SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

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Sommaire >>> Divers >>> Histoire Suisse >>> 1848-1914: La Suisse des Radicaux

 Divers événements

 
 

Des chaussures: une industrie

Longtemps, la fabrication de chaussures était restée artisanale. Chacun, d'une certaine manière, portait des chaussures faites sur mesure. Un Suisse d'origine autrichienne, Karl Franz Bally (1821-1899), a joué un rôle déterminant dans la transformation de l'industrie de la chaussure. Il installe sa fabrique dans un village du canton de Soleure, Schönenwerd. L'entreprise connaît rapidement un grand succès; Bally devient l'un des leaders mondiaux de l'industrie de la chaussure, ses produits rayonnent à l'étranger. Il s'inspire d'ailleurs des méthodes d'organisation américaines pour accroître la productivité de ses usines.

Nieder mit dem Respekt: à bas le respect

A la fin des années 1860 apparaît en Suisse le mouvement démocrate qui veut lutter contre les barons radicaux, tel Alfred Escher, qui défendent un régime purement représentatif pour le peuple mais sans le peuple. Dans le canton de Zurich, les démocrates tiennent des assemblées à Uster, Winterthour et Zurich. Un programme de réforme démocratique comportant le référendum obligatoire, l'initiative législative et le droit de révocation du Grand Conseil est adopté. La Constitution zurichoise est révisée selon ces principes en 1869. C'est la fin de la domination politique d'Alfred Escher. Il demeure très puissant sur le plan économique.

Le Vetterli

La guerre entre l'Autriche et la Prusse, qui avait abouti à la bataille de Sadowa en 1866, attire l'attention sur la nécessité de mieux équiper l'armée suisse. C'est à ce moment qu'on décide de fournir aux soldats suisses, qui restent essentiellement rattachés à un commandement cantonal, un fusil à petit calibre et à répétition qui deviendra célèbre, le Vetterli. Cette arme équipera le fantassin suisse durant de longues années.

La Convention du Gothard

Traverser les Alpes par chemin de fer permettra l'extension du réseau ferroviaire. Le Gothard est évidemment le trajet le plus court, mais les frais de percement de la montagne sont considérables. En 1869, on signe entre la Suisse, l'Italie et les Etats allemands la Convention du Gothard. Le coût de la ligne se monte à 187 millions de francs. La Prusse, le Bade et le Wurtemberg accordent ensemble 60 millions, l'Italie 25, Gênes 10, les milieux privés doivent contribuer pour 102 millions. On constate que le financement de la construction de la ligne du Gothard est déjà moderne, puisqu'il allie les pouvoirs publics aux réseaux bancaires privés. Ce montage financier est réalisé par Alfred Escher.

Transformation de l'alimentation quotidienne

Une industrie alimentaire naît en Suisse, grâce aux innovations apportées par des inventeurs de talent doublés d'industriels. Par exemple, en 1866 apparaît le lait condensé et la même année Maggi lance sur le marché le potage en sachet. Désormais, on peut conserver du lait durant plusieurs semaines et avoir toujours un potage sous la main. En 1870, de la farine lactée pour enfants fait son apparition.

Les démocrates progressent

Le mouvement démocrate s'étend à d'autres cantons: en Thurgovie, à Berne, à Soleure, à Lucerne et en Argovie, entre 1868 et 1869. La Thurgovie adopte une constitution très semblable à celle de Zurich. Berne introduit le référendum obligatoire sur toutes les lois, y compris le budget, alors que Soleure ou Lucerne se contentent du référendum obligatoire ou facultatif. L'Argovie, en 1870, imite Berne. Les démocrates ont donc pratiquement, vers 1870, gagné l'ensemble des cantons du plateau suisse alémanique. Leur poids sera grand dans la révision de la Constitution fédérale dans le sens de l'affirmation des droits populaires.

L'arbitrage de l'Alabama

La Suisse exerce sa médiation dans le conflit entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le croiseur sudiste Alabama avait été coulé par un navire nordiste au large de Cherbourg en 1864. L'Angleterre et les Etats-Unis acceptent une décision arbitrale en 1872, qui est rendue à Genève. C'est la première fois que la Suisse rend officiellement entre deux grands pays une sentence arbitrale et cela conforte la position internationale du pays.

La crise économique

En raison, peut-être, de la guerre franco-allemande, la crise économique s'installe dès 1873. Elle entraînera une profonde dépression qui frappe le monde industriel. Cette dépression, qui durera jusqu'aux années 1890, provoque une baisse des prix et des salaires. De nombreuses entreprises font faillite. Entre 1872 et 1877, les exportations horlogères reculent de 60% en volume. Pourtant, alors que la crise entraîne l'incertitude en Suisse, le développement du pays continue. La crise se fait durement sentir dans le secteur agricole; elle explique aussi le développement des organisations ouvrières.

L'Union internationale télégraphique

L'une des premières organisations internationales au sens moderne du terme est l'Union internationale télégraphique, fondée le 17 mai 1865 à Paris entre 20 pays. Rapidement, cette organisation internationale installe des bureaux à Berne en 1869. Sa tâche est de fournir toutes les indications nécessaires sur l'ouverture, le changement, l'interruption ou le rétablissement des lignes télégraphiques ainsi que sur les taxes perçues. De même, l'Union internationale télégraphique doit procéder à des études scientifiques et techniques sur le télégraphe et le téléphone.

