Grèves
et luttes ouvrières en Suisse
Le siècle débute à
Chiasso par une grève de 600 cigarières qui protestent contre
leurs bas salaires. En 1901, une autre grève importante éclate
sur le chantier du tunnel du Simplon.
Plus de 3000 ouvriers suivent le mot d'ordre de grève générale
pour réclamer une augmentation de 50 centimes par jour, ainsi
qu'une réduction de la journée de travail à six heures en
raison des dures conditions de travail à l'intérieur du tunnel.
L'armée, appelée en renfort par la direction du chantier,
brisera la grève. Le 29 juin 1901, l'entreprise, tout en
prononçant 250 licenciements, accordera une augmentation de 25
centimes par heure aux ouvriers.
La
grève générale à Genève
Le 31 août 1902, les
employés de la CGTE déclenchent une grève générale
massivement suivie pour protester contre le licenciement de 44
ouvriers. L'arbitrage du Conseil d'Etat n'est pas respecté par
l'entreprise. Une nouvelle grève éclatera le 28 septembre 1902,
qui sera matée par l'armée. Le 5
octobre, soldats et grévistes s'opposent. Par solidarité avec
les grévistes genevois, les 9 et 10
octobre 1902, les syndicats organisent la première
grève générale de Suisse, assez largement suivie. Pour y
riposter, le Parlement fédéral fait lever 2000 hommes
supplémentaires. Finalement, la grève sera brisée. L'un des
animateurs du mouvement, le fameux Bertoni,
sera même condamné à la prison.
Les
paysans deviennent une force politique
L'Etat radical
s'était appuyé sur la bourgeoisie commerçante et industrielle
du Plateau bien davantage que sur les paysans pour modeler la
Suisse moderne. La population rurale ne
cesse de décliner, passant de 54% à 31% entre 1850 et
1900. Pourtant, le poids politique des paysans va
considérablement s'accroître. L'Union
suisse des paysans est fondée en 1897
afin de représenter les intérêts agricoles au niveau fédéral.
Elle va rapidement constituer un lobby
puissant avec lequel il faudra compter. Cette
réussite est due notamment à Ernest Laur (1871-1964), premier
secrétaire de l'USP et leader agricole durant un demi-siècle.
Fondation
du Parti socialiste suisse
Le 22 septembre 1901
à Soleure, les représentants de la Société du Grütli et du
Parti social-démocrate de Suisse sont réunis. A l'ordre du jour,
leur fusion. C'est l'acte de naissance du Parti
socialiste suisse, dont l'un des leaders n'est autre
qu'Hermann Greulich, le vieux lutteur
socialiste fondateur en 1870 du Parti social-démocrate suisse.
Grâce à cette fusion, le nouveau Parti socialiste suisse gagnera
rapidement des sièges au Conseil national.
La
durée du travail limitée?
En 1907, les ouvriers
suisses travaillent en moyenne encore plus de dix heures par jour.
Il convient de rappeler à ce sujet que la loi fédérale sur les
fabriques de 1877, qui n'est toujours pas révisée, fixe une
durée maximale de onze heures par jour. Il va de soi que les
syndicats, encore faibles, et les socialistes demandent avec
insistance une révision de la loi sur les fabriques. C'est
notamment dans le textile et les produits alimentaires que la
durée du travail est la plus longue