A
la fin de la
guerre de Trente Ans,
la politique d’équilibre entre les États européens se rétablit.
La politique suisse n’est alors que réaction
aux mesures et aux agissements de ses voisins.
L’antagonisme entre la France et l’Autriche continue à
dominer les relations internationales, et donc aussi la
politique helvétique.
La
politique agressive de
Louis XIV
ne pouvait rester sans conséquences pour les Confédérés. En 1663,
une alliance était conclue pour régler notamment les questions
concernant les troupes suisses au service de la France. Un fait
notable concernant les relations franco-suisses : l’Hexagone
avait la possibilité de retirer ou de concéder des privilèges
aux commerçants suisses au gré des nécessités
politiques. Pensons à l’acquisition française de la
Franche-Comté (annexion définitive en 1674), fournisseur en
sel de la Suisse occidentale ; le
moyen de pression économique était conséquent.
Lorsqu’en
1681, Strasbourg
est rattaché au royaume de France, cela touchait directement
l’intégrité de la Confédération (la ville était alliée
de Berne et Zurich). Il en résultat un refroidissement
des relations entre les cantons réformés et la France,
encore accentué par la révocation de
l’Edit de Nantes en 1685.
La
politique suisse a été grandement facilitée par le fait que
tous les voisins de la Confédération étaient catholiques.
Cela diminuait fortement le danger d’une ingérence dans les
conflits intérieurs des cantons. L’antagonisme entre la
France et l’Autriche empêchant en outre une action
commune mettant en péril l’existence de la Confédération
(une seule fois, durant la guerre de
Sept Ans (1756-1763), une coalition réunit les deux
puissances ; mais le champ des opérations étant situé
dans le nord de l’Europe, la Suisse ne fut pas mise en
danger).
L’alliance
de 1663 expirait en 1723 ; son
renouvellement se heurta alors à la résistance des cantons réformés
(d’autant plus que la France avait signé une alliance séparée,
en 1715, avec les cantons catholiques). Il fallut attendre 1777
pour arriver à un accord de tous les cantons. Le partage
de la Pologne de 1772 effraya en effet les
Confédérés, qui comprirent qu’un tel destin pouvait être
le leur. Seul un rapprochement avec la France pouvait assurer un
contre-poids efficace. Ainsi l’existence
de la Suisse continuait d’être garantie, en fait, par
l’équilibre des forces entre les deux grandes
puissances.
Notons
encore que les troupes mercenaires, qui ont contribué au XVIe
et au XVIIe à donner de l’importance à la Suisse aux yeux de
l’étranger, ont perdu leur poids. C’est maintenant la
Suisse qui quémandait le maintien de ses régiments (dont la
moitié à peu près étaient au service de la France, et
restaient toujours un moyen de gagner de l’argent pour les
familles dirigeantes).