l'ouvrier d'usine. La fabrique, avec sa discipline rigide imposée d'ailleurs non sans peine à des artisans farouchement jaloux de leur autonomie, provoque chez les travailleurs la perte totale de contrôle sur le processus de fabrication. En 1905, 24 % des horlogers suisses - 15 % à Fleurier - travaillent à domicile alors qu'ils étaient encore 75 % en 1870. Le canton de Neuchâtel compte 7 fabriques en 1882, 30 en 1888, 180 en 1895 et 232 en 1901.

A la même époque Fleurier - «village» selon les critères de classification utilisés par l'Office fédéral de statistique, «petite ville», selon les nouvelles orientations de la recherche historique, de par la taille de sa population, son infrastructure et ses activités économiques - est en pleine croissance démographique et industrielle. Le maximum de 4204 habitants est atteint en 1908. En 1900, la cité compte à côté de quelques fabriques d'horlogerie 142 ateliers spécialisés dans cette branche pour une population de 3579 habitants alors que le reste du Val-de-Travers pour 13 355 habitants, soit près de 4 fois plus, en comptabilise 188. Cette transformation de Fleurier en centre horloger et la fabrication mécanique vont en même temps entraîner le dépeuplement des localités proches. Les Bayards entre 1900 et 1906 perd 30% de sa population horlogère, La Côte-aux-Fées 194 horlogers entre 1901 et 1908, soit une diminution de 54% de son effectif horloger.

Introduite dans le courant du XVIIIe siècle - au moment où l'on assiste à deux transformations agricoles d'envergure: le remplacement de la céréaliculture par l'élevage, plus tard l'introduction de la pomme de terre -, la fabrication de la montre à domicile se diffuse rapidement dans la seconde moitié du siècle, offrant une importante activité d'appoint - de même que la dentelle aux habitants de la communauté, auparavant caractérisée sur le plan économique par une agriculture de subsistance - en raison des conditions climatiques et géographiques -, sur le plan social par une émigration importante, essentiellement masculine - conséquence de l'insuffisance des ressources - et un faible degré d'ouverture. Si l'organisation du travail va progressivement évoluer vers une spécialisation de plus en plus accentuée, qui entraîne assez vite une rupture de l'équilibre entre activité agricole et activité artisanale au sein même du ménage, néanmoins les structures de production se modifient avec lenteur: l'atelier domestique résiste jusqu'à l'extrême fin du XIXe siècle, quand l'émergence de la fabrique moderne s'accompagne d'une diversification économique, notamment avec l'essor du secteur tertiaire. Reste le fait que de plus en plus l'horlogerie procure l'essentiel des ressources à une partie toujours plus nombreuse de la population, en accentuant par là même sa dépendance de la conjoncture industrielle.

     

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Sources

- Sorgesa Miéville, B. (1992). De la société traditionnelle à l'ère industrielle: les comportements familiaux face au changement économique. Neuchâtel, Société d'Histoire et d'Archéologie.

 

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