Refus
de la proportionnelle et de l'élection du Conseil fédéral par
le peuple
Le 4 novembre 1900,
deux initiatives lancées par les socialistes suisses échouent.
Toutes deux visaient à une transformation profonde du système
politique suisse. La première avait pour but l'élection du Conseil
national à la proportionnelle. Elle fut refusée par
244'666 voix contre 169'008. Quatre cantons l'acceptèrent. La
seconde initiative proposait l'élection du Conseil
fédéral par le peuple. Elle fut refusée encore plus
nettement par 270'522 non contre 145'926 oui. Le
Parti radical, grand bénéficiaire de l'élection au système
majoritaire du Conseil national, avait vivement combattu cette
initiative.
Code
civil pour la Suisse
Le nouveau Code
civil suisse pourra entrer en vigueur au 1er janvier 1912.
Les Chambres fédérales l'ont voté à la fin de 1907. Ce Code,
rédigé dans une langue simple, accessible au commun des mortels,
est l'oeuvre d'Eugen Huber
(1849-1932). Fondé sur l'égalité des personnes et la liberté
individuelle, ce Code civil supprime certains privilèges des
hommes; toutefois, il ne consacre pas encore une absolue égalité
de l'homme et de la femme dans le mariage, contrairement aux
propositions des associations féministes.
Création
de la Banque nationale
La création d'un
institut central d'émission avait été prévue à la suite de
l'octroi à la Confédération du monopole
des billets de banque. Le 20 juin 1907, la Banque nationale
ouvre ses portes. Son capital de 50 millions est détenu à 40%
par les banques cantonales et à 60% par d'autres banques et des
particuliers. Le siège de la Banque nationale est partagé entre
Zurich pour les opérations bancaires et Berne pour le siège
administratif.
L'assurance
maladie et accidents n'entre toujours pas en vigueur
Depuis 1890,
le principe de l'assurance maladie et
accidents obligatoire est inscrit dans la constitution.
Cependant, aucune loi d'application n'a été votée par le
peuple en 1900. Le 20 mai 1900, la loi sur l'assurance maladie est
repoussée par 341'914 voix contre 148'035 oui, malgré l'appui
d'une majorité des partis politiques. Les critiques à l'encontre
du projet sont venues tant des milieux conservateurs que des
libéraux et des paysans. Ils craignaient l'établissement d'une
bureaucratie coûteuse ainsi que de lourdes charges pour les
assurés. Résultat: il faudra encore
attendre plusieurs années avant que l'assurance maladie ne
devienne obligatoire.
L'Alliance
des sociétés féminines suisses
Le 26 mai 1900 quatre
sociétés féminines de Genève, Lausanne, Berne et Zurich
invitent, lors d'un congrès à Bern, 13 autres associations à
créer l'Alliance des sociétés féminines
suisses sous l'impulsion de la présidente, Hélène von
Mülinen. But de cette association faîtière: la préparation du
futur Code civil. Les femmes suisses souhaitent que le régime
matrimonial ne soit plus l'union des biens, mais la séparation de
biens absolue. Elles souhaitent également que l'époux remarié
perde la tutelle des enfants issus de son premier mariage et que
la femme divorcée puisse conserver le droit de porter le nom de
son mari.
Les
femmes votent en 1908
Certes, le suffrage
féminin n'a pas encore été adopté en Suisse; pourtant,
dans certains cantons, les femmes votent. Notamment à
Genève et dans le canton de Vaud, les femmes protestantes peuvent
voter en matière paroissiale. Oh, cela n'a pas été sans mal,
mais depuis novembre 1908, dans les deux cantons, les femmes
peuvent participer pleinement à la vie de leur paroisse! Il
s'agit là d'un petit succès pour les associations féministes,
et notamment pour la Genevoise Emilie Gourd.