SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

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Sommaire >>> Divers >>> Histoire Suisse >>> 1848-1914: La Suisse des Radicaux

 Divers événements

 
 

L'industrie en 1880

En 1880 domine en Suisse l'industrie du textile. Certes, la production d'étoffes et de vêtements est plutôt en baisse par rapport à l'ensemble de la production industrielle, mais en matière d'emploi le textile occupe encore, en 1880, 65% de l'industrie suisse, alors que l'horlogerie atteint environ 10%. C'est bien entendu l'industrie des machines qui progresse le plus, atteignant alors 6%, mais en concentrant sa production dans de grandes usines. Deux secteurs appelés à un développement certain demeurent modestes: l'industrie chimique et l'industrie alimentaire.

Rétablissement de la peine de mort

La peine de mort avait été abolie par la Constitution de 1874. Sous la pression de crimes particulièrement atroces, les cantons obtinrent en 1879, par 200'485 voix contre 181'588 (et par 15 cantons contre 7), de pouvoir réintroduire la peine de mort. Ce que la plupart d'entre eux s'empressèrent de faire. Il faudra donc attendre 1942 et l'unification du droit pénal helvétique pour que la peine de mort soit définitivement abolie en Suisse.

Mort de François Diday

François Diday (1802-1877) était l'un des premiers peintres paysagistes suisses. Il séjourna longtemps à l'étranger et fut un artiste romantique. On peut dire que c'est lui qui a mis à la mode le paysage alpestre, et surtout qui a été le maître de Calame. Certes, la peinture alpestre avait déjà retenu l'attention de nombreux graveurs et aquarellistes, et les gravures des Alpes se vendaient aux riches touristes étrangers comme des cartes postales d'aujourd'hui; mais faire de la peinture des montagnes l'un des grands genres de la peinture est attribuable à François Diday.

Querelles douanières

L'Allemagne, qui paraissait favorable au libre-échange, décide en 1879 d'adopter un tarif douanier très protectionniste. Les rapports commerciaux de la Suisse avec l'Allemagne, puis avec la France, s'en trouvent passablement dégradés. Les deux autres voisins de la Suisse, l'Italie et l'Autriche, adoptent à leur tour des tarifs protectionnistes. Une véritable muraille douanière entoure la Suisse; c'est pourquoi elle négocie des traités de commerce avec les voisins, mais les tendances protectionnistes s'accentuèrent également en Suisse, notamment sous l'influence de la nouvelle Union suisse des arts et métiers.

Le développement du vélo

Vers 1880, le vélo se développe en Suisse et les premières courses cyclistes ont lieu. L'essor du vélocipède, comme on l'appelait alors, est facilité par l'invention d'un nouvel engin dont les deux roues avant et arrière sont d'égale grandeur: il s'agit de la bicyclette. Jusque-là , en effet, la roue avant du bicycle était plus grande que la roue arrière. En 1883 est fondée l'Association suisse des vélocypédistes. Bien que relativement chère à ses débuts, la bicyclette va devenir à la fin du XIXe siècle un moyen de transport très populaire. De sport de luxe en effet, elle se répand parmi les ouvriers qui l'utilisent pour aller à leur travail.

Suisse urbaine ou Suisse rurale?

La majeure partie de la population suisse en 1880 habite encore des villages ou des bourgs. Les grandes cités du Plateau suisse demeurent, à l'échelle européenne, des villes de taille très moyenne. Bâle, par exemple, compte à peine plus de 60'000 habitants en 1880. Genève n'est guère plus peuplée, alors que Zurich, première ville suisse, atteint 120'000 habitants. Les habitants des villes sont souvent des paysans sans travail, cadets de famille qui gonflent la masse des travailleurs d'usine ou des étrangers qui forment le tiers de la population urbaine. A l'époque, la moitié encore des ressortissants d'une commune l'habitent, ce qui signifie que la mobilité n'a pas encore dépassé 50%.

Nouvelles habitudes d'achat en Suisse

Vers 1880, les coopératives de consommation, dont la première avait été fondée à Zurich en 1851, commencent à se répandre dans toute la Suisse. Par ailleurs, le public se met à acheter des meubles fabriqués en série. On ne fait plus du sur mesure; bientôt le prêt-à-porter se répandra dans les magasins de vêtements. C'est en 1881 que Jelmoli s'installe à la Bahnhofstrasse à Zurich et introduit en Suisse le grand magasin aux multiples rayons.

