Les
hostilités avaient coûté 1300
hommes aux cantons réformés ; la majorité des victimes
était zurichoise. La situation provoqua une crise
importante dans la ville. Zwingli
était tombé au champ d’honneur, la Réforme chancelait, la
confiance en la classe politique était fortement ébranlée et
l’Etat très endetté.
C’est
grâce à Léon Jud, ami et
collaborateur de Zwingli, que le retour au catholicisme ne se
fit pas. Diverses réformes politiques furent entreprises par
les Conseils. Dans les années suivantes les cantons se consacrèrent
surtout à l’administration de leurs possessions et à l’extension
de celles-ci, une extension qui était refusée aux cantons
vainqueurs de part leur situation géographique.
Berne,
Fribourg et le Valais vont conquérir les états savoyards et se
partager le comté de Gruyère. La stabilisation du rapport des
forces entre les partis confessionnels se répercute notamment
sur les relations des Confédérés avec l’étranger. Lorsque
éclate, en 1546, la guerre
de religion dans l’Empire, les cantons décident de
rester entièrement neutre. Ainsi lorsque Berne propose une
intervention pour soutenir Constance, assiégée par les troupes
impériales, les Bernois ne sont pas soutenus. Constance est définitivement
perdue pour la Suisse.
Par
contre, dans les années 1550, les cantons alliés d’Henri
II participent activement à la guerre que le roi de
France livre aux
Habsbourg
(par enrôlement de mercenaires et surtout par prêt
d’argent). Catholiques et réformés contribuent pareillement
à ce financement.
Pendant
près de 30 ans il a donc été possible de résoudre les problèmes
internes à la Confédération de manière pacifique, en
recourant notamment à l’arbitrage.
L’essor économique, dans ces années là, n’est,
semble-t-il, pas étranger à cette atténuation des conflits.
Mais les Concile de Trente, l’instauration
de la Contre-Réforme et la dégradation de la situation économique
vont provoquer une nouvelle aggravation des conflits politiques.
Les cantons catholiques entendent profiter de leur supériorité
numérique à la Diète pour ne plus reculer et même pour
reconquérir des territoires passés à la Réforme.