SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Divers >>> Histoire Suisse >>> 1848-1914: La Suisse des Radicaux

 Une politique extérieure d'abstention

 
 

Les années 1870-1871 constituent pour l’Europe entière, surtout dans sa partie occidentale, un tournant. Des événements décisifs (conflit franco-allemand et reclassement des puissances, Concile du Vatican et ébranlement de la position de l’Eglise catholique, avatars du mouvement ouvrier internationaliste) imposent une réorientation qui touche autant les relations internationales que la gestion des affaires intérieures. Malgré l’apparente continuité que lui vaut sa neutralité, la Suisse est touchée de plusieurs manières. Pour la première fois depuis 1815, son environnement international est profondément modifié par les mutations institutionnelles survenues chez ses quatre voisins. D’autres événements relevant d’un cadre plus général retentissent également sur la situation du pays, qui est affecté à plusieurs points de vue : situation diplomatique, potentiel militaire, capacité de concurrence commerciale, affinités culturelles, mentalités collectives.

C’est par rapport aux voisins du nord et de l’ouest que le changement est le plus sensible, aboutissant à une déstabilisation de la neutralité. Le triomphe de Bismarck et l’exploitation diplomatique de la supériorité militaire prussienne sèment le désarroi dans les esprits. L’isolement de la Suisse se traduit dans un complexe d’infériorité explicable également par une faiblesse militaire crûment révélée et par la conscience qu’une fédération divisée contre elle-même est une proie facile.

Cette impuissance que ressent le petit État devant le reclassement des grandes puissances peut conduire à deux attitudes opposées : applaudir le vainqueur et prendre modèle sur lui, comme en 1815 ; ou se solidariser avec les faibles et les vaincus tout en affirmant son indépendance comme en 1848. La Suisse tendra alternativement vers ces deux options (l’accueil de l’armée Bourbaki est l’expression des sympathies vers la France, mais la Commune et la guerre civile qu’elle entraîne ramènent les esprits vers la Prusse. Les conditions draconiennes du traité de Francfort renversant à nouveau la tendance). 

Les Suisses prennent de plus en plus conscience que leur pays ne tire son unité ni de la race, ni de la langue, ni de la religion. On s’habitue donc à vivre et à penser selon les règles de la double appartenance qui renforce l’allégeance à la patrie suisse. Les historiens (E.Bonjour), mais pas tous, ont bien senti que la Suisse avait donné durant cette période une impression de démission dans la politique internationale. Mais nous n’entrerons pas ici dans les détails. Sachons encore que voulant doubler son œuvre d’unification nationale d’une domination du vieux continent qui dépassait l’œuvre de Metternich, Bismarck mit sur pied un système d’alliance qui s’étendit à toutes les puissances de grande et moyenne importance. Protégée par sa neutralité mais plus encore par l’insignifiance de sa taille, la Suisse en subit le poids, aggravé par une position géographique malencontreuse au cœur de ce réseau diplomatique qui aurait pu facilement l’écraser. En effet, après avoir nourri un sentiment favorable à Bismarck, le gouvernement fédéral fut obligé de subir ses foudres sur l’éternelle question des réfugiés (qui avait déjà si souvent irrité les grandes puissances depuis la révocation de l’Edit de Nantes).

Le succès du Congrès de Berlin (1878) et la conclusion de la Triplice (1881) entraînèrent Bismarck dans un jeu compliqué d’encouragement à la France en Afrique, de séduction envers l’Angleterre et de « réassurance » envers la Russie, qui diminua la pression exercée sur la Suisse. 

Pour finir, notons la tension que créa l’affaire Wohlgemuth : ce commissaire de police allemand fut expulsé, on pensait qu’il tentait de faire d’un compatriote socialiste un agent provocateur. Devant le refus suisse de transiger sur le droit d’asile, Bismarck menaça Berne des pires représailles : blocus économique, retrait de la garantie de la neutralité, action commune avec la Russie et l’Autriche. Mais le Conseil fédéral resta ferme. L’intervention de Guillaume II clarifia la situation.

L'épopée des bourbakis

En été 1870 éclate la guerre franco-allemande. La victoire prussienne met fin au Second Empire, mais la République, aussitôt proclamée, décide de continuer le combat. Vaincue par les troupes allemandes, elle doit signer un armistice en janvier 1871. Exclue de ce dernier, l'armée de l'Est, commandée par le général Bourbaki, trouve refuge en Suisse. En plein hiver, 85'000 hommes entrent en Suisse avec leurs armes, leurs canons et leurs chevaux. L'accueil des bourbakis est l'une des grandes pages du refuge suisse. Les internés séjournèrent plusieurs semaines dans le pays.

Les communards

En mars 1871 éclate à Paris le soulèvement de la Commune, mouvement d'extrême gauche qui lutte contre la République, jugée trop bourgeoise. L'insurrection de la Commune est écrasée dans le sang; elle fait des milliers de victimes. Pourtant, de nombreux communards pourchassés, menacés du bagne, parviennent à se réfugier en Suisse, où les radicaux leur donnent l'hospitalité. Parmi ces communards célèbres, on trouve le peintre Gustave Courbet, qui avait fait abattre la Colonne Vendôme durant la Commune. Courbet séjournera plusieurs années sur les bords du lac Léman.

     

Page précédente

Page suivante

 
 
 

Liens internet

     
 
Votre site ici !!!   Ecrivez-nous pour ajouter votre site à nos pages...
 
 
Copyright © Yannick RUB