Xénophobie
à Arbon
Arbon connaît en
août 1902 une vague de xénophobie envers les travailleurs
italiens. L'incident, au départ modeste, une rixe
d'auberge impliquant un ouvrier italien, dégénère en une
véritable émeute qui dure trois jours
et que seule l'intervention de la police et des pompiers parvint
finalement à contenir. Depuis de nombreuses années on assistait
en Suisse à des manifestations d'hostilité envers les
étrangers, mais jamais elles n'avaient atteint ce degré de
violence. Il faut dire qu'à la fin du XIXe
siècle, la proportion d'étrangers avait quintuplé en
Suisse depuis les débuts de l'Etat fédéral. A Arbon,
elle atteignait même 46% de la
population.
La
Suisse devient une terre d'immigration
L'essor économique de
la fin du siècle nécessite de faire appel aux travailleurs des
pays environnants. Pour la première fois dans l'histoire de la
Suisse depuis 1888, le nombre des immigrés est supérieur à
celui des émigrants. En 1900, la Suisse compte 11,6%
d'étrangers, des travailleurs venant principalement d'Allemagne
du Sud, d'Italie du Nord ou du Vorarlberg. Dans les cantons
urbains, la proportion est bien sûr plus élevée, puisqu'elle
atteint 39,7% à Genève, 38,1% à Bâle-Ville et 16,2% à Zurich.
Les
étudiants étrangers malvenus en Suisse
Vers 1900, les
étudiants en médecine de Berne, Genève et Lausanne protestent
contre le grand nombre d'étrangers qui monopolisent les places,
sans avoir toujours la formation préalable requise. De nombreux
étudiants russes et polonais viennent faire leurs études en
Suisse, notamment des étudiants israélites. Les demandes des
étudiants suisses seront satisfaites. Dès 1903, Lausanne et
Genève veilleront à diminuer la proportion d'étudiants
étrangers, tandis qu'à Berne, deux ans plus tard, plusieurs
centaines d'étudiants russes devront quitter la ville. Comme
beaucoup de ces étudiants étaient en fait des étudiantes, la
proportion de femmes universitaires baissera sensiblement.