La
luge: sport alpin
Le premier sport de
neige développé dans les Alpes suisses n'était pas le ski,
mais la luge. Bien sûr on se servait de luges en tant que moyen
de transport, mais les touristes prirent plaisir à organiser
entre eux des parties de luge. La première épreuve
internationale de luge se déroula à Klosters, le 12 février 1883.
Des Anglais, des Canadiens, des Allemands et des Hollandais
figuraient parmi les concurrents. Une piste artificielle de luge
fut également établie à Saint-Moritz en 1884. Quant au ski,
ce n'est que quelques années plus tard qu'il se répandit, venu
de Norvège, sous l'influence du Glaronais Christof
Iselin. Le ski alpin est donc une
importation norvégienne.
La
voiture à vapeur Brown
En 1886,
Charles Brown, fondateur de la
fabrique suisse de locomotives et de wagons, construit une
automobile à vapeur comportant trois roues à rayons et une
chaudière verticale. Cette voiture, actuellement exposée au
Technorama de Winterthur, atteignait des performances
remarquables pour l'époque, puisqu'elle concurrençait l'allure
d'un cheval au trot. C'est le premier véhicule, toujours en
état de marche, construit en Suisse si l'on excepte le tricycle
de René Thury. Toutefois, durant les mêmes années un jeune
Allemand, Rudolf Diesel,
travaillait dans les ateliers des frères Sulzer à la
fabrication du moteur à explosion.
La
fin du Kulturkampf
Dans les années 1883-1885,
la vague d'intolérance religieuse mêlée
de combats politiques qui avait ravagé les cantons
protestants sous le nom de Kulturkampf
est pratiquement terminée. En effet, dans plusieurs cantons les
dispositions hostiles au catholicisme romain favorisent des Églises
catholiques nationales ou vieilles catholiques, toutefois
l'inanité des efforts entrepris pour soutenir ces mouvements
dissidents entraîne la fin des luttes religieuses. Désormais,
les catholiques romains reprennent leur place dans la
communauté nationale; peu à peu leurs églises leurs sont
rendues. Quelques années encore et l'élection de Joseph
Zemp au Conseil fédéral clôturera définitivement
ce chapitre douloureux.
Modification
de la carte des diocèses
Les articles
d'exception interdisent toute modification des diocèses sans l'accord
de la Confédération. Au Tessin, la situation est délicate.
L'administration apostolique du Tessin ne tient plus à avoir,
depuis 1859 déjà, de liens avec les diocèses de Côme et de
Milan. Le Kulturkampf a empêché toute solution de compromis.
En 1884, une détente apparaît; finalement, des négociations
entre 1884 et 1886 aboutissent à la création au Tessin d'un
vicariat apostolique rattaché au diocèse
de Bâle, dont le titulaire devient évêque de Bâle et
Lugano, le 16 mars 1888, malgré l'hostilité de certains
radicaux tessinois.
La
riscossa au Tessin
Depuis des
décennies, le Tessin est agité par des conflits politiques
aigus entre les conservateurs et les radicaux. A plusieurs
reprises, le sang coula. En 1889,
les élections au Grand Conseil donnèrent une large majorité
aux conservateurs. Du coup, les radicaux provoquent la riscossa,
ou révolution, et, le 11 septembre
1890, s'emparent du siège du gouvernement à Bellinzone. Un
conseiller d'Etat tessinois fut tué et le chef du gouvernement
arrêté. Du coup, le gouvernement fédéral décida
d'intervenir et envoya des troupes au Tessin avec un commissaire
fédéral pour administrer le canton. Résultat du dernier
coup d'Etat dans un canton suisse: l'introduction au
Tessin de la proportionnelle en 1891.
Musée
national suisse
1890 est une date
importante pour le futur Musée
national suisse: c'est l'année au cours de laquelle
les Chambres fédérales ratifient sa création. Il n'a pas
encore de localisation déterminée; plusieurs villes comme
Berne, Lucerne, Zurich ou Bâle souhaitent le voir installer
chez elles. En revanche, c'est la fin d'un combat de dix ans
pour décider s'il fallait ou non prévoir un tel musée. On se
demandait qu'est-ce qu'un musée national? "C'est
l'incarnation de la pensée nationale, c'est le grand livre
d'images de l'histoire suisse", déclaraient les
partisans du musée. Sa création déclencha une véritable
bataille d'opinions dans la presse suisse.