Première voiture automobile

Les habitants de Genève ont la surprise de découvrir en 1878 un curieux engin sur la route: il s'agit de la première voiture automobile circulant en Suisse, si l'on excepte quelques essais durant la Restauration. La voiture à vapeur de René Thury, véhicule toujours en état de marche, est conservé encore aujourd'hui à Genève. Thury sera l'un des fondateurs de la Société des Instruments de Physique et un inventeur de grand talent.

Percement du Gothard

Le 29 février 1880 se produit un événement important: le Gothard est percé. Le tunnel n'est pas encore achevé (il ne sera inauguré que deux ans plus tard), mais l'on sait désormais que la traversée des Alpes va être facilitée. C'est un grand événement. En effet, les travaux avaient commencé en 1872; ils ont coûté beaucoup de morts, 177 au total, et beaucoup d'argent. Il a fallu refinancer le tunnel, ce qui a coûté sa place à Alfred Escher, et les travaux dureront encore deux ans, soit dix au total.

Ouverture de la ligne du Gothard

Le 26 novembre 1882, le tunnel du Gothard est opérationnel. Désormais le trafic ferroviaire entre l'Allemagne et l'Italie est accéléré. En quelques années, les prévisions d'exploitation sont largement dépassées, justifiant ainsi les pronostics de Louis Favre et surtout d'Alfred Escher. La construction du tunnel n'avait pas été facile; sans électricité encore disponible. 177 ouvriers moururent durant la construction et Louis Favre, le concepteur, n'assista pas à l'inauguration, victime d'une crise cardiaque le 19 juillet 1879. L'importance du transit alpin était une nouvelle fois soulignée, ce qui n'ira pas sans conséquences sur la politique internationale de la Suisse.  

Le développement de l'hygiène

Dans les années 1880, les autorités politiques sont de plus en plus sensibles à l'hygiène dans les grandes villes. Elles s'efforcent en effet de mettre fin aux épidémies de choléra qui déciment la population et font fuir le touriste. Elles décident donc d'abattre les taudis. Ces programmes de rénovations urbaines ont lieu dans la plupart des villes suisses. On comble les ruisseaux à ciel ouvert qui jusqu'alors servaient d'égouts, on perce de nouvelles rues, on crée des places. A Bâle, à Genève, à Lausanne, à Neuchâtel, ces travaux d'urbanisme sont très importants. Les villes suisses prennent leur visage moderne à partir des années 1880.

Catastrophe à Zoug

Le 5 juillet 1887, une catastrophe naturelle se produit à Zoug. Une partie des environs de Zoug s'effondrent dans le lac, provoquant 15 victimes et la destruction de 38 maisons d'habitation. Depuis le fameux désastre d'Arth Goldau et l'incendie de Glaris, la Suisse centrale n'avait pas connu une telle catastrophe qui suscite une émotion légitime à travers tout le pays.

Tourisme et stations thermales

Dans les années 1880 les stations thermales relancent une forme très ancienne de tourisme: la cure thermale. Plusieurs cantons comptent des dizaines de stations thermales; une centaine pour le seul canton de Berne, par exemple. Des hôtels confortables se construisent dans ces stations, dont la plupart sont aujourd'hui oubliées. Une vie sociale importante, mondaine se développe dans ces stations qui attirent de très nombreux étrangers pour des cures semble-t-il profitables.

Les Forces motrices

En 1886 est inauguré à Genève le bâtiment des Forces motrices, construit sur les plans de Théodore Turettini. Ses fonctions sont multiples: pompage et distribution d'eau potable, fourniture de forces motrices sous forme d'eau à basse et haute pression. Cette eau motrice permet d'alimenter les moteurs de nombreux cabinotiers (artisans horlogers genevois) et fournit une source d'énergie aussi précieuse que renouvelable. Le bâtiment des Forces motrices favorise également la régulation du niveau du lac conjointement avec le pont de la Machine, permettant ainsi à la Suisse de respecter ses obligations internationales. Quelques années plus tard, il contribue aussi à la production d'électricité.

