SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

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Sommaire >>> Divers >>> Histoire Suisse >>> 1798-1848: La quête d'un État national

 Peuple et conscience nationale

 
 

Entre 1798 et 1848, la Suisse s'est profondément modifiée, politiquement, socialement et culturellement. Entre la chute de l'Ancienne Confédération et l'avènement de l'Etat fédéral moderne, ces cinquante ans ont vu de nombreux changements de régimes dans les cantons suisses. La lutte entre les forces libérales, voire radicales, et les forces conservatrices a conduit à des tensions dont on n'a plus idée. Guillaume Tell apparaît alors comme le symbole de la liberté.

La population occupant le territoire helvétique, dans les frontières plus ou moins mouvantes qui sont les siennes au cours de la première moitié du XIXème, se perçoit-elle comme suisse ? Les barrières des langues, des confessions et des cantons sont-elles toujours si fortes ?

Il nous semble que l’on puisse dire qu’une conscience nationale se manifeste bel et bien dans la Suisse de l’époque, mais il convient de distinguer entre les élites et la masse. L’occupation étrangère (1798-1802, 1813-1814), le protectorat napoléonien (1803-1813), puis les ingérences extérieures, constante ou brutales (1815-1848), vont exacerber ce sentiment national. 

Mais quelques années seulement après 1815, certains affirment que « la Suisse n’est plus une nation » (de la Harpe). Il est vrai qu’une déperdition progressive de la conscience nationale a lieu. Mais en fait, ce sentiment de dépréciation n’est pas fondé, c’est justement parce que la conscience nationale se renforce et s’affirme que de tels commentaires se font jour : l’idéalisme rend exigeant !  La facilité avec laquelle les armées françaises ont occupé le pays en 1798, de même que l’acceptation unanime de la médiation bonapartiste par les cantons, ont tout de même de quoi surprendre en regard de la fougueuse vaillance des siècles précédents. Mais progressivement, les esprits vont se mobiliser au-dessus des frontières cantonales et forger une véritable conscience nationale.

Mais ce serait faire la part belle à la politique et à la diplomatie internationale que de leur attribuer tout le mérite de la gestation du sentiment national suisse. Il faut aussi compter sur divers facteurs intérieurs tout aussi puissants. Cela se caractérise notamment au travers d’un « instinct de sociabilité » : création d’un grand nombre de « Société » helvétiques, nationales, suisses, fédérales, patriotiques…exerçant leurs activités dans des domaines très divers (Société helvétique, Société suisse de musique, la Société suisse de Zofingue, la Société suisse de Gymnastique…).

En Bref:

La Société du Grütli (1838)

Bien que la plupart des Suisses vivent à la campagne, l'industrialisation naissante fournit, dans les villes, les premiers adeptes du socialisme. C'est ainsi qu'en 1838 est fondée à Genève, par des Suisses alémaniques (Johannes Niederer, 1779-1843, et Albert Galeer, 1813-1851), la Société du Grütli, qui formule des revendications sociales, fonde des coopératives et soutient des hommes politiques socialistes. Il s'agit d'un mélange de syndicat et d'association politique au sens large, qui ne fut jamais véritablement socialisé. Mais, en revanche, il s'agit bien de la première association de travailleurs, comptant 677 membres en 1848.

Naissance des premières coopératives

La création de coopératives représente aussi un moyen d'entraide entre ouvriers. La première boulangerie par actions est créée à Schwanden (GL) en 1839. Mais c'est à Bâle qu'est fondée, en 1847, la première coopérative d'achat proprement dite grâce à l'Association générale des ouvriers de Bâle. On voit ainsi que le mouvement ouvrier, le syndicalisme et le mouvement coopératif ont des liens étroits.

L'essor des filatures

Les filatures mécaniques de coton et de lin se développent particulièrement en Suisse orientale et à Zurich, malgré une concurrence anglaise impitoyable. La maison Rieter procède à de nombreux essais d'innovations. Quand un perfectionnement lui semble réel, sa fabrique de machines à filer en répand partout. A cette époque, les filatures suisses comptent un million de broches, dont la moitié dans le canton de Zurich. A Uster vit le roi des filateurs, Heinrich Kunz, propriétaire de huit filatures comportant 150'000 broches.

La résistance à l'innovation technique

Pourtant, l'introduction des métiers à tisser mécaniques ne s'était pas faite sans remous. Alors même que le marché suisse était envahi par des toiles de coton anglaises à bon marché, l'installation de 25 métiers mécaniques à Uster déclencha, le 22 novembre 1832, une véritable émeute. Il fallut cinq ans avant que des métiers mécaniques soient réintroduits dans une fabrique d'Uster, puis en Argovie, à Glaris et en Thurgovie.

L'attrait des marchés orientaux

L'industrie textile suisse travaille très tôt pour l'exportation. Vers 1840, on estime que les tisserands du Toggenburg et de Thurgovie travaillent presque exclusivement pour les marchés de l'Empire ottoman, en Asie et en Europe, grâce aux tissus colorés produits en nombre. A Glaris, on fabrique des tissus de turbans pour femmes, les jasmas, alors que d'autres établissements tissent des batiks pour les Indes néerlandaises (Indonésie).

L'horlogerie reste une valeur sûre

Durant la Restauration, l'horlogerie continue de produire des montres pour le marché chinois. Grâce à Georges Leschot, qui invente en 1839 une machine-outil pour la fabrication des ébauches (d'abord réservée à Vacheron & Constantin), l'horlogerie passe du stade artisanal au stade de la fabrique. En même temps, à Genève comme à Sainte-Croix, dans le Jura vaudois, l'industrie des boîtes à musique connaît un essor remarquable.

Développement de l'industrie des machines

L'industrie textile se mécanise et a besoin de machines perfectionnées. Du coup, la fabrication de machines se développe en Suisse. L'emploi de machines à vapeur lui donne une impulsion nouvelle. Escher, Wyss & Cie, à Zurich, cesse de produire des machines à filer pour construire des machines à vapeur pour bateaux et, après 1840, se lance dans la construction des premières locomotives à vapeur suisses.

Il est remarquable de constater que la grande industrie suisse démarre durant cette période politiquement troublée.

     

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