Les
alliances se précisaient de part et d’autre, notamment en
faisant appel aux puissances étrangères.
Ainsi Zurich, Berne et Constance formèrent la Combourgeoisie
chrétienne ; alors que les cantons catholiques
se rapprochaient de l’archiduc Ferdinand
d’Autriche et formaient l’Alliance
chrétienne. Toutes les deux étaient des alliances défensives.
Dans
les bailliages communs le conflit religieux n’était pas
encore tranché. Comme les baillis et les commandants militaires
étaient désignés à tour de rôle par
les co souverains, les territoires se trouvaient placés
alternativement sous l’égide des catholiques et des
protestants. Après qu’un pasteur protestant soit
brûlé vif à Schwytz, la situation s’envenime.
Zurich
déploie un effectif de 4000 hommes environ à Kappel
et déclare la guerre aux cinq cantons. La
guerre, grâce à la médiation des autres cantons confédérés,
n’a cependant pas lieu. La première
paix de Kappel est signée en 1529.
L’alliance catholique avec l’Autriche est dissoute, et,
menacés d’un blocus économique, les cinq cantons doivent
payer une indemnité de guerre. Mais le conflit n’est pas résolu,
il est seulement différé et se poursuit sous forme d’une
guerre froide.
Divers
événements et provocations d’un côté et de l’autre
poussent à une véritable guerre économique.
Les cantons catholiques sont menacés de famine, ils doivent
choisir entre capituler ou forcer le blocus économique par les
armes. Les cinq cantons passent à
l’attaque, ils gagnent les batailles décisives en 1531.
Grâce à la médiation des États confédérés neutre, les
cinq cantons n’abusent pas de leur victoire.
Cette
deuxième paix nationale annule les
traités de combourgeoisie des réformés. Chaque camps
s’engagent à respecter les opinions
religieuses de l’autre. Contrairement aux minorités
protestantes, les minorités catholiques obtiennent le droit de
demander l’instauration de leur propre culte, ceci entraîne
le rétablissement du catholicisme dans plusieurs régions.
Dans
les négociations d’après-guerre, les cantons catholiques se
sont bornés à réclamer des avantages qui
garantissaient leurs liaisons avec l’Europe catholique,
leur évitant d’être encerclés par des territoires réformés
et rendant impossible un nouveau blocus économique.