Mort
d'Henri Nestlé
Henri
Nestlé (1814-1890) était chimiste de formation. Dans
son usine de Vevey, il s'efforce de
trouver un aliment pour nourrissons à base de lait, de sucre et
de farine de blé. De plus, il souhaite pouvoir le produire de
manière industrielle. C'est en 1867 que les premières boîtes
de bouillie pour bébés portant le nom de Nestlé sont
produites. Rapidement, ces produits alimentaires pour
nourrissons recevront un accueil favorable, tant en Europe qu'en
Amérique. Toutefois, Henri Nestlé se
sépare de son entreprise en 1875 déjà.
Une
conjoncture incertaine
Entre 1886 et 1890,
la conjoncture se redresse légèrement. Toutefois, la tendance
reste dépressive. L'agriculture perd plus de 10% de la
population active; elle passe en effet à 37% de celle-ci. En
revanche, les services croissent de 16%, alors que le secteur
secondaire se taille la part du lion. On constate que la
proportion des indépendants, petits commerçants et artisans,
est tombée à 30% environ. Néanmoins, le textile reste l'un
des secteurs les plus dynamiques de l'économie.
Création
d'un premier Parti socialiste
En 1888,
le mouvement ouvrier, divisé en plusieurs associations et
syndicats, réussit à créer un premier Parti
socialiste, à la tête duquel fut désigné Albert
Steck, Bernois. Ce Parti socialiste se
situait à l'évidence à l'extrême gauche. Albert Steck
(1843-1899) avait un programme simple: "Réaliser
l'idéal de nos ancêtres confédérés: un seul peuple de
frères". En fait, il prévoyait la nationalisation
progressive des transports, de l'industrie, des arts et métiers
et de l'agriculture. Il avait également dans son programme le
droit au travail pour tous les citoyens, revendication qui sera
reprise en 1918 parmi les points du
Comité
d'Olten.
Mort
de Gottfried Keller
Gottfried
Keller meurt le 15 juillet 1890. Il était né en
1819. Il apparaît comme le plus grand
écrivain suisse alémanique de la seconde moitié du
XIXe siècle. Ancré dans la société de son temps, Gottfried
Keller peut être considéré comme un écrivain engagé, non
seulement par sa profession, puisqu'il devint chancelier du
canton de Zurich, mais par sa plume, puisque ses romans sont un
tableau vivant de la Suisse à la fin du XIXe siècle. Dans son
roman Martin Salander,
on voit combien il s'inquiète de l'avenir du pays.
Création
d'une université à Fribourg
En 1889,
on crée une université catholique à Fribourg. Celle-ci sera
dominée par les dominicains, qui, contrairement aux jésuites,
ont pu rester en Suisse. Désormais, le centre intellectuel
catholique en Suisse ne sera plus Lucerne, mais Fribourg, qui
offre l'avantage d'être une ville bilingue et de pouvoir donc
rayonner tant sur la Suisse alémanique que sur la Suisse
romande. L'Université de Fribourg comptait une Faculté de
droit, une Faculté des lettres ainsi qu'une Faculté de
théologie, puis ultérieurement une Faculté des sciences.
Johann
Rudolf Geigy
Geigy
est un droguiste et chimiste qui s'intéresse au problème des
colorants. Il devient chef de l'entreprise familiale en 1857 et
s'efforce de produire du bleu ou du noir d'alumine et du violet
de méthylène par exemple. Ce n'est qu'en 1890 qu'il abandonne
totalement le commerce des couleurs pour la fabrication de
colorants. L'entreprise Geigy devient alors une vraie
multinationale.
Vers
le tunnel du Simplon
Le percement du Gothard
donne un coup de fouet au projet de percer un tunnel au Simplon.
A dire vrai, le projet du Simplon était antérieur à celui du
Gothard. Toutefois, diverses difficultés techniques et
financières l'avaient retardé. Finalement, l'Italie et la
Suisse, ainsi que des financiers des deux pays, s'assemblent
pour relancer la ligne du Simplon. On regroupe les réseaux de
chemin de fer Occidental et du Simplon pour créer en 1890, avec
quelques lignes ferroviaires du plateau bernois, le Jura-Simplon.
