L’esprit
de la Contre-Réforme n’autorisait aucune souplesse en matière
de religion. Les positions se durcissaient au fil des années.
Lorsque, surtout à partir de 1560,
les passions religieuses entraînèrent la guerre
en France, les troupes des cantons catholiques
accoururent au service du roi, tandis que des mercenaires
protestants (bernois, neuchâtelois, valaisans) s’enrôlaient
dans les armées des chefs huguenots.
Les
catholiques pouvaient en outre comptés sur l’appui armé et
financier de l’Espagne en cas de conflits. Entre-temps, les
hostilités avaient éclaté entre Genève et le duc de Savoie.
C’est Genève, sous le coup d’un blocus économique, qui
avait pris l’initiative de déclarer la
guerre au duc (1589). Berne, venue soutenir Genève,
connu des revers militaires et du signer la peu glorieuse paix
de Nyon qui abandonnait Genève à la volonté du
duc. Mais sous la pression de l’opinion publique, Berne reprit
les armes.
En
1593, Henri
IV se convertit au catholicisme. En 1598, le roi de
France proclamait l’Edit de Nantes.
Genève restait indépendante et alliée à une partie de la
Confédération ; à Mulhouse, le rétablissement de la foi
catholique avait échoué et la ville de Strasbourg était de
nouveau l’alliée des cantons réformés. Le
traité de Vervins mettait fin en 1598 à la guerre
entre la France, l’Espagne et la Savoie. En 1602,
le duc de Savoie tenta une fois de plus de s’emparer de la
ville, mais son coup de main, connu sous le nom d’Escalade,
échoua.
En
1602, le renouvellement de l’alliance avec le roi de France se
fit avec l’accord des treize cantons. Notons encore que le
Valais restait l’allié des 13 cantons, l’intérêt commun
étant de tenir les grandes puissances à l’écart des
passages alpins. Les catholiques valaisans, devant certaines réticences
protestantes, décident de mobiliser l’opinion publique en
recourant à la levée de la mazze,
sorte de massue dans laquelle on plantait des clous en signe de
ralliement à un mouvement protestataire. La Diète valaisanne
en a interdit l’usage, mais ne réussit pas à effacer le
souvenir de ce symbole. Les catholiques excite le peuple (car
les protestants étaient surtout représentés dans les couches
dirigeantes) qui s’arme et se dirige vers Sion. La Diète
s’incline et accepte les conditions catholiques.