Depuis
fin 1520,
Zwingli s’est
imposé comme le chef de file de la Réforme
en Suisse. De nombreuses voix à l’étranger (évêque
de Constance, Diète impériale, légat du Pape…) demandent à
la Diète fédérale de protéger le catholicisme et de réprimer
la doctrine luthérienne. En 1522,
la Diète invite tous les cantons à interdire la prédication
de la « nouvelle doctrine ».
Après
la deuxième dispute de Zurich, en 1524,
les cantons exhortent Zurich à ne pas s’isoler de la Confédération
en continuant à suivre la voie réformée. Mais Zurich ne se
laisse pas détourner de la voie dans laquelle elle s’est
engagée. Les cantons sont divisés en ce qui concerne
l’attitude à avoir face aux Zurichois. Une partie souhaite négocier
à l’amiable (Berne, Bâle, Glaris, Soleure et Schaffhouse)
tandis qu’une autre partie (Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwald
et Zoug) veulent absolument extirper de leurs territoires les
mouvements luthériens et zwingliens. Ces cantons vont devenir,
avec la politisation de la question religieuse, le
noyau dur du front catholique.
Zurich
s’est déjà distinguée des autres cantons en refusant de
signer la capitulation militaire avec la
France (fermeture du marché des mercenaires). Le
« commerce » du mercenariat était, dans les 5
cantons catholiques précités, une nécessité économique. A
la lumière de ce facteur économique, on comprend mieux le
caractère populaire de l’opposition qui se dresse contre les
prédications de Zwingli.
Les
cantons catholiques menacent de ne plus
siéger à la Diète avec Zurich et de pénétrer
dans les bailliages zurichois pour en déloger les « zwingliens »,
ce qui était en totale violation du Convenant
de Stans de 1481. Du côté catholique on espérait
qu’une telle attitude déciderait les Bernois à opter pour le
catholicisme. Mais lorsque les gens d’Unterwald et d’Uri passèrent
à l’attaque dans l’Oberland bernois, Berne sut se défendre
efficacement et pencherait désormais du côté zurichois.
Berne,
Bâle et Schaffhouse, de 1526 à 1529, passent donc petit à
petit à la Réforme. Glaris et Appenzell deviennent biconfessionnels.
Les blocs sont maintenant constitués.
A la Diète se font face 7 cantons
catholiques et quatre cantons évangéliques ; entre eux,
deux Etats biconfessionnels. Il est clair que cette
situation pour le moins explosive mettait en cause l’existence
même de la Confédération.
Les
deux camps ne réussirent notamment plus à se mettre d’accord
sur le renouvellement des pactes (les protestants refusaient
d’invoquer les Saints et les catholiques exigeaient que cela
soit fait). Désormais les cantons siègeront
dans des diètes séparées : à Lucerne
pour les catholiques, à Aarau
pour les protestants.