Protection des inventions

La Suisse est de plus en plus consciente que son développement industriel passe par la recherche et l'innovation. Cependant, les inventions nouvelles ne sont pas toujours suffisamment protégées par des brevets. C'est pourquoi, en 1887, la Constitution fédérale est révisée afin d'y introduire un article sur la protection des inventions. Désormais, la propriété intellectuelle est mieux protégée, puisqu'elle se trouve garantie par le droit fédéral. C'est une étape importante pour tous les inventeurs suisses. L'année précédente s'était tenue à Berne une conférence internationale pour la protection du droit d'auteur.

Un régime fédéral pour les alcools

En 1885, la législation fédérale sur les alcools est profondément modifiée. Deux influences sont marquantes: d'une part, on s'efforce de protéger la population contre les méfaits de l'alcoolisme, c'est notamment le rôle des Frauenverein et des ligues antialcooliques; d'autre part, afin d'encourager la viticulture suisse ainsi que la fabrication des alcools à base de fruits, on relève les droits de douane frappant les importations. C'est d'autant plus nécessaire que durant ces années le budget fédéral est en hausse constante, triplant entre 1874 et 1890. C'est ainsi qu'est instauré en 1885 le monopole fédéral des alcools avec, pour le contrôler, la Régie fédérale des alcools.

La traction hippomobile

Le développement des transports publics dans les grandes villes suisses est évidemment lent. En effet, la vapeur est réservée essentiellement au chemin de fer, même s'il existe des chemins de fer à voies étroites. Le tramway à vapeur n'est pas encore introduit; de même, l'électricité n'existe qu'à titre expérimental. C'est pourquoi les premiers tramways sont des véhicules hippomobiles, qu'on inaugure à Zurich en 1882, ainsi qu'à Genève sur des lignes qui seront ensuite électrifiées, une quinzaine d'années plus tard.

Le développement du tourisme à Saint-Moritz et Zermatt

L'essor de Saint-Moritz comme station touristique est dû d'abord à la création d'un séjour pour curistes; puis les thermes de Saint-Moritz seront remplacés par l'attrait de la montagne. En revanche, à Zermatt, c'est bien l'alpinisme qui suscite le développement de la station. Dans les deux cas, des hôteliers de génie, Badrutt pour Saint-Moritz, Alexandre Seiler pour Zermatt, contribuent avec efficacité à la création de deux stations de renommée internationale. C'est par exemple à Saint-Moritz que l'on construit durant l'hiver 1884-1885 le fameux Cresta-Run, piste de luge gelée, qui remporta un grand succès et fut imité dans plusieurs stations.

L'apparition de l'électricité en Suisse

Plusieurs ingénieurs suisses sont captivés par les recherches menées par Thomas Edison aux Etats-Unis. Parmi eux, Théodore Turettini, qui, après avoir construit les Forces motrices, bâtira l'usine hydroélectrique de Chèvres. A Zurich, l'une des premières installations d'éclairage public à l'électricité est construite en 1883 par la société zurichoise du téléphone. La gare de Zurich en profite, de même que les halles de l'Exposition nationale de Zurich. L'Opéra de Zurich en bénéficie également pour une représentation de la Walkyrie. Les premières alimentations en courant électrique servent cependant à l'éclairage et ne peuvent fonctionner comme un réseau.

Protection de monuments historiques

En 1886, la Confédération promulgue un arrêté visant à la protection des monuments historiques. D'ores et déjà les touristes appréciant le patrimoine helvétique avaient attiré l'attention des autorités, comme celle des milieux vivant du tourisme, sur l'importance qu'il y avait à protéger les sites du passé. En effet, le développement urbain avait conduit à la démolition de la plupart des enceintes médiévales. Désormais, les châteaux et les maisons typiques seront mieux protégés, sans pour autant que les mesures prises dès 1886 soient toujours efficaces.

Office fédéral des assurances

Sur le plan de la protection sociale, la Suisse radicale demeure très en retard sur l'Allemagne bismarckienne. En effet, l'influence sociale-démocrate en Allemagne a poussé à la création d'assurances sociales. Pourtant, c'est en 1885 que pour la première fois la Suisse crée un Office fédéral des assurances qui est l'ancêtre de l'OFAS, l'Office fédéral des assurances sociales, promis à un grand destin au XXe siècle.