A noter qu'une bonne partie des capitaux était française,
contrairement aux capitaux germaniques du Gothard.
1er
mai 1890
Pour la première
fois en Suisse, la Fête du travail est
célébrée solennellement le 1er mai
1890. L'Internationale socialiste en 1889 l'avait
suggéré; il fallait que les ouvriers descendent dans la rue le
1er mai. Bien entendu, ce jour n'étant pas férié, l'abandon
de leur travail par les ouvriers était assimilé
à un jour de grève; c'est dire que la participation au
défilé du 1er Mai était fort mal vue par les employeurs.
Création
de la Fondation Gottfried Keller
En 1890, un don de
Lydia Welti Escher, la fille d'Alfred Escher, permet la
création de la Fondation Gottfried Keller, qui consacrera ses
ressources à l'acquisition d'œuvres d'art suisses qu'elle
mettra en dépôt, tant au Musée national que dans les
différents musées cantonaux. Lydia Welti Escher, épouse du
fils du conseiller fédéral Emile Welti, avait, après une
existence relativement malheureuse, légué son importante
fortune pour cette fondation qui prit le nom du grand écrivain
suisse alémanique.
Université
de Lausanne
Depuis le XVIe
siècle, il existait à Lausanne une Académie.
Celle-ci fut transformée en 1891 en une université dotée de
plusieurs facultés: droit, lettres, médecine, sciences. La
date officielle de sa création est le 18 mai1891. La Suisse
romande est désormais dotée de trois universités, celle de Neuchâtel
conservant encore l'ancien titre d'Académie alors que celles de
Genève, Fribourg
et Lausanne ont été transformées
en Universités.
Création
d'Alusuisse
L'aluminium
est un métal nouveau qu'on sait extraire de la bauxite
depuis peu. Sous le Second Empire,
l'aluminium vaut aussi cher que certains métaux précieux en
raison de sa rareté. On a d'ailleurs besoin de beaucoup
d'énergie pour pouvoir le fabriquer, ce qui explique que les
premières usines d'aluminium s'installent près de cours d'eau.
C'est ainsi qu'Alusuisse
(AIAG au début) s'installe près des chutes du Rhin, dans
l'usine Neuhausen, vers 1890. Dans les hauts-fourneaux
d'électrolyse, on transformera l'alumine en gaz carbonique et
en aluminium liquide. Le Genevois Gustave Naville (1848-1929),
ingénieur électricien, produira dès 1888 les premières
tonnes d'aluminium, près de Schaffhouse.
Premier
conseiller national socialiste
En 1890, alors que
la proportionnelle n'est toujours pas introduite sur le plan
fédéral, pour la première fois, un conseiller
national socialiste est élu: il s'agit de Vogelsanger.
Toutefois, l'élection d'un député socialiste souligne plutôt
la faiblesse du mouvement ouvrier en Suisse à la fin du XIXe
siècle. En effet, l'aile gauche des radicaux démocrates
continue à représenter la classe ouvrière. Il n'en va pas de
même, par exemple, dans l'Allemagne de Bismarck,
où la social-démocratie joue un rôle important à cette
époque déjà.
Mort
de François Boçion
Le peintre
vaudois François
Boçion (1828-1890) est un artiste dont les tableaux
reflètent le charme du Léman. Ses teintes grises, roses ou
bleues sont celles d'un artiste aussi profond que sensible.
Parmi la peinture de paysages, qui fut fortement développée en
Suisse à la fin du XIXe siècle à la suite des grands
paysagistes tels qu'Alexandre Calame par exemple, François
Boçion est l'un de ceux qui, avec une grande originalité,
parviennent à séduire tout en comptant parmi les grands
artistes de l'époque.
Le
droit suisse en mouvement
En 1890,
le droit suisse est loin d'être unifié,
pour ne pas parler des codes de procédure pénale, dont chaque
canton garde jalousement le sien. Les révisions de la
Constitution de 1874 sont relativement nombreuses. Par ailleurs,
le peuple repousse plusieurs révisions des articles militaires,
mais accepte en revanche la loi sur l'état civil et le mariage
ou encore diverses lois sur les réformes des chemins de fer. Il
faut constater que plusieurs réformes législatives sont
d'abord adoptées dans les cantons avant d'être introduites au
niveau fédéral. On remarquera que ce chemin lent sera le même
pour le suffrage féminin, par exemple.
