SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

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Sommaire >>> Divers >>> Histoire Suisse >>> 1848-1914: La Suisse des Radicaux

 La démocratie des groupes

 
 

Étroitement mêlée au développement de l’ancienne Confédération, la solidarité continue à se manifester après sa chute. Sous une forme plus moderne il est vrai, le phénomène de l’association reflète à la fois la vitalité des corps intermédiaires et la volonté accrue de l’individu à s’engager pour la forme de société qu’il juge la meilleure. Si l’on considère leur émergence au niveau fédéral comme une étape décisive de ces aspirations collectives, aussi nombreuses que diverses.

Avant 1848, la fondation d’associations culturelles concrétise les progrès de l’idée fédérale, qui est l’avatar helvétique de la nationalité. Une deuxième étape s’amorce par le regroupement des milieux professionnels, entraîné par la division du travail et les nouveaux rapports sociaux qui découlent, par exemple, de l’industrialisation.

Le retour à la forme confédérale après 1815 avait remis en honneur les corporations dans la plupart des cantons ; les effets de la modernisation économique portèrent un coup sensible à leur influence politique. La reconnaissance successive de la liberté d’association, puis de la liberté du commerce et de l’industrie (1874) mettront quasiment un terme au corporatisme (qui s’exprimera d’ailleurs sous d’autres formes). Notons au passage la création de l’Union suisse de commerce et de l’industrie en 1870, et le regroupement définitif en 1879 de l’Union suisse des arts et métiers. La Première Internationale en 1864 introduit une dimension nouvelle. C’est dans un climat troublé que se place la création, en 1873 de la Fédération ouvrière suisse, au congrès d’Olten.

Les quatre premières décennies de l’État fédéral se découpent, de ce point de vue, en deux phases :

Jusqu’en 1880, la lutte entre une dynamique progressiste et une défensive conservatrice poursuit une évolution commencée avec la Régénération ; à partir de cette date, s’affirme une prépondérance radicale qui durera jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Dans la première phase, la force motrice réside dans le radicalisme, qui est moins un parti qu’une coalition prédominante des tendances rapprochées par l’hostilité de l’extrême gauche démocrate et la droite conservatrice. 

Après 1880 s’opère une stabilisation des fronts alors jusque là mouvants, et l’apparition dans de nombreux cantons de parti hégémoniques, fondant de véritables régimes, inspire au radicalisme d’en faire autant sur le plan fédéral pour limiter l’efficacité des oppositions. C’est par un idéal républicain plus que démocratique, par l’anticléricalisme et par l’affirmation de l’indépendance du pays que le radicalisme tient ses troupes.

Placées aux deux extrémités, les minorités catholique et socialiste cherchent, durant la seconde moitié du siècle, à définir leur identité et à mesurer l’efficacité de leurs modes d’action.

Les luttes constitutionnelles de 1872 et 1874 permirent aux Alémaniques de mesurer l’importance d’une alliance avec la minorité romande : « Il nous faut les Welsches », s’écrient les radicaux.

Fondation du Club alpin suisse

La montagne est à la mode; elle l'a d'abord été en peinture. Mais désormais, venus de toute l'Europe, des hommes souhaitent faire de l'alpinisme en haute montagne. C'est pourquoi on crée en 1863 le Club alpin suisse, de façon à permettre aux alpinistes de se réunir, de trouver plus facilement des guides et d'établir les premières règles de conduite dans l'escalade en montagne. Bien sûr, il s'agit d'un club d'hommes, les femmes n'y sont pas admises; la montagne est une affaire d'hommes.

Le développement du mouvement coopératif

Le développement des coopératives en Suisse est dû à l'essor des idées socialistes; rien d'étonnant donc qu'en 1866 soit créée à La Chaux-de-Fonds une boulangerie sociale sous la forme de coopérative par Pierre Coullery, qui est l'un des fondateurs de la section de l'Internationale de La Chaux-de-Fonds. Il s'agit là d'une coopérative de consommation, mais les premières coopératives sont aussi parfois des coopératives de production et l'on voit, par exemple, des fabriques de montres s'organiser sur le mode coopératif. L'influence du mouvement de Rochdale et des coopératives anglaises va donner au mouvement coopératif suisse un élan considérable dans le dernier tiers du XIXe siècle.

Création de la Fédération ouvrière suisse

En 1873, à Olten, est créée la Fédération ouvrière suisse. Cette organisation se veut politiquement neutre; elle est donc purement syndicaliste. Rapidement, elle atteint plusieurs milliers d'adhérents, mais, manquant de direction, elle sera dissoute quelques années plus tard, en 1880, au profit d'une nouvelle organisation syndicale, l'Union syndicale suisse. Il y a alors au moins deux grandes associations de défense des travailleurs, l'Union syndicale suisse et l'Association du Grütli.