Loi fédérale sur le travail

Le 21 octobre 1877, une loi fédérale sur le travail est approuvée par 181'204 voix contre 170'857. La Suisse romande, à l'exception de Neuchâtel, pour des raisons fédéralistes, a voté contre. Zurich, Saint-Gall et Appenzell ont fait de même, car la nouvelle loi limite fortement la durée du travail; or, dans ces cantons, le travail à domicile est bien implanté. C'est le cinquième référendum depuis 1874. Il efface la frontière traditionnelle héritée du Kulturkampf. Parmi les dispositions essentielles de la loi, qui limite la journée de travail à onze heures, figure l'obligation pour les employeurs de verser le salaire de leurs ouvriers en espèces et non plus en nature (aliments, combustibles).

Le Code des obligations

Un Code des obligations, première grande mesure d'unification du droit civil en Suisse, entre en vigueur en 1881, conformément aux dispositions constitutionnelles de 1874. Cela n'a pas été une mince affaire que d'unifier le droit des obligations. Désormais, les règles essentielles des contrats sont les mêmes pour toute la Suisse. Le Code des obligations est écrit dans une langue simple et directe, intelligible aux campagnards comme à l'homme d'affaires. Il faut noter que le droit de la famille, celui de la propriété ou des successions, ne sera unifié qu'en 1912.

L'opéra

Grâce aux legs du duc de Brunswick, la ville de Genève peut construire en 1879, sur le modèle de l'Opéra Garnier de Paris, son Grand-Théâtre. Ce dernier est le premier opéra digne de ce nom en Suisse. Il comporte 1450 places. Surtout, son grand lustre à 400 lampes et sa mécanique hydraulique sont les plus modernes de Suisse. Ce n'est que douze ans plus tard, en 1891, qu'est inauguré le Schauspielhaus de Zurich. Les arts de la scène se répandent en Suisse, où Richard Wagner, par exemple, connaît immédiatement un grand succès.

César Ritz à Lucerne

En 1878 est nommé à l'Hôtel National de Lucerne un nouveau directeur: César Ritz. Le jeune directeur, encore inconnu, transforme en trois ans le Grand Hôtel National en un rendez-vous de la meilleure société européenne. Pour dire le vrai, il transforme l'hôtel lucernois en un véritable palace. C'est le début de la gloire pour l'hôtelier valaisan, César Ritz, dont le nom va devenir synonyme de palace dans toute l'Europe. Quittant la Suisse, César Ritz fondera des hôtels à Cannes, à Paris, à Londres, mais c'est à Lucerne que l'épopée de la grande hôtellerie de luxe commence. Le tourisme helvétique doit beaucoup à César Ritz et à ses méthodes.

Modification structurelle de la population active en Suisse

Entre 1850 et 1880, d'importantes modifications structurelles de la population active se produisent en Suisse. Elles traduisent l'évolution du pays: d'une part, les paysans, qui étaient encore 620'000 en 1850, descendent à 558'000 en 1880, passant ainsi de 48 à 37% de la population active; d'autre part, le secteur tertiaire (les services) passe, lui, de 110'000 travailleurs à 280'000 en 1880. En ce qui concerne le secteur secondaire, son évolution est plutôt interne: les 543'000 personnes recensées n'ont que peu augmenté en une trentaine d'années. Par contre, la part des artisans et des indépendants a fortement baissé en faveur des ouvriers d'usine.

Agitateurs politiques en Suisse

A cette époque, vers 1880, la Suisse continue de donner asile à bon nombre de réfugiés politiques, anarchistes ou communistes. Le Conseil fédéral est parfois obligé de prendre des mesures d'interdiction; par exemple en 1878 contre le journal anarchiste L'Avant-garde, imprimé à La Chaux-de-Fonds, et en 1881 on expulse le prince Kropotkine, qui, à Genève, se félicite de l'assassinat du tsar Alexandre II. En revanche, les socialistes allemands, adversaires de la politique de Bismarck, trouvent des relais chez les socialistes suisses et le gouvernement se garde de prendre à leur encontre des mesures aussi sévères qu'envers les anarchistes.

Mort d'Henri Frédéric Amiel (1821-1881)

La disparition d'Henri Frédéric Amiel, professeur à Genève, auteur de poèmes et du chant patriotique Roulez tambours, passe inaperçue. Peu de gens savent qu'il laisse un Journal intime monumental dont la publication complète n'aura lieu qu'un siècle plus tard. Amiel, mélomane ayant étudié en Allemagne, est l'archétype de l'intellectuel protestant romand plongé dans une introspection sans limite. Après les Confessions de Rousseau, le Journal d'Amiel est l'un de ces sommets de la littérature autobiographique de langue française. Les fragments parus peu après sa mort consacrent déjà sa réputation.

Les débuts du téléphone

La première concession téléphonique suisse est accordée dans le canton de Vaud, pour une liaison entre l'asile psychiatrique de Cery et le bureau d'assistance publique de Lausanne. A Genève, la première liaison téléphonique relie la prison à la police. Rapidement, l'usage du téléphone se répand dans les bureaux et dans les banques. A la fin de 1880, le réseau téléphonique compte déjà 144 employés. On peut noter que l'usage du téléphone invente "une nouvelle profession exclusivement dévolue aux femmes"; les demoiselles du téléphone sont en effet nécessaires dans les centraux téléphoniques pour raccorder entre eux les usagers, du moins avant l'automatisation de ces centraux.

     

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