Fête
du 1er Août 1891
En 1891,
la Confédération a 600 ans. Le nouvel Etat fédéral n'en a
que 43. Dans les pays voisins, la Fête nationale tombe le jour
de l'anniversaire du souverain. La France vient de choisir le 14
juillet. La Suisse ne célèbre pas de
Fête nationale. Le patriotisme républicain a pourtant
besoin d'un jour de fête. Il faut choisir un jour de Fête
nationale. Diverses dates sont possibles. Par exemple le 12
septembre 1848, date fondatrice du nouvel Etat
fédéral. Mais cette date symbolique risque de diviser, alors
que tous les Suisses n'ont pas encore oublié l'époque du
Sonderbund.
Finalement, le 1er août est
retenu, en souvenir du pacte de 1291.
L'initiative
populaire
Dans la mouvance des
démocrates, un nouvel instrument des droits populaires est
créé en 1890 sur la
proposition du Conseil des États: l'initiative
populaire. Toutefois, on offrit la possibilité au
Parlement d'opposer un contre-projet à l'initiative, ce qui
ouvrait un choix à l'électeur. C'est le 5 juillet 1890 que ce
système d'initiative populaire fut adopté par les deux tiers
des cantons. Ce nouvel instrument de démocratie directe allait
se révéler l'une des principales forces de proposition
populaire au cours du XXe siècle. A noter que c'est la
conjonction des forces conservatrices et socialistes unies
contre les radicaux qui parvint à ce succès.
Introduction
de l'initiative populaire
L'année 1891 voit
l'extension des droits populaires par l'introduction
du droit d'initiative. Jusqu'alors, seule la
révision totale de la Constitution pouvait être demandée si 50'000
citoyens usaient de leur droit d'initiative.
Le
projet du Conseil fédéral ne prévoyait que la possibilité
d'une initiative "formulée" sous forme de voeu. Mais
le Conseil des Etats institua une seconde forme d'initiative
partielle, à savoir le projet rédigé de toutes pièces. Dès
lors, la volonté populaire ne peut être trahie par le Parlement,
qui n'a que la possibilité d'opposer un contre-projet à
l'initiative. La
démocratie directe, que ne connaissaient que les cantons à
Landsgemeinde, reprend vigueur, après l'introduction du droit
de référendum en 1874, avec le droit d'initiative. Depuis
1891, des dizaines d'initiatives populaires ont été lancées.
Peu ont abouti.
Interdiction
de l'abattage rituel du bétail
La révision fut
votée dans l'indifférence, le 5 juillet 1891, avec 54%
d'abstentions. "Il semble que le corps électoral n'ait
pas saisi le caractère quasi révolutionnaire de ce nouveau
droit populaire". Politiquement, le vote est une
défaite des radicaux.
Le
premier usage fait du nouveau droit populaire n'est pas très
glorieux. A l'initiative de quelques cantons, le mode rituel
israélite de l'abattage du bétail fut interdit. Le 20 août
1893, l'article 25 bis est accepté par 11,5 cantons contre 10,5
et 191'527 voix contre 127'101. Dans cette affaire, "l'antisémitisme
a joué un rôle au moins aussi grand que la pitié pour les
animaux" (Numa Droz).
Le
droit au travail
La deuxième
initiative populaire fut lancée par les socialistes et ne
réclamait rien de moins que le droit
au travail. Elle fut très largement refusée, par
308'209 non contre 75'880 oui. Aucun canton ne l'accepta. La
troisième initiative, inspirée par un fédéralisme douteux,
fut refusée le 4 novembre 1894. Il s'agissait de la ristourne
douanière aux cantons (ou Beutezug,
course au butin) en raison de la hausse des droits de douane.