Regroupement ouvrier

Il existait déjà des associations ouvrières, par exemple l'Association du Grütli, ainsi que de petits groupements politiques qui allaient un jour former le Parti socialiste. La Ire Internationale entraîne de nouvelles fondations; par exemple à Zurich en 1870, Hermann Greulich réunit quelques sections de cette première Internationale autour de son journal, la Tagwacht, qui paraît à Zurich. C'est la formation du Parti social-démocrate suisse, qui est à la fois un groupement de défense des intérêts des travailleurs et un embryon de parti socialiste. Il deviendra l'un des principaux partenaires politiques de l'Union syndicale suisse dans les années 1880.

Création de l'Union suisse des arts et métiers

Une dissidence de l'Union suisse du commerce et de l'industrie entraîne en 1879 la fondation de l'Union suisse des arts et métiers, qui s'efforce de regrouper les petits entrepreneurs et les artisans. L'Union suisse des arts et métiers (USAM) sera une organisation patronale par nature plus conservatrice que le Vorort, définitivement installé à Zurich en 1882, mais son influence sera loin d'être négligeable sur la politique économique de la Suisse. En effet, l'USAM est attachée avant tout à des mesures de protection du marché intérieur, lesquelles sont particulièrement importantes à la fin du siècle: elles opèrent par le relèvement des droits de douane.

Fondation de l'Union syndicale suisse

Les syndicats ne sont pas encore bien organisés en Suisse. Les premiers qui l'ont été furent les typographes, dès 1858. Suivirent les tailleurs (1863), puis les cordonniers (1867). Issue de la Fédération ouvrière suisse, l'Union syndicale suisse (USS) est créée en 1880. Certes, l'USS appartient au courant de pensée socialiste, mais elle entend être en premier lieu une organisation syndicale défendant les droits des travailleurs. Elle s'installe d'abord à Genève, avant d'établir son siège à Berne. En 1880, elle ne compte que 12 sections, mais sa croissance sera rapide durant la fin du siècle.

Le patronat s'organise

Les patrons ne restent pas inactifs face au danger de la multiplication des conflits du travail; en 1870, les industriels fondent l'Union suisse du commerce et de l'industrie. L'un des buts de ce groupement patronal sera aussi de répondre aux nécessités de l'exportation et des juridictions étrangères. L'Union suisse du commerce et de l'industrie (USCI) s'appellera dès 1882 Vorort, parce qu'elle fixera le siège de son directoire à Zurich. Rapidement, par sa représentativité, le Vorort va exercer une influence considérable sur la politique commerciale extérieure du pays.

Loi sur le travail et grèves

La journée de travail dure encore douze heures. A Glaris, la Landsgemeinde adopte en 1864 une loi qui réglemente le travail en usine des enfants. Elle instaure un inspectorat qui veille à ce que les dispositions légales soient observées. En mars 1868 éclate à Genève une grève importante soutenue par de nombreux corps de métiers du bâtiment et qui rassemble finalement près de 3000 travailleurs. Contrairement à l'habitude, le Conseil d'Etat genevois n'utilise pas la troupe pour briser la grève, qui durera trois semaines et se terminera par la victoire des grévistes, dont le salaire est augmenté de 10%, alors que la journée de travail passe de douze à onze heures.

L'affaire Wohlgemuth

Un inspecteur de police alsacien entretenait des relations douteuses en Suisse. En fait, il espionnait sans doute certains milieux socialistes. Expulsé par la Suisse, il fut fermement défendu par Bismarck, le chancelier allemand. Ce dernier menaça Berne de blocus économique. Le Conseil fédéral resta calme; finalement, l'Allemagne céda; grâce au conseiller fédéral Numa Droz, en charge des Affaires étrangères, la Suisse sut à la fois faire respecter sa neutralité et l'intégrité de son territoire.

Un pays d'associations

A la fin du XIXe siècle, la Suisse est un pays où pullulent les associations. En 1890, les unions suisses de consommateurs se regroupent en Association suisse des consommateurs. En 1890 également est formée l'Union centrale des associations suisses d'ouvrières, qui rassemble, comme son nom l'indique, des ouvrières. Il faut dire que former une association en Suisse est extrêmement facile; il n'y a pas besoin d'autorisation préalable comme dans d'autres pays. Le droit d'association est l'une des conquêtes radicales de 1848; associations politiques, religieuses ou amicales se multiplient. Cela restera une caractéristique de la Suisse au XXe siècle: tout Suisse est membre d'une ou plusieurs sociétés.

     

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