Il laisse à d'autres les débats idéologiques,
les recherches rituelles pour servir le mythe du sang et la formation
d'unités militaires
SS.
Politique avant tout, Heydrich estime que les SS doivent être prêts,
à tout instant, à prendre en main l'exercice du pouvoir.
Malheureusement, les effectifs de la SS sont encore bien maigres et,
surtout, la valeur intellectuelle du SS moyen est bien faible !
Heydrich se met à recruter pour son SD
des jeunes gens doués et capables d'exécuter ses ordres avec énergie,
audace et efficacité. En peu de temps, le SD devient le lieu de
rencontre de la jeune élite intellectuelle
nationale-socialiste. Tous ses membres vont accéder aux plus
hauts postes, au cours des années qui suivront la prise du pouvoir par
Hitler.
Jusqu'à la prise du pouvoir par les
nazis en 1933, le SD de Heydrich s'occupe,
avant tout, de recueillir des renseignements sur les adversaires des
nazis, tout en surveillant très attentivement l'activité des chefs du
parti eux-mêmes et, plus spécialement, à la demande personnelle de
Hitler, celle de
Röhm et des chefs
des SA. Après le 30 janvier 1933, le SD amplifie son action. Himmler définit
ainsi son rôle:
«Le SD démasque les
adversaires de l'idée nationale-socialiste et oriente ainsi l'action de
la police».
Car le côté exécutif est réservé
strictement à la police. Peu enclins à se voir confinés dans un rôle
d'adjoints de la Gestapo, les têtes de l'organisation se donnent un
objectif plus élevé:
«le SD sera une police
de l'esprit, l'instrument de mesure et de contrôle de la pensée.»
Cependant, si les chefs du SD étaient
des intellectuels, les groupes d'action étaient composés d'exécutants
aveugles pour qui la mort d'un homme ne comptait pas. Peu à peu,
Heydrich - dans l'ombre de Himmler - devint l'homme
le plus redoutable du IIIe Reich, maître de toutes
les polices, de l'espionnage et de la Gestapo. Nommé, en 1942,
successeur de von Neurath,
protecteur de Bohême et de Moravie, il mène dans ces régions une
politique à la fois répressive et paternaliste, améliorant
sensiblement le sort des populations paysannes et ouvrières (négligées
depuis 1919 au profit de la bourgeoisie). Deux soldats tchèques, formés
à Londres, sont parachutés en Tchécoslovaquie avec mission
d'assassiner Heydrich. Ils réussissent dans leur mission et cet
attentat est prétexte à une répression allemande particulièrement féroce:
le village de Lidice, par exemple, est rayé de la carte.