Election
du premier conseiller fédéral catholique conservateur
Depuis 1848,
le Conseil fédéral est homogène, monocolore. Les
sept conseillers fédéraux sont radicaux. Mais
ils représentent souvent des tendances opposées, par
exemple fédéralistes contre centralisateurs. A l'Assemblée
fédérale, les radicaux disposent d'une écrasante majorité,
grâce au scrutin majoritaire. Les minorités sont écrasées.
Ni les conservateurs, ni les socialistes ne participent au
gouvernement.
Josef Zemp, de
Lucerne, est élu conseiller fédéral le 17 décembre 1891.
Pour la première fois, un catholique conservateur fait partie
du gouvernement. Une nouvelle page de l'histoire politique de la
Suisse moderne s'ouvre.
Josef
Zemp (1834-1908)
Originaire de l'Entlebuch,
le premier conseiller fédéral catholique conservateur, a fait
des études de droit en Allemagne, à Munich et à Heidelberg.
Il est élu, à l'âge de 28 ans, député au Grand Conseil de
Lucerne, puis en 1871 au Conseil des Etats, où l'on commençait
alors sa carrière politique fédérale, puis l'année suivante
au Conseil national. Figure de proue de l'opposition
parlementaire, il dirige la fraction conservatrice et demande en
1884 une révision partielle de la Constitution. Cette demande
marque un tournant de la politique suisse dans la mesure où les
conservateurs acceptent désormais les principaux acquis de l'Etat
fédéral.
Une
élection inattendue
Son accession au
Conseil fédéral n'était pourtant pas programmée. Le refus,
le 6 décembre 1891, par le peuple suisse du rachat des chemins
de fer entraîne la démission du conseiller fédéral Argovien
Emile Welti. Le parti radical offre alors
un siège au Conseil fédéral à l'opposition pour résoudre la
crise. Le 17 décembre 1891, Josef Zemp est élu
conseiller fédéral au premier tour, avec l'appui des radicaux
et des libéraux.
Il prendra
le Département des postes et chemins de fer de 1892 à 1908,
sauf en 1902 lorsque, président de la Confédération, il sera
aussi chef du Département politique. Il saura mener à bien le
rachat des chemins de fer en 1898, puis la création des CFF.
Josef
Zemp remet les pendules à l'heure
Durant son mandat,
la Poste fédérale inaugure de splendides bâtiments,
représentatifs de la nouvelle puissance de l'Etat fédéral, à
Fribourg en 1897, à Berne en 1900, à Genève en 1905, à
Saint-Gall en 1906 et à Lugano en 1908.
Autre
résultat du travail de Josef Zemp au Conseil fédéral:
l'introduction de l'heure de l'Europe centrale pour favoriser le
trafic international. Malgré une vive opposition en
Suisse romande, elle entre en vigueur dès le 1er
juin 1894. Jusqu'alors, il fallait parfois trois
horloges pour indiquer l'heure de Paris, celle de Genève et
celle de Berne. Peu pratique! Grâce à Josef Zemp, les montres
suisses marquent désormais toutes la même heure.
Le
Frauenverein et la lutte contre l'alcoolisme
Tandis que certaines
associations féministes luttent pour l'émancipation de la
femme, d'autres associations s'efforcent de protéger cette
dernière des turpitudes morales et des misères physiques
nourries par les sociétés urbaines. L'une des plus puissantes
d'entre elles est le Frauenverein
de Zurich, qui impose le respect strict du dimanche ainsi que de
l'heure de fermeture des établissements publics. En 1894, le
Frauenverein ouvre les premiers restaurants sans alcool.
Création
du Bureau international de la Paix
La paix, le
désarmement, la résolution des conflits par l'arbitrage,
voilà les buts poursuivis par de nombreux Suisses. L'exemple
d'Henri Dunant est typique. Son action est semblable à celle de
beaucoup de Suisses qui oeuvrent dans ce qu'on appelle
maintenant l'humanitaire.
Les
associations pacifistes sont nombreuses à la fin du XIXe
siècle. Le 1er décembre 1891 se fonde à Berne le Bureau
international de la Paix pour fédérer les
sociétés ayant le même objectif. Son fondateur, Elie
Ducommun, recevra le Prix Nobel
de la paix en 1902, comme Dunant.
Mais à l'inverse de ce dernier, dont l'oeuvre est désormais
reconnue, la figure d'Elie Ducommun s'est effacée.