SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

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Sommaire >>> Divers >>> Histoire Suisse >>> 1848-1914: La Suisse des Radicaux

 Vers une économie de taille européenne

 
 

Relativement démunie au milieu du XVIIIe siècle, la Suisse est déjà aisée au moment où apparaît l’État fédéral ; en 1914, son rythme économique s’apparentera à celui des plus grandes nations industrielles. La mutation économique égale donc en importance la transformation politique et s’exprime comme elle par des éléments en apparence disparates. L’absence de ressources naturelles, la qualité de la main-d’œuvre et l’abondance des capitaux obligent à une spécialisation.

Les unifications de l’Allemagne et de l’Italie donnent une fonction continentale au réseau ferré (voir plus bas) construit tardivement ; le développement industriel se rattache à des lignes de force véritablement européenne et parfois même à des marchés lointains.

La pensée économique est marquée plus fortement encore par le libéralisme. La diffusion du machinisme est un autre trait dominant du déploiement industriel suisse après 1848. La filature enregistre la croissance la plus spectaculaire ; le tissage suit un processus d’industrialisation moins direct. Le passage à la machine et, corrélativement ou non, à la fabrique s’opère très inégalement selon les branches. La progression rapide de l’industrie et l’essor exceptionnel des services ont entamé les masses paysannes qui passent de 620'000 paysans vers 1850 à 558'000 en 1880.

Liés très directement au développement de la Suisse moderne, les chemins de fer ont eu des effets économiques plus nets que leurs conséquences politiques (1873, fusion des trois compagnies romandes en un « Chemin de fer de la Suisse occidentale »).

Les débuts de l’Etat fédéral coïncident avec l’établissement, en 1851, du premier tarif douanier de la Confédération. Pragmatique comme ceux qui lui succèdent, il protège les débouchées d’une industrie en expansion, lui assure des matières premières à des prix non-prohibitifs, tout en permettant à la Confédération d’indemniser les cantons.

La crise mondiale de 1857 (la première causée par la surproduction) impose à l’économie suisse une pause que les perturbations des années 1860 prolongent dans quelques secteurs. La guerre de Sécession accentue aussi le mouvement des commerçants suisses vers l’Asie et l’Extrême-Orient.

Les voisins de la Suisse n’absorbaient déjà pas plus que 40% de ses exportations, alors qu’ils lui livraient toujours plus de la moitié de ses importations. La Suisse se trouvait fortement engagée dans une économie européenne en pleine expansion, que la crise des années 1870 allait ébranler profondément.

En Bref:

L'essor du textile

Les années 1850 et 1860 marquent l'essor des filatures et des manufactures mécaniques de coton, principalement de tissus blancs exportés dans toute l'Europe. Les renvideurs ou mule-jennys automatiques remplacent les anciennes machines à main. Pour ce faire, l'industrie textile suisse consent des investissements coûteux, qui sont rapidement amortis grâce aux succès des exportations, facilitées par l'ouverture progressive des marchés. Le nombre de broches en action s'élève alors à plus de 2 millions, concentrées avant tout dans les cantons de Zurich, Argovie, Glaris, Saint-Gall et Thurgovie.

Les débuts du chemin de fer

L'Etat fédéral, malgré quelques tentatives, laissa les milieux économiques privés construire le premier réseau ferroviaire. L'énorme enjeu financier de sa construction explique les incohérences du réseau initial. Pourtant, en 1850, à la demande du Conseil fédéral, Stephenson et Swinburne avaient établi un premier tracé national prévoyant une croix ferroviaire de 750 kilomètres entre Genève et Constance d'une part, Bâle et Lucerne d'autre part, le pivot se situant à Olten. Finalement, le réseau se développa d'une manière anarchique, suivant les intérêts financiers des promoteurs de chaque ligne. La ligne Bâle-Zurich ne fut terminée qu'en 1875

Développement du réseau ferroviaire

La loi sur les chemins de fer de 1852 avait donné aux cantons la compétence d'établir le réseau ferroviaire. Charge à eux de déléguer cette compétence à des compagnies privées, sous forme de concession. Deux lignes seulement existent alors: Zurich-Baden (23,33 km) et Bâle-frontière française (1,86 km). Plusieurs compagnies se fondent: le Central, le Nord-Est, le Sud-Est, qui développent des lignes autour de Zurich, de Bâle, de Saint-Gall ou de Genève, reliée à Lausanne en 1857. De nombreux capitaux étrangers s'investissent dans la plus grande aventure industrielle du XIXe siècle.

Le tracé du Berne-Lausanne

Toute concession cantonale doit être approuvée par la Confédération. Celle-ci peut donc imposer le choix d'un tracé. En 1856, la Compagnie de l'Ouest veut joindre Berne à Lausanne par Morat, Payerne et Yverdon. Finalement, contre l'avis des Vaudois, le tracé choisi fut par Fribourg, Romont et Oron, afin de ne pas laisser Fribourg sans chemin de fer. Lausanne s'était pourtant montrée favorable à ce dernier tracé, ce qui lui valut une occupation militaire des troupes cantonales vaudoises! En 1860, 1053 kilomètres de voies ferrées étaient construits en Suisse.

Des banques pour les chemins de fer

D'importants capitaux sont nécessaires pour la construction du réseau ferroviaire. Alfred Escher, président de la Compagnie du Nord-Est, fonde en 1856 le Crédit Suisse pour financer l'équipement industriel du pays. Il ouvre le capital au public en lui proposant de souscrire pour 3 millions de francs d'actions. Trois jours plus tard, les souscriptions atteignent 21,78 millions. L'année précédente s'est ouverte, à Genève, la première Bourse de valeurs de Suisse, sur le modèle des Bourses de Londres et de Paris. Bourses et banques d'affaires permettent le développement économique du pays.

L'essor des banques régionales

Les grandes banques drainaient les crédits. Paysans et artisans, dont les affaires sont moins rentables, ont plus de difficulté à trouver de petits crédits. Pour les aider en faisant appel à l'épargne populaire, se créent de nombreuses banques régionales entre 1850 et 1860 ainsi que plusieurs banques cantonales. Face aux excès du capitalisme bancaire, ces petites banques sont suscitées par la volonté de sociétés d'utilité publique et de mouvements politiques qui désirent défendre les classes moyennes et les agriculteurs.

Le télégraphe

La constitution de 1848 garantissait à la Confédération le monopole des postes et du télégraphe, alors optique. En décembre 1851, le télégraphe électrique est progressivement introduit en Suisse. Une année plus tard, un premier réseau de 1942 kilomètres est en place. Dix ans plus tard, il atteint 3192 kilomètres et ne cesse de se développer. Rapidement, le nombre des dépêches transmises croît. On constate qu'en Europe, à l'exception de la Grande-Bretagne, la Suisse est le pays qui fait le plus grand usage du télégraphe. Déjà à cette époque, la Suisse est donc en pointe dans le domaine des télécommunications.

     

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