Développement de l'industrie chimique à Bâle

1886: date importante pour la chimie bâloise. Cette année-là en effet, Edouard Sandoz, Neuchâtelois (1853-1928), s'associe à Bâle avec Alfred Kern, chimiste de génie. Ils fondent la première usine chimique Sandoz. En une décennie à peine, la petite entreprise se développe considérablement; en effet, Alfred Kern invente de nouvelles méthodes de fabrication de colorants artificiels, tandis qu'Edouard Sandoz trouve de nouveaux débouchés en Asie comme en Amérique. En quelques années, Sandoz s'implante sur le marché international des nouveaux colorants.

Le développement de la chimie bâloise: Ciba

Deux années auparavant avait été fondée à Bâle la première société Ciba, issue de la collaboration entre un Lyonnais, Alexandre Clavel, et une famille de négociants bâlois. En réalité, Ciba se lance également dans le marché prometteur des colorants artificiels. Jusqu'alors, la plupart des colorants devaient être fabriqués à base de produits naturels, ce qui réduisait fortement la palette des couleurs, de même que la productivité. Pourtant, la société Sandoz connaîtra rapidement un développement encore plus important que Ciba, qui se tournera également vers les préparations pharmaceutiques.  

Les panoramas

Les touristes admirent les panoramas dans la nature, mais les panoramas dont on parle ici sont des peintures géantes, installées dans des bâtiments circulaires. Il s'agit-là d'un instrument de vulgarisation permettant de familiariser le visiteur avec des batailles célèbres, par exemple. L'un des premiers panoramas suisses date de 1814, à Thoune, mais c'est après la guerre franco-allemande que des peintres se lancent dans la création de nouveaux panoramas. On en trouve à Genève, à Lucerne, à Zurich et même à Einsiedeln. L'un des plus fameux se trouve à Lucerne et représente précisément l'internement aux Verrières de l'armée des Bourbakis en 1871. Il est dû au talent du peintre Edouard Castres.

Le régulateur de René Thury

C'est à l'ingénieur genevois René Thury que l'on doit une impulsion décisive pour l'utilisation de l'électricité. En effet, René Thury invente un régulateur qui permet de résoudre les problèmes des variations de tension, puis le moyen de transmettre à distance l'énergie électrique. Il fait une première expérience au Taubenloch en transportant l'énergie électrique sur 1,2 kilomètre. Comme l'écrit le Courrier suisse du commerce le 30 mars 1884, "cette invention revêt une grande importance, car à l'heure actuelle, nulle part ailleurs dans le monde une si grande transmission électrique n'a été réalisée en pratique". Quelques années plus tard, le courant alterné sera disponible partout.

Encouragement aux arts plastiques

La Confédération dispose désormais de budgets plus importants. Elle construit des édifices considérables comme les postes ou le Musée national suisse. Elle s'efforce donc d'encourager la production d'artistes contemporains. Il existe une commission fédérale d'art; cette dernière sera d'ailleurs critiquée pour le soutien qu'elle apporte à Hodler. Cependant, l'encouragement aux arts plastiques reste modeste et l'on ne saurait véritablement parler d'un art officiel, même si les compositions historiques recueillent l'assentiment de la plupart des fonctionnaires qui se dévouent pour les arts en Suisse.

Le Chameau à quatre bosses

Au milieu des années 1880 le référendum est fréquemment utilisé contre les lois fédérales; en effet, les citoyens se plaignent de l'inflation législative. Après le rejet de plusieurs lois fédérales, en 1884 le "Chameau à quatre bosses" échoue à son tour. Sous ce nom, les caricaturistes dissimulent quatre lois ou arrêtés fédéraux. Il s'agissait de la loi, dite de Stabio, qui voulait soustraire au droit pénal cantonal des procès politiques, la loi sur les taxes de patentes des voyageurs de commerce, ainsi que deux arrêtés fédéraux concernant le traitement d'un ambassadeur ou de nouveaux postes au Département de justice et police. Tout fut balayé dans la mauvaise humeur générale.

     

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